Grand oral maths: Comment les mathématiques façonnent-elles le fonctionnement des élections et permettent-elles d'en comprendre les enjeux ?
Publié le 18/05/2026
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Comment les mathématiques
façonnent-elles le fonctionnement des
élections et permettent-elles d'en
comprendre les enjeux ?
Avez-vous déjà réfléchi à l'impact des mathématiques sur un domaine aussi humain que la
politique? À première vue, ces deux domaines semblent opposés : l'un dominé par les
raisonnements et les chiffres, l'autre par les opinions et les débats.
Pourtant, les mathématiques
jouent un rôle crucial dans les élections, influençant à la fois leur fonctionnement et leur
compréhension.
Comment les mathématiques façonnent-elles le fonctionnement des élections et permettentelles d'en comprendre les enjeux ?
Après avoir décrit comment les mathématiques pouvaient modéliser les différents modes de
scrutin, nous nous pencherons au problème des biais et incertitudes des sondages.
I ) Comment les mathématiques dérivent-elles nos modes de scrutin ?
1.
Le scrutin uninominal majoritaire direct à deux tours
Je vais maintenant commencer par définir notre mode de scrutin actuel :
Uninominal= voter pour une seule personne
Direct= vote sans intermédiaire
Le scrutin majoritaire repose sur un principe simple : les citoyens votent pour un seul candidat
et les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix lors du premier tour sont
sélectionnés.
Les citoyens sont ensuite invités à revoter une seconde fois pour un des deux
candidats qui sera alors élu à la majorité absolue (plus de 50% des voix).
On peut modéliser le 2° tour de ce mode de scrutin par la loi binomiale, en supposant que
chaque vote est indépendant et que chaque électeur vote avec la même probabilité p pour un
candidat donné :
Où :
X est la v.a qui comptabilise le nombre de personnes ayant voté pour un candidat en particulier
et qui suit la loi binomiale B (n; p).
n est le nombre de votants ou un échantillon
k est le nombre de personnes ayant voté pour ce candidat
p est la probabilité qu'un électeur vote pour un candidat donné (déterminée dans les sondages)
En utilisant cette formule, on peut calculer la probabilité qu'un candidat obtienne ou dépasse un
certain nombre de voix parmi tous les votants, ou un échantillon.
Les limites de ce modèle :
Bien que simple et facile à organiser, le vote majoritaire néglige complètement la position des
électeurs n'ayant pas voté pour le candidat qui est élu, ce qui n'est pas représentatif du choix de
tous les électeurs.
2.
Le scrutin proportionnel
Si les élections se déroulent selon un système de vote proportionnel, les sièges au parlement
sont répartis en fonction du pourcentage de votes reçus par chaque parti.
Ainsi, le système de vote proportionnel permet une représentation plus fidèle des préférences
des électeurs et évite une sous-représentation des partis politiques.
Ce mode de scrutin est le
plus souvent utilisé pour choisir les représentants au sein d'une assemblée exerçant des
fonctions législatives.
Les limites de ce modèle :
Ce modèle vise à représenter le plus de partis possible et ainsi permet que tous les opinions
politiques des citoyens soient pris en compte.
Pour autant cela peut aussi amener à une
instabilité avec trop d'opposition.
3.
Le vote alternatif
Le vote alternatif est utilisé dans certains pays comme l'Australie.
D'après ce mode de scrutin,
chaque électeur se rend aux urnes et classe tous les candidats par ordre de préférence.
Pour
obtenir le siège, les candidats doivent obtenir une majorité absolue de voix.
Au premier tour, on
regarde la première ligne et on calcule le pourcentage des votes que chaque candidat a récolté.
Si aucun des candidats n'obtient de majorité absolue, alors le candidat qui a reçu le moins de
premiers choix est éliminé et les deuxièmes choix inscrits sur ces bulletins de vote sont attribués
aux candidats restants.
On procède ainsi jusqu'à ce que l'un des candidats obtienne la majorité
absolue.
Exemple: Prenons 3 candidats, disons Mélenchon, Macron et Marine Le Pen.
Imaginons que les
résultats des classements du premier tour soient :
35% : Macron > Marine Le Pen > Mélenchon
33 %: Mélenchon > Macron > Marine Le Pen
32% : Marine Le Pen > Mélenchon > Macron
On aurait donc Macron classé premier par 35% des électeurs, puis Mélenchon par 33% et enfin
32 % Marine Le Pen, ce qui l'éliminerait.
En redistribuant les votes de 32% des électeurs ayant voté Marine Le Pen au deuxième candidat
de leur classement, les 32% reviendraient à Mélenchon, ce qui ferait gagner Mélenchon et
perdre Macron, alors qu'initialement, Macron était classé premier par une majorité relative.
On
soulève là un paradoxe, énoncé par Kenneth Arrow, économiste américain, en 1951.
Il propose
son théorème d'impossibilité qui montre les limites d'un tel mode de scrutin et énonce que
l'élimination d'un candidat peut modifier le résultat final.
De plus, même s'il permet aux électeurs d'exprimer de manière beaucoup plus riche leurs
préférences, il n'est pas si simple à comprendre pour les électeurs.
Plus il y....
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