Catégorie : Français / Littérature
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MADAME DE SÉVIGNÉ (1626-1696) Marie de RABUTIN-CHANTAL, marquise de.
MADAME DE SÉVIGNÉ (1626-1696) Marie de RABUTIN-CHANTAL, marquise de. Au même rang que Montaigne et Rousseau, Mme de Sévigné signe une des très rares entreprises authentiquementoriginales d'accomplissement du moi par la littérature. Les Lettres, comme les Essais et les Rêveries, sont des instruments d'existence et non des alibis, des autobiographies, sans projet autobiographique qui informe et, parconséquent, déforme. Cet épanchement de la vie dans l'écriture, cette captation de sa...
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MOLIÈRE (1622-1673) - Jean-Baptiste POQUELIN, dit.
MOLIÈRE (1622-1673) - Jean-Baptiste POQUELIN, dit. S'il fallait, cédant à la manie classificatoire, élire l'auteur du siècle, on ne pourrait que désigner Molière, ratifiant le choix perspicace qu'onprête à Boileau. Au siècle du théâtre, il est tout le théâtre, acteur, directeur de troupe, auteur. Sa profession, comme ses idées d'épicuriensceptique, en creusant la distance entre lui et la société, lui donne sur le monde le libre regard critique du spectateur. Son oeil n'a plusqu'à alimenter son...
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FRANÇOIS VI, duc de LA ROCHEFOUCAULD
FRANÇOIS VI, duc de LA ROCHEFOUCAULD (1613-1680) La caste au pouvoir déchoit en littérature par ses femmes, La Fayette, Sévigné, et par ses aigris, Retz, LaRochefoucauld. Certaines soirées des années 1678, ils durent d'ailleurs se retrouver tous les quatre pour méditer surle plaisir de substitution que fut pour eux l'écriture, plaisir pur d'une littérature d'amateurs, pratiquée pour elle-même, entre soi, et non avec l'ambition, parfaitement vulgaire, d'être imprimé, à quoi on ne d...
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PIERRE CORNEILLE
Corneille naît à Rouen, rue de la Pie. Il ne quitte cette maison pour habiter Paris qu'en 1662, plus de cinquante-cinqans après sa naissance. Après des études chez les jésuites, il obtient sa licence de droit à dix-huit ans. En 1628,son père lui achète l'office d'avocat du roi au siège des Eaux et Forêts et à l'amirauté de France à Rouen. Dèsl'année suivante, il donne une comédie, Mélite, puis une tragi-comédie, Clitandre ou l'Innocence délivrée, et, entre1631 et 1634, à nouveau quatre comédies...
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BLAISE PASCAL
BLAISE PASCAL (1623-1662) On ne peut résister au plaisir des parfaites antithèses qu'offrent entre elles certaines figures du xvii siècle : ainsi Pascalavec Descartes sur le terrain de la connaissance. La faillite d'un certain scientisme, caricaturalement cartésien, fait revenirà Pascal pour éclairer les chemins d'une connaissance qui n'a cessé de se déshumaniser. Nous sommes si conditionnésque nous déclarons anti-scientifique, et non anti-cartésien seulement, le postulat pascalien qui remet e...
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MARC-ANTOINE GIRARD, SIEUR DE SAINT-AMANT
MARC-ANTOINE GIRARD, SIEUR DE SAINT-AMANT (1594-1661)Aux antipodes du ton et de l'inspiration de Malherbe, étroitement circonscrits dans les bornes de la rationalité,Saint-Amant fait passer dans la poésie du XVIIe siècle le souffle de la nature et de l'imagination. De sa vie de marin,de soldat, de voyageur, il a retenu le sens du spectacle infiniment renouvelé du monde : « Je loge en moi toutl'univers. » D'abord huguenot, ensuite catholique, mais au fond de lui-même libertin, il ne change p...
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FRANÇOIS DE MALHERBE
FRANÇOIS DE MALHERBE (1555-1628) Dernier des grands poètes de cour, Malherbe a contribué à renforcer la vision péjorative qu'on se fait d'un artofficiel, comme voué à une pompe sans âme. Il mérite cependant d'être visité et admiré dans sa poésiemonumentale. Il ne trouva sa mesure qu'à partir de 1605, quand il parvint à la cour d'Henri IV : c'est à ce momentque ses idées s'ordonnent et que, de ses essais antérieurs, qui avaient frappé ses amis par leur puissance, sedégage le t...
- BÉROALDE DE VERVILLE (François BROUARD, dit)
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AGRIPPA D'AUBIGNÉ
AGRIPPA D'AUBIGNÉ Le zèle politique et religieux d'Agrippa d'Aubigné a fourni l'élan des Tragiques, mais sa capacité de « voyant » arestitué la vraie Mémoire poétique, telle que la concevaient les Anciens : génératrice de formes et peintre defresques animées. Le poète divin et ses combats Issu de la petite noblesse par sa mère et de la bourgeoisie de robe par son père, juge à Pons (Saintonge), Agrippad'Aubigné peut faire de brillantes études sous la direction de Mathieu Béroalde, human...
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MICHEL DE MONTAIGNE (Michel EYQUEM, seigneur de)
MICHEL DE MONTAIGNE (Michel EYQUEM, seigneur de) Le parfait honnête homme Né au château de Montaigne, dans le Périgord, dont il prend le nom lorsqu'il en hérite, il reçoit de son père uneinstruction humaniste en latin et en grec. A l'image de son père pour qui il a une affection profonde, Montaignecommence à Bordeaux une carrière politique et exerce comme son père la charge de magistrat. C'est dans ce cadrequ'il fait la rencontre d'un autre jeune magistrat, Etienne de La Boétie (1530-1563). Leur...
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PIERRE DE RONSARD
PIERRE DE RONSARD Amoureux de la poésie et consacré « prince des poètes » à son moment de gloire, Ronsard n'a cessé de créerl'étonnement par de nouvelles formes et de nombreuses impressions. Celui qui exécrait les « poétâtres » n'a certes pas réussi à faire admettre le rôle essentiel du poète dans la Cité, mais il a fait admirer son oeuvre aussi diverse queses premières maîtresses, Nature et Fortune. Entre Cour et Pléiade La vie de Ronsard est un continuel effort : 'même lorsqu'il retourne en...
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MAURICE SCÈVE
MAURICE SCÈVE Longtemps jugé « à peu près illisible » (Sainte-Beuve), Maurice Scève a été l'auteur injustement réduit à une seule œuvre, la Délie, de nosjours considérée comme l'un des diamants poétiques du XVIe siècle. Non plus obscur, mais dense, dignifié par l'épithète de « mallarméen», le prétendu chef de l'« école » lyonnaise ne signa jamais ses livres, sinon de devises plurivalentes comme « souffrir non souffrir ». Du Petit Oeuvre... au Microcosme Sa vie est une alternance d'ombres et de c...
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JOACHIM DU BELLAY
JOACHIM DU BELLAY Plus modeste que Ronsard et aussi plus mélancolique, du Bellay n'a guère obtenu que le rang de grand second dansla poésie du XVIe siècle, bien que son oeuvre soit parmi les plus réfléchies. Du premier manifeste au retour d'Italie Très tôt orphelin et pauvre, du Bellay ne poursuivra que des études négligées bien qu'il soit d'une famille noble. Il passe sa jeunesse près de Liré en Anjou avant de faire des études de droit à Poitiers, où il connaît Muret, Macrin etPeletier. Il comp...
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MARGUERITE DE NAVARRE
MARGUERITE DE NAVARRE Marguerite de Navarre étonne par les contrastes qui résument ceux de son époque : le talent de la forme dit la chairaussi bien que l'Esprit. Politique et spiritualité Soeur de François Ier et grand-mère d'Henri IV, la reine de Navarre joue un rôle important comme protectrice desLettres et des nouvelles idées, et comme négociatrice politique (après Pavie), avant de se distinguer par sespropres productions littéraires.En 1521, elle est proche du « groupe de Meaux », ani...
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CLÉMENT MAROT
CLÉMENT MAROT Initiateur sans le savoir d'une prétendue « école marotique », Marot peut avoir la plume fine des chansons ou desépigrammes, et la ferveur des Psaumes. L'évangélisme badin Le « non-pareil des mieux disants en vers », selon l'expression de son ami Lion Jamet, connaît la Cour à dix ans. Il y suitson père (1505), secrétaire d'Anne de Bretagne et grand rhétoriqueur, grâce auquel il s'initie à la technique poétique,avant d'engager de probables études de droit à Orléans. Il e...
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FRANÇOIS RABELAIS
FRANÇOIS RABELAIS On ne sait toujours pas si Rabelais est plus médiéval que renaissant, plus gnostique que chrétien. Il a ouvert tant deportes et roulé tant de tonneaux ! Son ami lecteur ne peut être qu'heureusement déplacé de ses certitudes. Succès et scandales L'auteur naît dans le Chinonais, d'un père avocat. Même s'il semble avoir de solides connaissances juridiques, il estdestiné aux ordres : d'abord franciscain à Fontenay-le-Comte (1511), où il peut recevoir quelque influencehumani...
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JEAN LEMAIRE DE BELGES
JEAN LEMAIRE DE BELGES Jean Lemaire illustre la sérénité de l'« ouvroir » poétique, le travail calme d'une inspiration sûre d'avoir dans la technique l'alliée la plusévidente. Servir les pouvoirs et la rhétorique Né à Bavai (Belges) dans le Hainaut, Jean Lemaire appartient à une province rattachée à la Bourgogne : son parrain, le rhétoriqueurJean Molinet, est historiographe du duché. Il reçoit la tonsure et fait probablement des études à l'Université de Paris, avant d'êtreemployé comme clerc...
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La chanson de Roland (vers 1170), laisses CXLVII à CXLIX
IntroductionC'est la plus ancienne de chansons de gestes. Elle date du début du XIIe siècle. Elle reprend des éléments réels etlégendaires du IXe et VIIIe siècle. On ne sait pas exactement qui serait l'auteur de la chanson mais dans tous lescas, ce serait un artiste cultivé. Roland est le neveu de Charlemagne. Olivier est un personnage inventé.Charlemagne va combattre les Sarazins.C'est un poème narratif chanté qui trait des faits du passé. Ici, Olivier, qui est le grand ami de Roland, va...
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La Guerre de Troie n'aura pas lieu, acte I, scène 6 (Jean Giraudoux)
Cette pièce de théâtre écrite en 1935 pendant l'entre-deux-guerres par Giraudoux est l'expression duquestionnement sur les motivations de la nouvelle guerre qui se prépare. La Guerre de Troie n'aura pas lieu est en effet un texte qui aborde à travers cet épisode mythique le thème de la fatalité de la guerre et de la responsabilitédes hommes dans cet accomplissement tragique. Il s'agit en effet d'une remise en cause des fondements de laguerre. Cet extrait en particulier cherche à en mo...
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« Un suffisant lecteur descouvre souvant ès escrits d'autruy des perfections autres que celles que l'autheur y a mises et apperceües, et y preste des sens et des visages plus riches. » (Montaigne, Essais, Livre I Chapitre XXIV)
SUJET :« Un suffisant lecteur descouvre souvant ès escrits d'autruy des perfections autres que celles que l'autheur y amises et apperceües, et y preste des sens et des visages plus riches. » (Montaigne, Essais , Livre I Chapitre XXIV) Il a toujours été question, à propos d'œuvres littéraires de genres variés, de la relation privilégiée entretenue parl'auteur avec son lecteur. La lecture est ainsi souvent assimilée à un dialogue silencieux...