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FLORENCE

Ville d'Italie, capitale historique de la Toscane, sur l'Arno. À la faveur des luttes qui opposèrent en Toscane le pape et l'empereur après la mort de la comtesse Mathilde (1115), la commune de Florence s'affirma à la fois contre les seigneurs féodaux du voisinage (les Alberti, les Guidi...) et contre les autres villes toscanes : Prato fut prise en 1107 et Fiesole détruite en 1125. Dès 1138, le régime du consulat avait été établi dans la ville. La tentative de Frédéric Barberousse pour rétablir le régime féodal en Toscane fut brisée par la victoire des Florentins sur le vicaire impérial à Colle di Val d'Elsa (1173) et Florence, en 1197, prit la tête d'une ligue toscane contre la tutelle impériale.

• Les luttes intestines du Moyen Âge • Rôle économique de Florence • La Florence des Médicis

Les luttes intestines du Moyen Âge

Au XIIIe s., les querelles des grandes familles florentines se confondirent avec les luttes entre guelfes et gibelins (v. ces noms). Après la mort de Frédéric II (1250), les guelfes florentins réussirent à renverser la domination gibeline et établirent, à côté du podestà, un capitano del popolo. Les gibelins revinrent momentanément au pouvoir après leur victoire de Montaperti (4 sept. 1260) mais ils furent définitivement chassés en 1266, avec l'aide de Charles d'Anjou. Florence devint dès lors la forteresse des guelfes en Italie. Le gouvernement de la ville passa entre les mains des guildes de marchands et les « ordonnances de justice » de 1293 exclurent les membres de la noblesse des fonctions politiques. À peine les gibelins chassés, les guelfes, dès 1300, se divisèrent eux-mêmes en deux partis, les Blancs et les Noirs. Aux guelfes ultras (les Noirs) s'opposait le groupe modéré des Blancs qui souhaitait un compromis entre guelfes et gibelins. En nov. 1301, les Noirs expulsèrent les chefs des Blancs (parmi lesquels le poète Dante). Les exilés mirent tous leurs espoirs dans l'empereur Henri VII de Luxembourg qui descendit en Italie en 1311 et c'est dans cet esprit que Dante composa son De monarchia ; mais l'empereur dut renoncer à assiéger Florence et mourut peu après (1313). Florence était définitivement délivrée de la menace impériale mais, pour faire face à Pise et à Lucques (qui venait de se donner à Castruccio Castracani), les Florentins durent faire appel au fils du roi de Naples Robert d'Anjou, Charles de Calabre (1326), qui exerça pendant quelques années un gouvernement dictatorial. Après la mort de Castruccio Castracani, les Florentins purent s'emparer de Pistoia (1331), de Cortona (1332), d'Arezzo (1337) mais, comme Lucques restait dangereuse, Florence fut de nouveau obligée de confier le pouvoir absolu à un étranger, Gautier de Brienne, duc d'Athènes (1342/43). Celui-ci se rendit odieux et fut chassé par les nobles qui voulurent profiter de l'occasion pour faire abolir l'incapacité légale dont ils étaient frappés depuis 1293. Les marchands s'insurgèrent et rétablirent une seigneurie, composée des représentants des vingt et une guildes. Cependant, au cours de la seconde moitié du XIVe s., l'attitude réactionnaire de l'oligarchie marchande suscita l'opposition de nouvelles couches sociales issues de l'artisanat, le popolo minuto par opposition au popolo grasso au pouvoir, menées par des affairistes ambitieux comme les Alberti ou les Médicis. La révolte des ciompi, artisans pauvres de la laine et de la teinturerie, le 31 juill. 1378, amena ces forces populaires au pouvoir, avec Michele di Lando comme gonfalonier. Dès 1382, l'oligarchie fut rétablie, avec deux familles dominantes, les Albizzi et les Alberti, qui allaient être supplantées au XVe s. par les Médicis. Malgré ces luttes intérieures, la République continuait d'étendre sa domination sur la Toscane : en 1364, elle avait imposé sa tutelle économique à Pise qui fut conquise en 1406. En 1421, elle fit l'acquisition de Livourne, jusqu'alors possession génoise, ce qui lui donna une voie d'accès à la mer et provoqua la création de nouveaux magistrats, les consoli del mare.

Rôle économique de Florence

Les sociétés commerciales florentines se distinguèrent des autres entreprises analogues de l'Italie à la fois par leur envergure incomparable et par leur durée. Les banquiers florentins furent les créanciers des rois de Sicile, de France et d'Angleterre. Certains souverains, tel Philippe le Bel, les chargèrent de la perception de certains impôts dans leurs propres États ; toutes ces banques avaient une organisation déjà très « moderne », usaient des lettres de change, des traites, des chèques, des lettres de crédit. Elles étaient aussi des compagnies d'assurances et prenaient les risques des convois de marchandises qui allaient de Flandre en Italie. Naturellement, elles luttaient entre elles et, dans les années 1340, toute l'économie florentine fut profondément affectée par la faillite de deux des plus importantes sociétés, celles des Peruzzi et des Bardi.

La Florence des Médicis

C'est encore la banque qui fut l'assise de la puissance des Médicis, dont l'arrivée au pouvoir, en 1434, allait ouvrir une nouvelle ère. D'abord gonfalonier, Cosme de Médicis (1434/64) réussit à instituer une sorte de principat héréditaire, qu'il transmit à son fils, Piero (1464/69), puis à son petit-fils, Laurent le Magnifique (1469/92). Sans doute ce principat ne fut-il pas accepté sans résistance par les familles rivales : l'épisode le plus célèbre de cette lutte fut la conjuration des Pazzi (1478). Les Médicis eurent aussi à faire face à une opposition populaire : elle se cristallisa autour du moine mystique Savonarole, qui réussit à établir une république théocratique (1494/98), avant d'être brûlé sur la place publique. La République passa ensuite aux mains des commerçants et Machiavel y occupa d'importantes fonctions. Les Médicis, avec l'appui de l'armée espagnole, se rétablirent en 1512 à Florence, qu'ils devaient gouverner (avec le titre de grands-ducs de Toscane, à partir de 1569) jusqu'en 1737. La Florence des Médicis connut un éclat artistique qui surpassa encore la floraison du XIIIe s. et du XIVe s. avec des artistes comme Brunelleschi, Uccello, Boticelli, Raphaël, Michel-Ange et Léonard de Vinci. Florence, dont l'histoire, depuis la fin du XVIe s., se confond avec celle de la Toscane, fut occupée par les Français en 1799 ; elle devint la capitale du royaume d'Étrurie (1801), puis le chef-lieu du département français de l'Arno (1807). Élisa, que son frère Napoléon Ier avait faite grande-duchesse de Toscane (1809), tint à Florence une cour brillante, mais elle dut se retirer en 1814 et le grand-duc Ferdinand III fut restauré. Une révolution pacifique (27 avr. 1859) renversa la dynastie de Habsbourg-Lorraine qui régnait depuis 1737. À la suite du plébiscite de mars 1860, Florence entra dans le nouveau royaume d'Italie dont elle fut la capitale de 1865 à 1871.

FLORENCE. Ville puissante dès le XIIe siècle grâce au commerce et à l'activité bancaire, elle fut dominée par la famille des Médicis du XVe au XVIIIe siècle. Fondée par Jules César au Ier siècle av. J.-C., elle fut successivement dominée par les Goths, les Byzantins et les Lombards. Devenue ville libre à partir du début du XIIe siècle, elle fut dirigée par une bourgeoisie enrichie par le commerce des draps. Au XIIIe siècle, Florence, comme les autres villes d'Italie, connut l'âpre rivalité entre Guelfes et Gibelins, reflet de la lutte pour le pouvoir entre la papauté et l'empereur germanique. Définitivement dominée par les Guelfes à partir de 1268 - malgré sa division au début du XIVe siècle entre deux factions rivales, les Blancs et les Noirs -, Florence devint une République dominée par de grandes familles rivales de marchands et de banquiers, créancières des rois de France et d'Angleterre et pratiquant le mécénat. Le XIVe siècle vit les débuts d'un extraordinaire développement des lettres et des arts qui atteindra son apogée sous Laurent le Magnifique. Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël et Machiavel furent les grands de la Florence du XVe et du début du XVIe siècle. À partir de la fin de ce siècle, l'histoire de la ville se confondit avec celle de la Toscane. Voir Dante Alighieri.

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