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MÉTAPHYSIQUE

MÉTAPHYSIQUE, n.f. Discipline philosophique suprême ; vient du nom d'un ensemble de quatorze livres d’Aristote, ta meta ta phusica («ceux qui viennent après les livres de physique»). Du sens propre, local (leur place dans la collection des livres d’Aristote), le mot est passé en un sens figuré, métaphorique : au-delà de la physique, du fait de l’objet, transcendant par rapport aux réalités physiques (ou naturelles) : Dieu, l’esprit, etc. Correspond à ce que Platon appelait dialectique, Aristote philosophie première, les cartésiens ontologie.
métaphysique
Recherche philosophique sur l’Être.
Commentaire La métaphysique s'interroge sur le sens de la vie humaine, sur l'âme, sur Dieu, sur la vérité. Fondée sur la raison, elle s'oppose à la théologie qui, elle, s'appuie sur la révélation pour atteindre au principe de toute chose. Depuis Descartes, elle est associée au principe du doute systématique qui, seul, peut donner accès à l'essence de l'Etre.
Citations [...] en quatrième année enfin, on pourra enseigner au « lycéen » la science de l’Être, non pas en tant qu’être mathématique ou qu’être physique, mais indépendamment de toutes ses déterminations, c’est-à-dire en tant qu’être : c’est l’objet de la métaphysique. (Aristote, Métaphysique.} Secrètement — on n’ose pas le dire à haute voix — je pense que la métaphysique sera condamnée un jour en tant que fléau, en tant qu’abus de la pensée, en tant que rescapée de l’époque des considérations religieuses du monde. (Sigmund Freud, « lettre de janvier 1927 ».) Que faisons-nous ici, voilà ce qu’il faut se demander. (Samuel Beckett, En attendant Godot.} Je me demande souvent quelle peut bien être l’âme d’un journaliste dont la vie se consume à rechercher des informations. Cette myriade d’événements qui se recouvrent d’un jour sur l’autre, cet effort constant et passionné pour saisir ce qu’il y a de plus fugace dans l’existence, ce présent perpétuel et morcelé, cette course incessante après l’événement pour le lâcher dès qu’on l’a attrapé, cela doit faire des êtres tout à fait futiles ou tout à fait désespérés. Quel enseignement métaphysique ! (Jean Dutourd, le Fond et la Forme.)

MÉTAPHYSIQUE
♦ Initialement, le terme vient du titre (meta ta phusika) donné par Andronicos de Rhodes (Ier siècle avant J.-C.) à l’ouvrage d’Aristote qui vient après la Physique - aujourd’hui intitulé Métaphysique (cette graphie n’apparaît qu’au Moyen Âge, et le préfixe meta change alors de sens pour désigner aussi ce qui est au-delà de la physique). Il s’agit, dans ce contexte, de la science de l’être en tant qu’être, c’est-à-dire de la philosophie première en tant que connaissance des choses divines aussi bien que des principes des sciences et de l’action. Synonyme d’ontologie, ou, plus exactement, d’onto-théologie - si l’on tient compte de ce que le christianisme va rapidement privilégier dans la philosophie grecque.
♦ Au Moyen Âge (et en particulier chez saint Thomas), la « conciliation » scolastique de la Bible et d’Aristote fait de la métaphysique la partie de la philosophie qui dépasse le réel empirique pour accéder à la connaissance des réalités divines et transcendantes, mais par les seules voies de la raison et indépendamment de la révélation (qui fonde pour sa part la théologie). On distingue dès lors la métaphysique générale (ontologie) de la métaphysique spéciale, subdivisée en cosmologie rationnelle (théorie du monde et de la matière), psychologie rationnelle (théorie de l’âme) et théologie rationnelle (connaissance de Dieu et énoncé des preuves de son existence). Ainsi comprise, la métaphysique reste chez Descartes la connaissance de Dieu et de l’âme « par raison naturelle ». Elle ambitionne d’accéder à l’absolu - que ce dernier soit ontologique ou moral. (Cette connaissance de l’absolu, ainsi classiquement effectuée grâce à la raison, sera attribuée à l’intuition par Bergson.)
♦ Pour Kant, la métaphysique devient, dans le cadre de la philosophie critique, l’inventaire des connaissances qui dépendent de la raison seule - indépendamment de l’expérience - et de ses conditions d’exercice. Il apparaît alors que la raison ne peut connaître les choses en soi (noumènes), mais que ces dernières sont du ressort d’une foi rationnelle qui affirmera les postulats de la raison pratique concernant Dieu, l’âme et la liberté. Le point de vue kantien consiste ainsi à maintenir la possibilité de la métaphysique - même si elle ne constitue pas une connaissance au sens strict.
♦ La pensée marxiste prend volontiers le terme dans un sens péjoratif (synonyme d’existence immuable et intemporelle), par opposition à la dialectique : il s’agit alors d’une variante de l’idéologie.
♦ Dans l’existentialisme, recherche du sens global de l’existence humaine, mais sans qu’il puisse y avoir élaboration d’un système clos, dans la mesure où il n’y a de sens que par rapport à la liberté : la métaphysique trouve alors son achèvement dans l’action ou la morale.
♦ Tenant compte de la volonté qui fut celle de Nietzsche de « renverser le platonisme » (qui a inauguré l’ontologie), Heidegger prononce la fin de la métaphysique occidentale en même temps que son échec : ayant renoncé à constituer l’ontologie, elle se serait égarée dans un simple discours sur l’étant au lieu de se consacrer à l’être. D’où la nécessité, pour relancer la pensée, de reposer la question initiale (« Qu’est-ce que l’être ? ») - faute de quoi serait ouverte l’ère du nihilisme.
métaphysique (du gr. meta ta phusika, après la physique [c'est sous cette rubrique que l'on groupa tous les parchemins d'Aristote qui se trouvaient placés après sa Physique]), connaissance des causes premières et des principes des choses. C'est ainsi que, pendant près de vingt siècles, de Platon à Descartes, le problème fondamental de la métaphysique a été celui de l'existence et de la nature de Dieu; la métaphysique scolastique du Moyen Age se présente explicitement comme la « servante de la théologie ». — A partir de la Renaissance, qui est marquée précisément par la naissance et le développement des sciences modernes, notamment de la physique et de la mathématique, le problème de la métaphysique devient celui de l'existence du monde extérieur; la métaphysique cherche à savoir comment les créations de notre esprit (notamment mathématiques) peuvent s'appliquer réellement au monde ; cette période va de Descartes à Kant. Enfin, la métaphysique moderne, qui commence avec Fichte et se trouve aujourd'hui représentée par Heidegger, connaît le problème fondamental de l'homme, de sa nature et de son existence; elle ne traite pas seulement de l'homme comme esprit et connaissance, mais comme sujet de l'action, comme engagé dans le monde et dans l'histoire humaine. Le problème de l'homme est donc à la fois celui de sa nature profonde (métaphysique de l'existence ou de la liberté), celui de ses relations à autrui (éthique, philosophie de l'« intersubjectivité », sociologie) et celui du sens de l'histoire, à laquelle il est amené à participer (métaphysique de l'histoire).
Métaphysique
Du grec meta ta phusika (sous-entendu biblia, « livres »), « après la physique » : titre donné par Andronicos de Rhodes aux livres d'Aristote venant après ses traités de physique. - Partie de la philosophie consacrée à l’étude de ce qui est situé au-delà de la réalité observable. - Chez Aristote, science de l’Être en tant qu’être, qui traite des premières causes et des premiers principes (synonyme : ontologie). - Dans un sens plus général, interrogation sur les conditions et les principes de la connaissance. • L'Être, la chose en soi, l'idée, Dieu, l'âme sont les objets traditionnels de la métaphysique : il est en effet impossible de les appréhender par voie expérimentale. • Pour Descartes, la métaphysique, qui contient les principes de la connaissance (attributs de Dieu, immatérialité de l'âme, notions claires et distinctes), forme les « racines » de l'arbre de la philosophie. • Dans la Critique de la raison pure (1781), Kant a récusé les prétentions de la métaphysique à s'élever, par de simples concepts, au-dessus des enseignements de l'expérience. • Dans le système d'Auguste Comte, l'état métaphysique est celui où l'homme explique la nature intime des choses par l'action d'entités abstraites (l’Être, la Nature, l'Un, etc.) dont il n'a aucune expérience.
METAPHYSIQUE (étym. : nom donné par Andronicos de Rhodes à un certain nombre d’ouvrages d’Aristote parce que, dans l’ordre d’édition, ils étaient placés après la physique ; d’où l’utilisation du mot pour désigner toutes sortes de préoccupations qu’on suppose en rapport avec l’objet de ces ouvrages) A | (n. f.) 1. — Syn. philosophie première; science des premières causes et des premiers principes ; d’où science, tant de l’Être absolu (Dieu) que des vérités générales ; on distingue class. la métaphysique générale, qui s’occupe des principes communs à tous les êtres, et la métaphysique spéciale, qui s’occupe d’êtres particuliers (Dieu, l’homme, le monde). 2. — Science de l’Être en tant qu’Être ; cf. ontologie. 3. — Aux xviie et xviiie siècles, ensemble des considérations les plus abstraites concernant les fondements d’une discipline quelconque : cf. « Métaphysique du calcul infinitésimal » (de l’Hospital) ; pour Kant, tout ce qui peut être connu a priori d’un objet en faisant abstraction de tout élément empirique, en constitue la métaphysique : la métaphysique de la nature, la métaphysique des mœurs constituent respectivement la partie purement rationnelle de la science de la nature et de celle des mœurs. 4. — Pour les sensualistes du xviiie siècle (Condillac, d’Alembert) et les idéologues, connaissance de l’origine de nos connaissances : « La métaphysique a pour but d’examiner la genèse de nos idées » (d’Alembert). 5. — Pour Bergson, connaissance intuitive de l’Être : « La métaphysique est la science qui prétend se passer de symboles. » 6. — Auj. (en part, chez certains existentialistes), toute discussion concernant la place de l’homme dans le monde et le sens du monde. 7. — (Sens vulg.) Conception gén. du monde et de la vie. 8. — Toute spéculation qui prétend s’élever au-dessus de l’enseignement de l’expérience : ce sens, qui apparaît avec la critique kantienne de la métaphysique class. (impossibilité d’une connaissance de l’âme, du monde et de Dieu), est repris par le positivisme et devient nettement péj. (Comte qualifie d’état métaphysique celui dans lequel l’homme explique la réalité par des entités abstraites) ; d’où le sens vulg. : spéculation abstraite et éloignée de la réalité. B | (adj.) 9. — Qui relève de la métaphysique conçue comme discipline. — Syn. absolu : une nécessité, une vérité métaphysique. 11. — Qui est d’ordre intelligible, par opposition au sensible ; par ext., abstrait, profond. 12. — (Péj.) Qui constitue un bavardage éloigné de la réalité (cf. sens 8). 13.— Pour Kant, concerne ce que représente un concept comme donné a priori ; opposé à transcendantal.

METAPHYSIQUE nom fém. - Partie de la philosophie qui traite de l’être et de la connaissance.
ÉTYM. : du grec meta phusika = ce qui suit les questions de physique. Le terme vient du grec et trouve son origine dans l’œuvre du philosophe Aristote : il désignait à l’origine tous les livres qui, dans l’œuvre de celui-ci, venaient après La Physique. Par la suite, on a appliqué le mot non plus aux livres eux-mêmes, mais aux sujets qui étaient abordés dans ceux-ci. Quels sont ces sujets ? Ils concernent tout ce qui se situe au-delà du monde physique et qui, de ce fait, est particulièrement difficile à aborder. Disons que la métaphysique est cette branche de la philosophie qui traite de l’univers et de ses causes, de Dieu et de l’âme, de l’être et de la connaissance. Le mot est quelquefois employé de manière péjorative. A la suite de Voltaire, on considère que toutes ces grandes questions étant sans réponse, la métaphysique n’est qu’une activité creuse et inutile de l’esprit. À la suite des marxistes, on condamne la métaphysique qui échoue à penser, comme la dialectique, la dynamique du monde.


MÉTAPHYSIQUE 1. A l’origine (en deux mots, méta-physique), titre des ouvrages d’Aristote venant après la physique. Par extension, métaphysique se dit de ce qui dépasse l’expérience , de ce qui ne peut être connu scientifiquement. 2. La métaphysique désigne : - soit la philosophie portant sur l’Absolu (Dieu) et sur tous les objets dépassant l’expérience (l’âme , l’immortalité...), - soit la philosophie de l’être en tant qu’être, c’est-à-dire l’ontologie , - soit, par extension mais en conservant l’idée d’une indépendance relativement à l’expérience, la partie purement rationnelle d’un domaine de connaissance, ce qui peut être connu a priori sans élément empirique. Ce sens se rencontre chez Kant qui parle de la « métaphysique de la nature » ou de « la métaphysique des mœurs », - soit, pour les existentialistes , une réflexion globale sur l’homme dans le monde.