TRUMAN Harry S.
Homme politique américain. Il combattit en France pendant la Première Guerre mondiale ; sénateur du Missouri (1935/44), il fut élu, en 1944, vice-président démocrate de Roosevelt, auquel il succéda à la présidence des États-Unis, quand celui-ci fut décédé le 12 avr. 1945. Truman prit la grave responsabilité de contraindre le Japon à la paix en lançant deux bombes atomiques sur Hiroshima (v.) et Nagasaki (v.) (août 1945) et la suite de son mandat resta déterminée par les conséquences immédiates de la guerre. La doctrine Truman, énoncée en 1947, définissait la nécessité d'une aide économique et militaire aux pays menacés par l'expansion soviétique ; la Grèce et la Turquie en furent les premiers bénéficiaires. La même année fut élaboré le plan Marshall (v.), destiné au redressement économique de l'ensemble des pays d'Europe. L'aggravation de la guerre froide (v.) poussa Truman à créer l'OTAN (v.) (avr. 1949) et à engager les États-Unis dans la guerre de Corée (v.) (juin 1950). À l'intérieur, Truman ne put poursuivre la politique sociale de Roosevelt et se vit imposer la loi antigrève Taft-Hartley, ainsi que des mesures restreignant l'immigration. Réélu en 1948, malgré la scission du parti démocrate (le Sud présentant Dewey), il ne postula pas à un nouveau mandat à la présidentielle de 1952.
TRUMAN, Harry (Lamar, Missouri, 1884-Kansas City, 1972). Président démocrate des États-Unis (1945-1953). Il renonça à la politique isolationniste américaine, défendant le « monde libre » et pratiquant une politique énergique d'endiguement du communisme. Fils d'un agriculteur du Missouri, sans aucun diplôme universitaire, il fut engagé volontaire en 1917 puis démobilisé, ouvrit un commerce qui fit bientôt faillite. Il entreprit alors d'étudier le droit et se fit engager au Parti démocrate du Missouri, occupant diverses fonctions locales. En 1935, à 49 ans, il fut élu sénateur de l'État. Homme simple et honnête, symbolisant l'Américain moyen et provincial, il soutint activement la réélection de Franklin D. Roosevelt puis, devenu connu, accéda au poste de président du Comité de recherche pour la défense nationale lors de la Seconde Guerre mondiale. Choisi par le Parti démocrate pour être élu vice-président (1944), il accéda à la présidence des États-Unis après la mort de Franklin D. Roosevelt (avril 1945). C'est lui qui prit la décision capitale d'utiliser l'arme atomique contre Hiroshima et Nagasaki afin d'amener le Japon à capituler (août 1945). La guerre terminée, Truman poursuivit sur le plan intérieur la politique sociale de Roosevelt (Fair Deal, ou répartition équitable) mais se heurta aux conservateurs républicains du Congrès qui lui imposèrent une limitation du droit de grève (loi Taft-Hartley,1947) puis le contrôle de l'immigration (loi McCarran-Walter, 1952). À l'extérieur, face à l'installation par Staline de régimes communistes en Europe orientale, il décida de lutter contre l'extension du communisme en engageant une politique de limitation de l'aire d'influence soviétique (politique du containment). La « doctrine Truman » (mars 1947) prévoyait un soutien aux pays menacés par le communisme (la Grèce et la Turquie en furent les premiers bénéficiaires, pont aérien contre le blocus de Berlin, 1948-1949), tandis que le plan Marshall (juin 1947) proposait une aide économique aux pays d'Europe. En 1949, après une réélection difficile, Truman, face à l'aggravation de la guerre froide, organisa l'Alliance atlantique de l'OTAN (avril 1949) et décida l'intervention des forces américaines du Japon (juin 1950) lors de la guerre de Corée. Il limogea cependant le général MacArthur décidé à attaquer directement la Chine. Devenu impopulaire par son opposition au maccarthysme (dénonciation d'éléments communistes dans l'administration) et par le procès retentissant des époux Rosenberg, Truman renonça à se représenter pour un troisième mandat. Eisenhower, républicain, lui succéda. Voir OEA (Organisation des États américains), San Francisco (Conférence de).