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CORÉE (guerre de)

Conflit qui opposa les deux Corées de 1950 à 1953. Elle fut provoquée par l'invasion de la Corée du Sud par les troupes nord-coréennes, à l'aube du 25 juin 1950. Réuni d'urgence, le Conseil de sécurité de l'ONU (d'où l'URSS était volontairement absente depuis le mois de janv. précédent) demanda l'assistance des Nations unies en faveur de la Corée du Sud. Le président Truman répondit à cet appel et décida l'intervention des forces américaines (27 juin). Divers contingents internationaux furent ensuite envoyés en Corée. Placé au commandement des forces des Nations unies, le général MacArthur réussit à préserver de l'invasion nordiste la tête de pont de Pusan (au S.-E. de la presqu'île de Corée) et, le 15 sept., déclencha une contre-offensive qui mena les forces de l'ONU jusqu'à la frontière mandchoue le 26 oct. La Corée du Nord se trouvait dans une situation militaire désespérée, mais la Chine populaire décida d'intervenir par l'envoi de « volontaires ». Une puissante offensive chinoise, déclenchée le 26 nov. 1950, obligea les forces internationales à évacuer Séoul et à se replier de près de 100 km au S. du 38e parallèle. Le front fut stabilisé au début janv. 1951 et, peu à peu, les forces de l'ONU rejetèrent les communistes au N. du 38e parallèle. La Chine fut condamnée comme agresseur par l'ONU en févr. 1951. Pour éviter une nouvelle offensive communiste, MacArthur réclamait une action aérienne contre les bases chinoises en Mandchourie et l'emploi éventuel de l'arme atomique. Truman refusa et remplaça MacArthur par Ridgway (11 avr. 1951). Engagées dès juill. 1951 à Kaesong, poursuivies à Panmunjon, les négociations de paix traînèrent pendant deux ans. Après la mort de Staline, les communistes abandonnèrent leur intransigeance et l'armistice fut signé à Panmunjon, le 27 juill. 1953. La ligne du cessez-le-feu, située dans sa plus grande partie, sensiblement au N. du 38e parallèle, est devenue la frontière de facto des deux Corées car aucun traité de paix n'a suivi jusqu'à présent l'armistice. La guerre de Corée fut extrêmement meurtrière : 38 500 hommes des Nations unies (Américains compris) y trouvèrent la mort, ainsi que 70 000 Coréens du Sud, environ 2 millions de Coréens du Nord et de Chinois et plus 3 millions de civils tués par les bombardements, les épidémies... Dès le début, ce conflit avait pris une signification internationale et fit craindre le déclenchement d'une troisième guerre mondiale. L'Union soviétique, certainement informée des préparatifs de l'attaque nord-coréenne, n'envisageait sans doute à ce moment qu'une guerre localisée et se garda d'intervenir dès lors que s'affirma la résolution des États-Unis. Pour la première fois, les deux Grands montraient nettement leur volonté d'éviter un face-à-face irrémédiable. Le gouvernement américain, en décidant la destitution de MacArthur (avr. 1951), refusa de même le risque d'un conflit généralisé avec la Chine.

CORÉE (Guerre de, juin 1950-juillet 1953). Conflit qui opposa la Corée du Nord, communiste, dominée par Kim Il Sung et la Corée du Sud dirigée par Syngman Rhee, les deux Corées étant séparées depuis 1948, la limite étant le 38e parallèle. Quelques mois après la victoire de Mao Zedong en Chine, l'armée nord-coréenne, le 25 juin 1950, envahit la Corée du Sud, confirmant ainsi la poussée du communisme en Asie orientale. Condamnant l'agression, l'ONU décida de venir en aide au pays agressé, l'URSS ne pouvant faire jouer son droit de veto, ayant refusé de siéger au Conseil de sécurité en signe de protestation contre le maintien de Taiwan au lieu de Pékin dans l'Organisation. En septembre 1950, les forces de l'ONU, composées principalement de troupes américaines renforcées plus tard par les contingents de 15 autres nations (France, Angleterre, Belgique, Luxembourg, Hollande, Turquie...) parvinrent, sous le commandement de Mac Arthur, à sauver la Corée du Sud de la débâcle et même à occuper la Corée du Nord. La Chine, inquiète de l'avance ennemie aux confins de la Mandchourie, décida d'envoyer 500 000 « volontaires » en Corée, donnant ainsi une nouvelle dimension au conflit. Les troupes américaines, d'abord submergées, parvinrent à reprendre position, le front se stabilisant sur le 38e parallèle (1951-1953). Mais MacArthur, souhaitant obtenir un succès décisif, menaça de porter la guerre (sans exclure l'emploi de l'arme atomique) sur le territoire de la Chine. Le président Truman, redoutant une intervention des Soviétiques (qui détenaient la bombe A depuis 1949), décida de limoger MacArthur qui fut remplacé par Ridgway. Deux ans de négociations, au cours desquelles la guerre de position continua, aboutirent à l'armistice de Panmunjon (27 juillet 1953). Le 38e parallèle est resté de facto la frontière des deux Corées, aucun traité de paix n'ayant été signé. Cette guerre sanglante (probablement près d'un million de morts) donna une dimension mondiale à la guerre froide, les États-Unis et l'URSS ayant néanmoins évité qu'elle ne dégénère en conflit généralisé et nucléaire. Les États-Unis n'en continuèrent pas moins à poursuivre leur politique d'endiguement du communisme {Containment) en intégrant le Japon dans le camp occidental (signature, en 1951, d'un traité de paix et de sécurité) et en soutenant l'effort de guerre français en Indochine. Voir Indochine (Guerre d').

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