Histoire et Mémoire COURS HGGSP
Publié le 26/04/2026
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«
INTRODUCTION : HISTOIRE, MÉMOIRE ET
JUSTICE
Les conflits du XXᵉ siècle ont été parmi les plus meurtriers de l’histoire : la
Seconde Guerre mondiale a causé environ 50 millions de morts, dont 6
millions de Juifs victimes de l’Holocauste.
Ces conflits ont introduit des phénomènes nouveaux, comme le meurtre
de masse motivé par des raisons idéologiques, posant la question de la
reconstruction des survivants et de la mémoire collective.
Le programme HGGSP s’intéresse à la distinction entre histoire et
mémoire, à l’analyse des témoignages et au rôle des notions de crime
contre l’humanité et de génocide dans la compréhension et la justice
historique.
A.
LA DIFFÉRENCE ENTRE HISTOIRE ET MÉMOIRE
1.
LA MÉMOIRE
La mémoire est l’aptitude à se souvenir, un ensemble de souvenirs,
de récits ou de mythes.
Elle est une représentation du passé qui donne du sens au présent.
On peut dire que la mémoire est le « présent du passé ».
Citation : Henry Rousso :
« La mémoire est d’abord un processus vital de sélection entre les
souvenirs et les oublis, entre ce que la conscience doit retenir et ce
qu’elle écarte ou refoule de manière provisoire ou définitive.
»
Selon Pierre Nora, la mémoire est collective, une affaire de citoyens.
Elle simplifie la réalité en négligeant certains détails et
contradictions.
La mémoire est donc sélective et repose sur l’oubli
d’une partie de la réalité.
2.
L’HISTOIRE
L’histoire est une discipline scientifique : les historiens sont des
chercheurs qui analysent des faits pour comprendre le passé.
Elle étudie la complexité des événements, les détails et les
contradictions.
Elle se traduit par des travaux scientifiques : thèses, livres, manuels
scolaires.
Elle ne juge pas : elle décrit et explique.
Le travail des historiens peut être influencé par la mémoire collective
: certains sujets sont davantage étudiés à certaines périodes.
L’histoire est indispensable pour comprendre le passé.
3.
LES MÉMOIRES COMME OBJET D’ÉTUDE POUR L’HISTORIEN
Depuis les années 1950-1960, les mémoires sont devenues un objet
d’étude historique et sont parfois instrumentalisées politiquement.
Leur
étude repose sur :
l’histoire
la psychanalyse (Freud, Lacan)
la sociologie (Maurice Halbwachs)
la philosophie (Paul Ricœur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, 2000)
Historiens influents sur la mémoire :
Philippe Joutard
Pierre Nora (Les lieux de mémoire)
Henry Rousso (Devoir de mémoire)
Phases de construction de la mémoire :
1.
Phase de déni et de deuil
2.
Émergence des mémoires enfouies
3.
Retour du refoulé
B.
TRAVAUX PRÉPARATOIRES : MÉMOIRE ET HISTOIRE EN
PRATIQUE
1.
COMPARAISON ENTRE MÉMOIRE ET HISTOIRE : EXEMPLE DE LA
SHOAH
Critère — Mémoire / Histoire
Qui parle ?
→ Boris Zabarko, rescapé de la Shoah / Historiens à partir
d’archives et de documents officiels
Nature du discours
→ Récit personnel / Analyse objective
Rapport à l’émotion
→ Très émotionnel : peur, tristesse, gratitude / Neutre : faits et
statistiques
Objectif
→ Transmettre l’expérience vécue / Expliquer et comprendre
scientifiquement
Limites
→ Subjectif / Ne reflète pas directement l’expérience humaine
👉 Observations :
L’histoire peut exister sans mémoire, mais elle reste limitée sans
témoignages humains.
La mémoire seule ne permet pas de comprendre totalement le
passé, car elle est subjective.
EXEMPLE COMPLÉMENTAIRE : LA TRAITE TRANSATLANTIQUE
Événement : plus de 12 millions d’Africains déportés vers les
Amériques entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle.
Mémoire : Loualet Kossola, ancien esclave, raconte le « passage du
milieu », la peur, la souffrance et la séparation familiale.
Histoire : Cécile Vidal analyse les registres, les routes maritimes et
les conséquences de la traite.
Critère — Mémoire / Histoire
Qui parle ?
→ Loualet Kossola / Cécile Vidal
Nature du discours
→ Témoignage personnel / Analyse scientifique
Rapport à l’émotion
→ Très fort / Faible
Objectif
→ Transmettre une expérience / Comprendre globalement
Limites
→ Subjectif / Dépend des sources
C.
CRIME CONTRE L’HUMANITÉ ET GÉNOCIDE
1.
CRIME CONTRE L’HUMANITÉ
Définition initiale : Seconde Guerre mondiale.
Crime collectif commis pour des motifs politiques, raciaux ou
religieux.
En droit français : crime imprescriptible.
👉 Procès de Nuremberg (1945-1946) :
12 condamnations à mort
3 peines de prison à vie
4 peines de 10 à 20 ans
3 acquittements
👉 Évolution :
1993 : tribunal pour la Yougoslavie
1998 : Statut de Rome → création de la Cour pénale internationale
👉 Exemples :
meurtre organisé par l’État
extermination
esclavage
déportation
torture, viol
persécutions
disparition forcée
apartheid
2.
GÉNOCIDE
Terme créé par Raphael Lemkin en 1943, en lien avec le génocide
des Arméniens.
Reconnu internationalement en 1948 par l’ONU.
👉 Trois niveaux :
1.
Droit international : crime jugé par la Cour pénale internationale
2.
Recherche historique : analyse des causes et mécanismes
3.
Opinion publique : mémoire et perception sociale
AXE I : HISTOIRE, MÉMOIRE ET CONFLIT
Les mémoires....
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