Fiche de révision HGGSP Thème 3 Axe 1: Comment l’histoire des conflits s’inscrit-elle dans les mémoires des populations et peut-elle entraîner des affrontements mémoriels et politiques ?
Publié le 15/05/2026
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«
Axe 1 : Histoire et mémoires des conflits
Jalon 1 : Un débat historique et ses implications
politiques : les causes de la première Guerre mondiale
Comment l’histoire des conflits s’inscrit-elle dans les mémoires
des populations et peut-elle entraîner des affrontements
mémoriels et politiques ?
Ouverture : « La guerre de 1914 n’appartient à personne, pas
même aux historiens.
» C’est ainsi que les historiens Jay Winter
et Antoine Prost ouvrent leur ouvrage Penser la Grande Guerre.
La guerre de 1914-1918, comme celle d’Algérie, a marqué
profondément les sociétés.
Impossible pour un historien de
travailler sur un conflit sans prendre en compte les mémoires
des différents acteurs.
Dans les guerres, histoire et mémoires
se complètent.
Face à ces enjeux mémoriels majeurs, l’histoire
peut aussi se retrouver prisonnière des lectures politiques des
guerres et de leurs mémoires.
I/ ENJEUX POLITIQUE DE L’HISTOIRE ET DES
MEMOIRES DE LA GUERRE
A) Une histoire soumise aux enjeux politiques
Déclenchement de la guerre : la Première Guerre mondiale est
déclenchée après l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche
Hongrie, l’archiduc François-Ferdinand ainsi que sa femme par
un nationaliste serbe (défenseur de la cause yougoslave) le 28
juin 1914, à Sarajevo = prétexte au déclenchement de la 1ère
GM, car les puissances européennes voulaient affirmer leur
influence dans les Balkans (région au Sud-Est de l’Europe entre
met Noire et mer Adriatique) face au déclin de l’Empire
ottoman = « poudrière des Balkans ».
Pour les serbes de Bosnie, Princip représente l’indépendance
future de la Serbie face à la domination austro-hongroise, le
combat pour la liberté, la fin de la monarchie = héros.
Il existe en effet des causes plus profondes au déclenchement
de la guerre parmi lesquelles la montée des nationalismes en
Europe et les tensions entre l’Allemagne et la France qui rêve
de prendre sa revanche après la perte de l’Alsace et de la
Lorraine en 1871.
De plus, l’Allemagne est en plein essor éco
au début du XXème siècle grâce à l’industrialisation, ce qui
inquiète le Royaume-Uni car ça menace sa domination coloniale
et commerciale.
Par ailleurs, on a un affaiblissement des
empires multinationaux : Autriche-Hongrie, Russie et Empire
ottoman dont l’effacement progressif dans la région des
Balkans provoque des conflits dès 1912.
C’est dans cette logique que sont mises en place les alliances =
2 blocs qui divisent l’Europe :
- La Triple Entente avec la France, le Royaume-Uni et la Russie.
- La Triple Alliance autour de l’empire ottoman, de l’empire
d’Autriche Hongrie et de l’Empire allemand.
En outre, des tensions persistent concernant les colonies =
concurrence (France et RU aux EU, Colonies d’Afrique entre
France et Allemagne (Maroc)).
Enfin, les poussées nationalistes sont fortes dans les états
multinationaux comme l’Autriche Hongrie, car elles
revendiquent leur indépendance ce qui menace la stabilité de
l’Empire (Slaves du Sud veulent former avec la Serbie un
nouvel état, la Yougoslavie).
28 juillet 1914 = Autriche-Hongrie bombarde la Serbie : entrée
en guerre de l’Autriche contre la Serbie (Empereur accuse la
Serbie d’avoir aidé l’assassin) = Russie mobilise son armée
pour soutenir la Serbie (alliée) (entre en guerre le 30 juillet
1914) = Allemagne déclare la guerre à la Russie (alliée de l’AH)
et à la France (qui soutient la Russie et avait mobilisé ses
troupes depuis le 1er août 1914 = 2M de français) = entrée en
guerre du Royaume-Uni (alliée de la France).
Engrenage des
alliances.
Pour les Allemands = « guerre juste » + état d’esprit de
colonisation, ils voulaient le conflit pour s’affirmer militairement
= impérialisme allemand.
Cette 1ère GM est une guerre nouvelle par les formes qu’elle
prend :
Guerre moderne car « industrielle » c’est-à-dire mobilisant
des moyens techniques sans précédent : mobilisation de
l’industrie (secteurs de l’armement, de l’automobile, de la
sidérurgie) pour produire des armements (munitions,
canons, armes, avions, blindés).
Guerre totale car impliquant une mobilisation économique
et humaine exceptionnelle des pays belligérants :
économie de guerre, culture de guerre.
Les populations civiles sont au cœur du conflit : actrices
ou victimes.
1 siècle après :
Allemands = poids de la culpabilisation + responsabilité
oubliée.
Français = traumatisme collectif + le « Bosch » =
brutalisateur.
B) Les causes de la guerre, un débat historique
En 1919, l’Allemagne est déclarée responsable par le traité de
Versailles, ce qui lui vaut des pénalités financières.
Dans
l’entre-deux-guerres, la publication progressive d’archives
permet à la recherche historique de progresser.
Le rejet massif
du traité de Versailles et l’arrivée au pouvoir des nazis empêche
tout travail historique.
Partout en Europe, le poids de la
mémoire et des commémorations autour de la Première Guerre
mondiale limite les critiques et les approches historiques.
1) Le rapprochement franco-allemand, moteur de la recherche.
Un contexte allemand favorable : l’Allemagne sort
profondément meurtrie du nazisme et de la Seconde Guerre
mondiale.
Occupée puis divisée entre la RFA et la RDA,
l’Allemagne et les historiens allemands se concentrent
essentiellement sur la compréhension de la barbarie nazie.
Un
mouvement politique, social de rejet de l’impérialisme allemand
se met en place surtout en RDA où le régime communiste
cherche à démontrer les dangers de l’impérialisme dans un
contexte de guerre froide.
Le début des débats : Dès les années 1930, l’historien français
et ancien combattant Pierre Renouvin reconnaît que l’on ne
peut parler d’une
« responsabilité unilatérale
».
Il insiste sur les causes multiples du conflit mais désigne en
1925 l’Allemagne et l’Autriche Hongrie comme responsables du
conflit.
Il ne remet donc pas en cause le rôle de la France et
des autres pays acteurs de la 1ère GM (car mandaté par l’Etat
pour faire des recherches).
Fritz Fischer replace la Grande Guerre au centre des débats :
en 1961 Fritz Fischer, professeur de l’université de Hambourg,
publie Les buts de guerre de l’Allemagne impériale, 1914-1918.
Selon l’historien, l’Allemagne impériale est la principale
responsable de la guerre durant laquelle elle a cherché à
affaiblir la France, à mettre à distance la Russie et à dominer
économiquement l’Europe centrale.
Ce travail fait l’effet d’une
bombe en Allemagne et s’impose progressivement dans le
débat public.
Les thèses de Fischer sont progressivement
admises et intégrées auprès des historiens allemands,
s’inscrivant dans une logique de réconciliation francoallemande.
Derrière la question des causes se trouve celle du lien entre
Première et Seconde Guerre mondiale.
Pour Fischer, la guerre
de 1914-1918 serait le fruit d’une volonté des élites politiques,
militaires et industrielles allemandes.
Ainsi, faire porter la
responsabilité sur l’Allemagne, c’est mettre en évidence la
permanence du militarisme des années 1900 aux années 1940.
La réconciliation franco-allemande : d’un point de vue politique,
les années 60 sont marquées par le rapprochement entre la
France et l’Allemagne, symbolisé par le traité de l’Élysée entre
le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français
De Gaulle, qui favorise une coopération accrue dans les
domaines des relations internationales, de la défense et de
l’éducation.
Le point culminant de ce rapprochement est la
cérémonie franco-allemande qui se déroule à Verdun en 1984
durant laquelle Helmut Kohl et François Mitterrand se prennent
la main.
II/ LE TRAVAIL DES HISTORIENS SUR LA GRANDE
GUERRE
A) De nouveaux objets de recherche
Depuis les années 1980, l’histoire culturelle a permis de
renouveler les approches.
Longtemps, l’histoire a été dominée
par les questions diplomatiques, militaires ou économiques.
Désormais, les violences de guerre, les conditions de vie des
soldats mais aussi les relations entre le front et l’arrière ont fait
l’objet de travaux.
La notion de « culture de guerre » (c’est
l’ensemble des pratiques et des représentations propres à une
période de conflit) est définie pour comprendre comment les
populations ont tenu durant les quatre années du conflit.
De nouveaux champs de la recherche ont été ouverts :
L’histoire du genre a permis d’interroger les relations entre
hommes et femmes lors des conflits.
La construction de la
virilité ou le viol comme pratique de guerre sont mieux
étudiés.
L’histoire des enfants et des adolescents, à l’arrière
comme au front (certains partaient très jeunes), est enfin
en plein développement.
B) Des controverses entre historiens
La Première Guerre mondiale demeure un champ très actif de
débats.
Par exemple, pour l’historien américain George L.
Mosse, en banalisant la destruction de masse, elle aurait «
brutalisé » les sociétés européennes, en les accoutumant aux
violences physiques et psychologiques de la guerre.
Le concept
de brutalisation a été forgé par l'historien américain George
L.Mosse, d'après le sens anglo-saxon de "rendre brutal", afin de
caractériser le tournant culturel suscité par le premier conflit
mondial ainsi que les répercussions sur l'Europe de l'entredeux-guerres.
Cette notion de « brutalisation » permettrait de
comprendre le maintien des formes de violences dans l’aprèsguerre (putsch, assassinats, combats de rue), voire l’arrivée au
pouvoir des nazis.
Cette analyse a été contestée car, dans
plusieurs autres pays, les années 1920 voient plutôt le
pacifisme se développer.
Au même moment que la parution du livre de Fischer, paraît
l’ouvrage de l’historien Egmont Zechlin qui décrit le chancelier
Bethmann Hollweg comme un homme de paix.
Deux versions
s’affrontent alors, l’enjeu est important puisqu’il s’agit....
»
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