TIGRANE le Grand
Roi arsacide d'Arménie (vers 95 ou 94/55). Avec l'aide de son beau-père Mithridate VI Eupator, roi du Pont, il conquit la Cappadoce (dont il fut chassé par Sylla) puis une partie de la Cilicie et de la Syrie, étendant son empire sur l'Azerbaïdjan, l'Assyrie et la Mésopotamie septentrionale. Les Romains envoyèrent contre lui Lucullus, qui enleva Tigranocerte (69), capitale que Tigrane avait fait construire, en 78, sur le haut Tigre, et qu'il avait peuplée des 300 000 prisonniers capturés lors de ses conquêtes. Pompée obtint sa soumission en 66 et lui reprit toutes ses conquêtes.
Tigrane Ier le Grand (v. 100-56 av. J.-C.) ; roi d’Arménie.
Lorsque Mithridate II, roi des Parthes [123-86 environ], favorise (en 97 ?) l’avènement d’Artavasde sur le trône d’Arménie, indépendante depuis 188 avant J.-C., il paraît à peine concevable que le rapport de forces entre les deux royaumes puisse s’inverser. Le fils (ou le frère) d’Artavasde, T., part alors comme otage à la cour arsacide. Et c’est en tant que client de Mithridate II que T. reçoit, à son tour, le trône d’Arménie (95). Toute la Mésopotamie est alors parthe. Pourtant T. révèle une certaine indépendance : il détrône (92), pour le compte de son beau-père Mithridate VI Eupatôr, le roi de Cappadoce, une créature de Rome, ce qui entraîne les Romains à prendre contact avec les Parthes afin de contenir T. Ce dernier, mettant à profit la mort de Mithridate II et les troubles successoraux parthes, récupère des territoires qui avaient été le prix de son intronisation, occupe la Gordyère et l’Adiabène et pénètre en Médie. Il prend même le titre de « Roi des Rois », accepte la demande des Syriens et fait de la Syrie (83) une province de son empire, ce qu’est également devenue la Cilicie. L’extension de son royaume vers le sud amène T. à substituer à la vieille capitale Artaxota une capitale plus méridionale, Tigranocerte, dont la localisation est mal assurée. Et pour faire de cette ville une ville grecque, T. procède à de vastes déportations de Grecs ou de Cappadociens hellénisés. Mais Rome n’a nulle intention de tolérer la formation de ce grand empire qui de nouveau, en 78, s’attaque à la Cappadoce que protège Rome. L’alliance de T. avec Mithridate et la défaite de ce dernier devant Lucullus entraînent l’Arménie dans la guerre. Parce que T. refuse de lui livrer Mithridate, Lucullus envahit (69) l’Arménie, bat T. devant sa capitale dont il s’empare. L’éphémère Empire arménien s’écroule d’un coup. Les rivalités entre généraux romains sauvent cependant T. qui à nouveau envahit la Cappadoce. En 66, pour ne pas perdre son trône que lui conteste son fils, le vieux T. fait sa soumission à Pompée qui lui laisse en garde ses États héréditaires. L’Arménie étant ramenée à ses frontières anciennes, T. reste jusqu’à sa mort un parfait vassal de Rome. Bibliographie : E. Will, Histoire politique du monde hellénistique, Nancy, 1982.