Oral de maths : en quoi une mauvaise compréhension des probabilités peut elle nous amener a faire de mauvais choix ?
Publié le 27/04/2026
Extrait du document
«
Oral de maths :
en quoi une mauvaise compréhension des probabilités peut
elle nous amener a faire de mauvais choix ?
Introduction :
Après les attentats de novembre 2015, des millions de Français ont
arrêté de prendre l'avion.
Par peur.
Par instinct de survie.
Pourtant, la probabilité de mourir dans un accident de voiture est
bien plus élevée que dans un attentat terroriste.
En voulant se
protéger, ces personnes ont choisi sans le savoir le moyen de
transport le plus dangereux.
Ce n'est pas une question d'intelligence.
C'est une question de
probabilités mal comprises.
Notre cerveau n'est tout simplement pas fait pour raisonner
naturellement en termes de probabilités.
Et cette limite, banale en
apparence, peut nous conduire à des erreurs aux conséquences
parfois très graves — dans notre santé, nos finances, ou même la
justice.
Ce constat nous amène à poser la question suivante :
En quoi une mauvaise compréhension des probabilités peut-elle
nous amener à faire de mauvais choix ?
Nous verrons, à travers deux situations concrètes et des outils
mathématiques précis, pourquoi nos intuitions nous trahissent et
comment les mathématiques nous permettent d'y voir clair.
Partie 1 théorème de Bayes :
Pour mon premier exemple, je vais vous parler d'une situation que
beaucoup d'entre nous pourraient vivre un jour : le dépistage du
cancer du sein.
En France, Santé Publique France propose une
mammographie gratuite à toutes les femmes entre 50 et 74 ans.
Imaginez qu'une femme reçoit un résultat positif.
Sa première
réaction est la panique — le test est positif, donc elle a forcément
un cancer.
Mais est-ce vraiment ce que disent les mathématiques ?
Voici les données réelles, issues de Santé Publique France.
Sur
1000 femmes dépistées, environ 8 ont réellement un cancer du
sein — c'est ce qu'on appelle la prévalence.
Le test de
mammographie est très performant : il détecte le cancer dans
pratiquement 99% des cas quand il est présent.
Mais il se trompe
aussi : dans 9% des cas, il indique un cancer chez une femme
parfaitement saine.
C'est ce qu'on appelle un faux positif.
Une
femme passe le test.
Il revient positif.
La question mathématique
est la suivante : quelle est la probabilité qu'elle soit vraiment
malade ? L'intuition répond : le test est fiable à 99%, donc elle est
très probablement malade.
Regardons ce que disent réellement les
mathématiques.
Je vais maintenant appliquer le théorème de Bayes.
Je note C
l'événement 'avoir un cancer', et T+ l'événement 'avoir un test
positif'.
Ce que je cherche, c'est P de C sachant T+ — c'est-à-dire
la probabilité d'être vraiment malade sachant que le test est positif.
J'écris les données.
P de C est égal à 0,0076 — c'est la prévalence,
8 femmes sur 1000.
P de C barre, la probabilité de ne pas avoir de
cancer, est égale à 0,9924.
P de T+ sachant C, c'est-à-dire la
probabilité d'être positive en ayant le cancer, est de 0,99.
Et P de
T+ sachant C barre, la probabilité d'être positive sans avoir le
cancer — le fameux faux positif — est de 0,09.
J'applique maintenant la formule des probabilités totales pour
calculer la probabilité globale d'avoir un test positif.
P de T+ est
égal à P de T+ sachant C, multiplié par P de C, plus P de T+
sachant C barre, multiplié par P de C barre.
Ce qui donne : 0,99
multiplié par 0,0076, plus 0,09 multiplié par 0,9924.
Soit 0,0075
plus 0,0893, égal à 0,0968.
J'applique maintenant le théorème de Bayes.
La formule est la
suivante : P de C sachant T+ est égal à P de T+ sachant C,
multiplié par P de C, le tout divisé par P de T+.
Je remplace par
mes chiffres : 0,99 multiplié par 0,0076, divisé par 0,0968, soit
0,0075 divisé par 0,0968, ce qui donne environ 0,077.
Ce résultat signifie qu'une femme dont la mammographie est
positive n'a que 8% de chances d'avoir réellement un cancer.
Autrement dit, 9 femmes sur 10 qui reçoivent une mauvaise
nouvelle sont en réalité parfaitement saines.
Pour rendre ce résultat encore plus concret, imaginons 1000
femmes qui passent toutes une mammographie.
Sur ces 1000
femmes, 8 ont réellement un cancer, et 992 sont saines.
Parmi les
8 femmes malades, le test les détecte toutes.
Parmi les 992
femmes saines, le test se trompe dans 9% des cas — il accuse
donc faussement environ 89 femmes en bonne santé.
Au total, 97
femmes ont un test positif.
Et parmi ces 97 femmes paniquées,
seulement 8 sont vraiment malades.
Regardez ce tableau — 89
femmes sur 97 sont parfaitement saines, mais ont eu la peur de
leur vie.
Ce que nous montre le théorème de Bayes est fondamental : un
test très fiable peut donner des résultats très trompeurs quand la
maladie est rare.
Et cette erreur de compréhension a des
conséquences réelles — des femmes qui paniquent inutilement, des
traitements parfois engagés à tort, des décisions médicales prises
sans comprendre ce que....
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓
Liens utiles
- Grand oral svt maths : Comment les probabilités conditionnelles sont-elles mises au profit des tests de diagnostic?
- Questions Maths Grand oral Thème : Probabilités Sujet : Comment calculer la probabilité de gagner à un jeu de hasard ?
- Selon Sartre, le choix de l'écriture poétique par les écrivains engagés est mauvais car il brouille le message dans l'esprit des lecteurs. Le genre poétique vous parait-il apte à faire réfléchir le lecteur, à susciter son engagement ?
- Grand oral maths Comment peut-on démasquer un tricheur dans un jeu vidéo ?
- grand oral maths modèle malthusien