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George III (Londres 1738-Windsor 1820) ; roi de Grande-Bretagne et d'Irlande [1760-1820], électeur [1760-1814] puis roi de Hanovre [1814-1820].

George III (Londres 1738-Windsor 1820) ; roi de Grande-Bretagne et d'Irlande [1760-1820], électeur [1760-1814] puis roi de Hanovre [1814-1820].

Après la mort de George II, c'est son petit-fils, le fils aîné du prince de Galles mort prématurément, qui devient roi de Grande-Bretagne et d'Irlande en même temps que prince-électeur de Hanovre. À la différence de ses deux prédécesseurs, G. est né et a été élevé en Angleterre. Dès son arrivée au pouvoir, il manifeste son intention de renforcer de nouveau les prérogatives royales. Pour pouvoir prendre en main la direction des affaires politiques, il contraint le Premier Pitt à se retirer en 1761 et le remplace par son favori Bute, un Ecossais qui devient rapidement impopulaire. Il met un terme en 1763 à la guerre de Sept Ans en signant la paix de Paris sans l'accord de la Prusse, mécontentant l'opinion publique qui juge insuffisants les avantages obtenus. De 1763 à 1770, le roi impose facilement ses vues en jouant des divisions entre les factions whigs, et en pratiquant sur une large échelle la corruption électorale et le patronage de la couronne. Il parvient ainsi à se créer au sein du Parlement un cercle de partisans, les « amis du roi ». Avec l'appui de ceux-ci, il réussit, au cours des vingt années qui suivent, à prendre presque exclusivement des ministres conformes à ses désirs. Si le Parlement se tait, l'opposition se traduit par des campagnes de presse, dans lesquelles s'illustre le journaliste Wilkes, et les journaux commencent à envoyer des reporters aux séances des Communes et à en publier les comptes rendus. Nommé Premier ministre en 1770, le tory Lord North doit accepter le principe de la publicité des débats parlementaires (1771), mais il parvient, aux élections suivantes, à faire élire les « amis du roi », et c'est en réalité le roi qui gouverne, prenant toutes les initiatives et s'occupant de l'administration dans ses moindres détails. Dans le conflit qui oppose les colonies américaines à l'Angleterre, le roi prend le parti d'augmenter les impôts pesant sur les colonies d'Amérique, ne prêtant aucune attention aux conseils sages et avisés de Burke ou à ceux d'un homme d'Etat aussi expérimenté que le Premier Pitt, et sa politique intraitable est largement responsable de la guerre d'indépendance menée par les Américains (1776-1783). L'issue catastrophique de cette guerre met fin au pouvoir politique du roi. En raison de la personnalité marquante du Second Pitt, la position du Premier ministre et celle du Cabinet sont définitivement consolidées, sans que G. toutefois abandonne totalement ses prétentions au pouvoir. C'est ainsi par exemple qu'en refusant l'accès des catholiques aux fonctions officielles, il provoque en 1801 la démission de Pitt qui gouverne depuis dix-sept ans. Le roi, qui a déjà manifesté à plusieurs reprises des symptômes de troubles mentaux, devient en 1811 la proie d'une folie incurable, en sorte que son fils, le futur George IV, se voit investi de la régence.

Bibliographie : G. de Diesbach, George III, le seul roi que Napoléon ne put jamais vaincre, 1966.

GEORGE III (Londres, 1738-Windsor, 1820). Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande (1760-1820). Électeur (1760-1815) puis roi de Hanovre (1815-1820), il fut le premier roi vraiment anglais de la dynastie hanovrienne. Il voulut exercer lui-même le pouvoir, ce qui était contraire aux traditions parlementaires de l'Angleterre et s'aliéna ainsi une large partie de l'opinion publique. Petit-fils de George II, résolu à rétablir les prérogatives royales, il mit fin à la domination des whigs et s'appuya pour gouverner sur ses amis tories, lesquels usèrent largement de la corruption électorale pour gagner des sièges aux Communes. Sa politique autoritaire (arrestation du journaliste Wilkes, membre des Communes) et son pacifisme auquel s'opposaient les marchands de Londres et des grandes villes soulevèrent la colère de l'opinion publique. Le traité de Paris (1763) qui concluait la guerre de Sept Ans fut jugé trop timoré malgré ses avantages, et les maladresses du gouvernement à l'égard des colons d'Amérique entraînèrent la guerre d'indépendance américaine. George III, atteint de troubles mentaux depuis 1765, renonça à tout gouvernement personnel, la suite du règne étant dominée par la personnalité du Second Pitt. En 1811, lorsque le roi sombra définitivement dans la démence, une régence fut décidée en faveur de son fils, le futur George IV. Voir North (Frederik), Tory.

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