discours de Carthage
Discours prononcé le 31 juillet 1954 par Pierre Mendès France, alors président du Conseil, qui a compris le caractère inéluctable de l'indépendance de la Tunisie et craint une guerre coloniale comme en Indochine. Mendès France accorde l'autonomie interne et promet l'indépendance. En mars 1956, la Tunisie et le Maroc deviennent indépendants.
Carthage. Fondée par des colons phéniciens de Tyr, la ville occupait un emplacement stratégique important sur la côte tunisienne. La légende fait remonter sa fondation à 814 av. J.-C., mais les vestiges archéologiques les plus anciens sont postérieurs d’un siècle à cette date. (Sur sa fondation légendaire, voir didon.) Carthage supplanta les autres villes phéniciennes d’Afrique du Nord (Utique était sa principale rivale) grâce à sa situation propice au commerce et à son port excellent. Elle fonda un grand nombre de colonies en Afrique, exerça sa domination sur les pays voisins, qu’elle transforma en riches terres cultivables, et imposa sa domination aux Numides. En règle générale, Carthage traitait durement les populations indigènes, qui étaient donc impatientes de se soulever. Elle avait un régime politique de type oligarchique ; les deux magistrats principaux, les suffètes, étaient élus chaque année et choisis dans l’aristocratie et les classes aisées. Les généraux étaient élus séparément. Les sénateurs étaient membres à vie et les simples citoyens avaient peu de pouvoir. Aristote admirait l’équilibre des éléments aristocratiques et démocratiques de la constitution carthaginoise, facteur de stabilité. Carthage était une cité principalement vouée au commerce : elle faisait des échanges avec toute la côte méditerranéenne et contrôlait les routes maritimes de l’Ouest, notamment la route de l’étain. Ses navigateurs explorèrent les côtes atlantiques de l’Afrique du Nord et de l’Espagne. Dès 600 av. J.-C., il apparut que les intérêts carthaginois et grecs étaient incompatibles. Vers 535, les flottes étrusque et carthaginoise expulsèrent les colons phocéens de Corse (Phocée, cité grecque d’Ionie, en Asie Mineure, fonda de nombreuses colonies en Méditerranée occidentale). À la même époque, Carthage étendit son emprise sur le sud de la Sardaigne et l’ouest de la Sicile, tout en consolidant sa position en Espagne. Au moment de la première guerre punique (264 av. J.-C.), toutes les îles de la Méditerranée occidentale appartenaient à Carthage. Elle signa des traités commerciaux avec la République romaine pour empêcher l’immixtion de Rome dans son commerce; le traité le plus ancien remonterait à 508 av. J.-C., première année de la République. Pendant trois siècles, les Grecs et les Carthaginois se disputèrent la Sicile. En 480 av. J.-C., un important corps expéditionnaire carthaginois fut battu à Himère par les tyrans (grecs) de Sicile, Gélon et Théron, le même jour, selon la légende, que la défaite des Perses à Salamine. Les guerres puniques, qui virent s’affronter Rome et Carthage, éclatèrent lorsque celle-ci occupa Messana (Messine), dans le nord-est de la Sicile, et lorsqu’elles se terminèrent en 146 av. J.-C., Carthage fut entièrement rasée. Rome décréta qu’aucune maison ne serait construite et aucune culture plantée sur son emplacement, mais le site fut colonisé par Jules César et Auguste, et Carthage devint la capitale de la grande province d’Afrique. Au IIe siècle apr. J.-C., Carthage était la plus grande ville occidentale après Rome. La religion carthaginoise était d’origine orientale, et, même après sa destruction par les Romains, Carthage continua d’adorer ses terribles divinités, Melkart, Baal-Hammon et Eshmoun, et de pratiquer des sacrifices humains. Les artistes carthaginois n’élaborèrent jamais un style particulier, mais ils s’inspirèrent de la Grèce et de l’Egypte. La richesse de l’agriculture carthaginoise était proverbiale, et, après sa reconstruction sous l’Empire, Carthage exportait chaque année un demi-million de tonnes de blé. Le traité d’agriculture du Carthaginois Magon, en trente-deux volumes, fut traduit en latin. Sous l’Empire, Carthage devint d’abord un centre intellectuel réputé, notamment en ce qui concerne le droit et la rhétorique, puis un foyer du christianisme occidental, en particulier à l’époque de Tertullien et de saint Cyprien (IIe et IIIe s. apr. J.-C.). Carthage tomba aux mains des Vandales en 439 et leur roi Genséric en fît sa capitale, mais après la victoire de Bélisaire en 533 elle resta fidèle à l’Empire romain d’Orient jusqu’à la conquête arabe de la fin du VIIe siècle.
CARTHAGE. Ancienne ville d'Afrique du Nord. Située sur le golfe de Tunis, elle domina pendant plusieurs siècles le commerce en Méditerranée. Fondée au ixe siècle av. J.-C. par des colons phéniciens de Tyr, Carthage, la « Nouvelle Ville », d'abord simple comptoir sur la route de l'Espagne, devint à partir du vie siècle av. J.-C. une grande ville commerçante. Tandis que ses marins reconnaissaient les côtes d'Afrique (Hannon) et de l'Atlantique Nord (Himilcon), elle établit des comptoirs en Espagne, aux Baléares, en Sicile et en Sardaigne. Les Carthaginois, intermédiaires et producteurs, achetaient et redistribuaient dans toute la Méditerranée les matières premières de l'Occident (fer, plomb, étain), les produits africains (ivoire, or) et les esclaves, mais vendaient aussi les denrées récoltées sur leur territoire (céréales, vin, huile d'olive) et leurs objets manufacturés (tissus, poteries, armes). À partir du Ve siècle av. J.-C., Carthage s'opposa aux Grecs pour la possession de la Sicile, mais surtout aux Romains lors des trois guerres Puniques (iiie-iie siècle av. J.-C.) qui s'achevèrent par sa destruction en 146 av. J.-C. Mais reconstruite sur un autre site par Jules César en 44 av. J.-C., la Nouvelle Carthage (appelée Colonia Junovia), connut une grande prospérité (clé du commerce avec l'intérieur de l'Afrique) et devint la ville la plus importante de l'Afrique romaine. Grand foyer du christianisme dès le IIe siècle ap. J.-C. (saint Cyprien, saint Augustin, Tertullien), elle accueillit de nombreux conciles. Prise au Ve siècle ap. J.-C. par les Vandales, reconquise par les Byzantins au vie siècle, elle perdit progressivement toute importance avant d'être pillée puis détruite par les Arabes au VIIe siècle. Les ruines de Carthage se trouvent à 16 km de Tunis. Il ne reste presque rien de l'époque punique, seulement quelques vestiges datant de la période romaine, Carthage ayant servi d'immense carrière pour la construction de Tunis. Voir Byzantin (Empire), Phénicie.
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