Databac

Dissertation sur Gargantua

Publié le 22/04/2026

Extrait du document

« Bien que le rire ait souvent été associé à ce qui était futile, Rabelais décide d’en prendre le parti en publiant Gargantua en 1534.

L’auteur humaniste relate dans ce roman les aventures du géant éponyme, en commençant par sa naissance puis tout au long de son éducation et de sa croissance notamment durant la guerre.

Ainsi de nombreux thèmes complexes, tels que l’éducation, la religion ou encore la politique, sont abordés et étonnamment traités de façon comique par Rabelais puisque l’ensemble de son œuvre est sous le signe du rire.

De cette façon, nous pouvons nous demander dans quelle mesure l’humour rabelaisien n’est pas un frein à l’analyse du lecteur voire à sa compréhension de l'œuvre et de ces thèmes.

Cependant, par opposition, est ce que ce comique ne permetterait-il finalement pas au lecteur de mieux réfléchir ? Après avoir analysé la façon dont le comique, dans Gargantua, semble détourner le lecteur d’une réelle réflexion, nous étudierons comment le rire est au contraire essentiel à cette dernière. ​ Au premier abord, nous pouvons penser que le rire est un obstacle dans la réflexion, puisque le lecteur semble plongé dans un univers s’opposant à toute forme d’apprentissage, de concentration.

En effet, dès le prologue du roman le lecteur est qualifié de “vérolés”, de “buveurs” ou encore de “fous oisifs”, des termes qui en apparence s’opposent totalement à l’idée de réfléchir.

Ces apostrophes, qui ont une portée comique, discréditent d’une certaine façon le lecteur, notamment dans sa capacité à émettre un raisonnement.

Ainsi, dès le début du roman, ce dernier semble plus au profit de l’amusement que de l’instruction.

Durant l'œuvre, Rabelais va même jusqu’à annoncer ouvertement, que savoir si le lecteur croit ce qu’il narre, l’importe peu voire nullement.

Au cours de la naissance de Gargantua, il est dit que “Si vous n’y croyez pas, je ne m’en soucie guère”.

En introduisant cette dimension dialogique, l’auteur semble éloigner le lecteur d’un contexte sérieux, et par la même occasion l’éloigner d’un questionnement plus approfondi. ​ De plus, le rire dans Gargantua a tendance à s’opposer à toute forme de logique.

Le comique rabelaisien se caractérise par son caractère invraisemblable, avec de nombreuses exagérations et aberrations.

L’épisode avec les pèlerins l'illustre parfaitement.

Lors du banquet tenu en l’honneur de Gargantua et Frère Jean, un moine l’ayant aidé à repousser Pichrocole, le géant mange par inadvertance six pèlerins en salade.

Cet épisode devient d’autant plus invraisemblable lorsque les six pèlerins s’échappent des machoirs de Gargantua, dont le gigantisme est extrêmement exagéré.

C’est par ailleurs un phénomène récurrent dans Gargantua, le géant est toujours décrit de façon hyperbolique, notamment avec ses vêtements au début du roman, dont Rabelais fait une longue description détaillant les montagnes de tissus constituant son habillement.

Ainsi cette image du géant démesuré fait que le lecteur est inévitablement confronté à un manque de logique, ce qui, dans une certaine mesure, devient un obstacle à la réflexion. ​ Par ailleurs, l’humour semble aussi faire obstacle à la réflexion par son caractère futile et ridicule.

Le comique farcesque rend certains passages du roman particulièrement grotesques et sans réel intérêt pour le lecteur en dehors de celui de rire.

Cet humour peut à la fois se caractériser par des grivoiseries ou bien des éléments scatologiques.

C’est le cas lors de la conception de Gargantua notamment, lorsque Rabelais la décrit la comme étant deux personnes faisant “la bête à deux dos, se frottant joyeusement leur lard”.

Cette description comprenant différentes obscénités n’a pas d'intérêt apparent pour la lecture, en dehors du comique, et peut parfois détourner le lecteur de sa réflexion.

De la même façon, l’humour scatologique est très largement employé par Rabelais, notamment lors de l’épisode du torche-cul.

Cela se déroule durant l’enfance de Gargantua, ce dernier décide de trouver le meilleur torche-cul possible.

Il fait alors une étude comparative avec une grande quantité d’options, une scène invraisemblable qui est pourtant acclamée par son père Grandgousier qui voit dans cette initiative le signe d’une grande intelligence.

La réflexion dans Gargantua est donc même associée à la scatologie, ce qui éloigne fortement le lecteur de l’idée d’analyse et de questionnement de l'œuvre. ​ Cependant, le rire permet avant tout une forme de réflexion, notamment à travers un comique qui est savant.

En effet, Rabelais associe à de nombreuses reprises rire et savoir, par exemple avec l’Antiquité à laquelle il fait de nombreuses fois référence au cours de ses drôleries.

Il s’amuse aussi régulièrement à parodier différents genres littéraires.

Preuve de sa connaissance poussée de la littérature, il partage aussi une forme de savoir en écrivant une parodie des chansons de gestes, ou d’un rondeau bien qu'il se concentre sur le torche-cul. L’auteur joue aussi littéralement avec les mots et la langue.

Les jeux de mots sont très nombreux au cours du roman et parfois même liés à l’onomastique.

Les noms des personnages.... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles