TEXTE GRAND ORAL : SVT POURQUOI NOTRE CERVEAU OUBLIE-T-IL LES SOUVENIRS DE LA PETITE ENFANCE ?
Publié le 03/06/2026
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TEXTE GRAND ORAL : SVT
POURQUOI NOTRE CERVEAU OUBLIE-T-IL LES SOUVENIRS DE
LA PETITE ENFANCE ?
INTRODUCTION :
Fermez les yeux quelques secondes…Imaginez une odeur qui vous
est familière.
L’odeur d’un gâteau au chocolat, de lessive, ou même
de plastique chaud.
Et là, d’un coup une sensation étrange surgit.
Vous ne savez pas d’où elle vient, mais elle est là, comme un
souvenir enfoui au plus profond de vous.
Si on vous demandait de
raconter votre vie avant 3 ou 4 ans…silence total.
Aucune image
claire, aucun souvenir précis.
Alors même que cette période de
notre existence est la plus intense : on apprend à marcher, à parler,
on découvre le monde qui nous entoure.
Pourquoi cette période si
importante est-elle comme effacée de notre mémoire ? Pourquoi
notre cerveau oublie-il les souvenirs de notre petite enfance ?
Ce phénomène s’appelle l’amnésie infantile.
Et elle ne concerne
pas seulement quelques personnes, elle touche tout le monde,
même les plus intelligents, les plus curieux… C’est un véritable
trou noir dans notre mémoire.
Mais ce phénomène est -il une marque d’une défaillance de notre
cerveau ? ou simplement un oubli inutile ? Ou au contraire, un
fonctionnement normal peut-être même bénéfique pour notre
développement ?
C’est ce que je vais vous explorer aujourd’hui, en deux temps :
d’abord que ce sont surtout des limites biologiques qui empêchent
la formation de souvenirs durables.
Puis que cet oubli peut aussi
avoir des intérêts et qu’il peut se révéler pour nous comme une
force.
I- Des limites biologiques qui empêchent la formation de souvenirs
durables
Les premières années de notre vie sont constituées de moments
très importants et marquants : on apprend à marcher, à parler, on
découvre le monde.
Et pourtant que très peu d’entre nous se
souviennent de ces moments.
Ce “trou” dans notre mémoire
s’appelle amnésie infantile, il s’explique par l’immaturité du
cerveau et notamment de certaines zones clés
C’est le cas par exemple de l’hippocampe, une structure située au
centre de notre cerveau.
Il joue un rôle central dans la mémoire à
long terme qui se décline en plusieurs catégories.
Il y a la mémoire
sensorielle, là où sont stockés par exemple tous les airs de Céline
Dion, la mémoire procédurale, qui vous permet de toujours savoir
faire du vélo.
Il y a la mémoire sémantique, celle qui s’attache aux
faits, par exemple Paris est la capitale de la France.
Et une dernière
catégorie : celle à laquelle on fait référence dans le langage
commun quand on parle de souvenirs, c’est la mémoire
épisodique, celle qui stocke tous événements que l’on vit.
Mais chez le bébé, l’hippocampe, responsable de la mémoire, est
en développement : il ne peut pas encore encoder, stocker ou
organiser les souvenirs de manière consciente.
C’est comme si les
informations qui passaient n’étaient pas imprimées.
Les autres mémoires sensorielle, procédurale ou sémantique ne
nous permettent pas encore de raconter nos souvenirs comme une
histoire vécue d’autant plus qu’on ne possède pas encore la parole.
Encore immature, l'hippocampe ne peut donc pas créer de
souvenirs durables.
Mais ce n’est pas le seul qui continue
d’évoluer avec l’âge.
En effet, les neurones sont eux aussi présents à la naissance,
presque au même nombre que chez un adulte.
Mais la différence
c’est les connexions synaptiques entre les différents neurones qui
ne sont pas toutes établies.
Durant les premières années de vie notre cerveau connaît ce qu'on
appelle une période de surproduction : des milliers de connexions
sont créées chaque secondes.
C’est grâce à la plasticité cérébrale,
notre cerveau est réalité très souple et actif mais pas encore
totalement organisé.
Ce mécanisme appelé neurogénèse perturberait les circuits de
mémoire existants : des expériences réalisées sur des rongeurs
montrent que la stimulation artificielle de la neurogenèse chez des
adultes peut induire une forme d’amnésie similaire à l’amnésie
infantile.
À l’inverse, la suppression de la neurogenèse chez de
jeunes animaux semble améliorer leur capacité à former des
souvenirs durables
Ainsi, cette forte activité permet à l’enfant d’apprendre rapidement :
en découvrant de nouvelles choses, il crée de nouvelles synapses
neuro-neuronales.
Mais le processus d’élagage synaptique ne
commence qu’à partir de 3 ans en général.
Les connexions inutiles
sont alors supprimées et les chemins les plus efficaces sont
renforcés.
C’est à ce moment que le cerveau devient plus stable et donc que
les souvenirs commencent à se fixer durablement dans notre
mémoire.
Un autre facteur qui influence nos souvenirs c’est le langage.
En
effet, afin de souvenirs d’un événement de manière consciente et
durable, il faut aussi pouvoir mettre des mots sur ce qu’on a vécu.
Le bébé est lui incapable de le faire.
Le langage joue un rôle essentiel dans la construction de la
mémoire autobiographique, c’est-à-dire la capacité à se raconter
des souvenirs personnels.
Quand on se souvient, on le fait
généralement sous forme de récit et d’histoire “ j'étais là, avec
toutes ces personnes, il s’est passé ça…”.
Mais, un tout-petit ne
possède pas encore les mots dont-il a besoin pour formuler ce
récit.
Comme nous, il le ressent mais ne peut pas encore le
raconter.
A partir d’1 ans les premiers mots apparaissent, mais ce n’est
qu’au moment des 2 à 3 ans que l’enfant réussit à former des
phrases simples.
Ce n’est qu’autour des 3 à 4 ans qu’il peut parler
avec des phrases complexes et exprimer ses envies, ses
ressentis…
Les souvenirs narratifs qu’il établit grâce au langage n’arrivent
alors qu' à cet âge là.
Même si on vit des choses importantes avant cela, nous ne
possédons pas les mots ni la structure mentale pour en faire un
souvenir durable et concret.
II- Un oubli avec des fonctions bénéfiques
Si notre mémoire ne conserve pas de souvenirs de la petite
enfance, ce n’est pas seulement à cause des limites biologiques.
Cet oubli pourrait en réalité être pour nous....
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