COALITION (guerres de)
Nom donné aux guerres menées de 1792 à 1815 par les puissances européennes coalisées contre la France de la Révolution et de l'Empire : Première coalition. Préparée par la déclaration de Pillnitz (27 août 1791), elle se forma en mai 1792 entre l'Autriche et la Prusse, quelques semaines après la déclaration de guerre lancée par l'Assemblée législative à l'empereur (20 avr. 1792). Elle rallia ensuite l'Angleterre et la Hollande, auxquelles la Convention déclara la guerre le 1er févr. 1793, puis l'Espagne (7 mars 1793), le Portugal, les Deux-Siciles, la Sardaigne et les États pontificaux. La guerre de la première coalition, marquée d'abord par les victoires françaises de Valmy (20 sept. 1792) et de Jemmapes (6 nov. 1792), puis par une série de revers des armées de la Révolution (avr./sept. 1793), tourna à l'avantage de la France à la suite des réformes militaires de Carnot (v.) et des divisions entre les coalisés, la Prusse, notamment, se souciant plus du partage de la Pologne que de la lutte contre la France. L'invasion étrangère définitivement repoussée par les victoires de Houchard à Hondschoote (8 sept. 1793) et de Jourdan à Wattignies (15/16 oct. 1793), les armées de la convention conquirent la Belgique et la Hollande après une nouvelle victoire de Jourdan à Fleurus (26 juin 1794). La coalition ne tarda pas à se dissoudre : la Prusse s'en retira en signant le traité de Bâle (5 avr. 1795), puis la Hollande, par le traité de La Haye (16 mai 1795), puis l'Espagne, par le second traité de Bâle (22 juill. 1795). L'Autriche, qui restait l'ennemi principal de la France sur le continent, fut chassée de Lombardie et de Vénétie par la campagne d'Italie de Bonaparte (avr. 1796/févr. 1797) et, après les préliminaires de Leoben (18 avr. 1797), signa le traité de Campoformio (v.) (18 oct. 1797). L'Angleterre poursuivait désormais seule la lutte contre la France. Cette guerre avait valu à la France la possession de la Belgique, avec la frontière du Rhin, ainsi que la Savoie et le comté de Nice. La plus grande partie de l'Italie du Nord passait également dans l'orbite de la France, qui y créa des États satellites, la République Ligurienne et la République Cisalpine, l'Autriche, en compensation, s'agrandissant de la Vénétie. Deuxième coalition. Formée à l'instigation de l'Angleterre de sept. 1798 à mars 1799, elle comprenait, outre l'Angleterre, la Russie, la Turquie, l'Autriche, le royaume de Naples, quelques princes allemands et la Suède. Elle commença par des revers français - l'Italie fut perdue, à la suite de l'invasion de Souvarov (août 1799) -, mais la victoire de Masséna à Zurich (25/26 sept. 1799) sur les Austro-Russes et la capitulation du corps expéditionnaire anglo-russe à Alkmaar, en Hollande (18 oct. 1799), marquèrent un redressement avant même que Bonaparte fût rentré d'Égypte. Ayant fait passer à ses troupes le col du Grand-Saint-Bernard (mai 1800), Bonaparte occupa la Lombardie et remporta en Piémont la victoire de Marengo (14 juin 1800) ; quelques mois plus tard, en Allemagne, Moreau portait aux Autrichiens le coup décisif par sa victoire de Hohenlinden (3 déc. 1800). Par le traité de Lunéville (9 févr. 1801), l'Autriche reconnut toute la rive gauche du Rhin à la France et lui abandonna la quasi-totalité de l'Italie, à l'exception de Venise. Le roi de Naples se retira à son tour de la coalition (paix de Florence, 18 mars 1801). La Russie, inquiète de l'hégémonie maritime et commerciale de l'Angleterre, termina les hostilités par le traité de Paris (8 oct. 1801). L'Angleterre elle-même, épuisée par une lutte sans résultats, dut signer le traité d'Amiens (v.) (25 mars 1802), par lequel elle restituait à la France toutes ses colonies (mais se gardait de reconnaître les conquêtes françaises sur le continent). Troisième coalition. La paix avec l'Angleterre fut rompue pratiquement dès mai 1803. Les interventions de Bonaparte en Allemagne - recès impérial de 1803 -, en Suisse - Acte de médiation de 1803 - et en Italie - création du royaume d'Italie en mai 1805 - ne pouvaient laisser les grandes puissances indifférentes. La troisième coalition, constituée en juill./août 1805, groupa l'Angleterre, la Russie, l'Autriche, Naples et la Suède. Renonçant à ses projets d'invasion de l'Angleterre, que la défaite navale de Trafalgar (21 oct. 1805) rendit définitivement impossible, Napoléon marcha vers l'Allemagne du Sud, contraignit l'armée autrichienne de Mack à capituler dans Ulm (20 oct. 1805), puis marcha sur Vienne (occupée sans résistance le 15 nov.) et remporta sur les Austro-Russes la victoire décisive d'Austerlitz (2 déc. 1805). La Prusse, qui allait se joindre aux coalisés, se hâta de signer le traité de Schönbrunn (15 déc. 1805). L'Autriche se vit imposer le traité de Presbourg (26 déc. 1805), qui la rejetait complètement hors d'Allemagne et hors d'Italie et permit à Napoléon de réorganiser le monde germanique par la création de la Confédération du Rhin (v.). Mais l'Angleterre et la Russie poursuivaient la guerre. Quatrième coalition. Elle fut formée en oct. 1806 par l'Angleterre, la Russie et la Prusse, cette dernière ne pouvant accepter la réorganisation de l'Allemagne par Napoléon. La guerre qui suivit se déroula en deux phases : la campagne de Saxe, avec les victoires françaises d'Iéna et d'Auerstaedt (14 oct. 1806), s'acheva par l'entrée des Français à Berlin (27 oct. 1806) ; la campagne de Pologne, où les Russes résistèrent à Eylau (8 févr. 1807), mais subirent une défaite décisive à Friedland (14 juin 1807). La guerre se termina sur le continent par le traité de Tilsit (8 juill. 1807), qui démembrait la Prusse et, par des accords secrets, posait les bases d'une alliance entre Napoléon et le tsar Alexandre. Cinquième coalition. L'Angleterre, qui restait seule en guerre après Tilsit, profita des premiers échecs français durant la guerre d'Espagne pour amener l'Autriche à rouvrir le conflit sur le continent (avr. 1809). Cette coalition anglo-autrichienne fut rapidement disloquée par les victoires napoléoniennes qui marquèrent la campagne de 1809 : Eckmühl (22 avr.) et Wagram (5/6 juill.) La paix de Vienne (14 oct. 1809) enleva des territoires considérables à l'Autriche, qui, peu après, consentit au mariage de l'archiduchesse Marie-Louise avec Napoléon. Sixième coalition. Elle fut conclue, en févr./mars 1813, après l'issue désastreuse de la campagne de Russie, entre les Russes et les Prussiens, auxquels se joignirent la Suède, l'Autriche (août 1813), les souverains allemands et toujours l'Angleterre. Malgré ses premières victoires de Lützen (2 mai 1813), de Bautzen (20/21 mai) et de Dresde (26-27 août), Napoléon, qui avait à faire face à des forces deux fois supérieures aux siennes, fut battu à la bataille de Leipzig (16/18 oct.) et dut évacuer l'Allemagne. Dès janv. 1814 commença la campagne de France, au cours de laquelle, par une série de victoires, l'Empereur fit la preuve éclatante de son génie militaire toujours intact, sans parvenir toutefois à contenir le flot des envahisseurs. Après la capitulation de Paris (30 mars 1814), Napoléon signa son abdication à Fontainebleau (6 avr.) et partit pour l'île d'Elbe. La France, par le traité de Paris (30 mai 1814), était ramenée à ses frontières de 1792. Septième coalition. Dès l'annonce du retour de l'île d'Elbe, elle réunit les mêmes puissances que la précédente et remporta sur Napoléon la victoire définitive de Waterloo (18 juin 1815).
COALITION (Première, 1793-1797). Coalition formée en 1793 par les puissances européennes contre la France révolutionnaire. Elle groupait l'Angleterre, la Russie, la Sardaigne, l'Espagne, Naples, la Prusse et l'Autriche. Cette première coalition fut disloquée par les traités de Paris, de Bâle, de La Haye (1795) et de Campoformio (1797). Seule l'Angleterre restait en guerre contre la France. Voir Carnot (Lazare), Dumouriez (Charles), Jemappes (Bataille de), Jourdan (Jean-Baptiste), Valmy (Bataille de). COALITION (Deuxième, 1798-1799). Nom donné à l'une des sept coalitions formées par les puissances européennes contre la France pendant la Révolution et l'Empire. La deuxième coalition, formée à l'instigation de l'Angleterre, de septembre 1798 à mars 1799, comprenait la Russie, l'Autriche, la Turquie, les Deux-Siciles, quelques princes allemands et la Suède. Elle prit fin après la signature des paix de Lunéville (1801) et d'Amiens (1802). Voir Égypte (Campagne d'). COALITION (Troisième, 1805). Alliance conclue contre Napoléon Ier entre la Russie et l'Autriche afin de lutter contre les progrès de la domination française en Italie (annexion de la République de Gênes et du duché de Parme) et en Allemagne. Renonçant à envahir l'Angleterre après sa défaite de Trafalgar, Napoléon Ier marcha vers l'Allemagne du Sud et battit les Autrichiens à Ulm (octobre 1805). Il marcha ensuite sur Vienne qui fut occupée sans résistance ( 15 novembre) et remporta sur les armées austro-russes la victoire d'Austerlitz (2 décembre 1805). L'Empereur imposa à l'Autriche le traité de Presbourg (26 décembre 1805). L'Angleterre et la Russie poursuivaient la guerre. COALITION (Quatrième, 1806-1807). Coalition formée en octobre 1806 contre le France napoléonienne par l'Angleterre, la Russie et la Prusse, cette dernière refusant la nouvelle organisation de l'Allemagne imposée par Napoléon Ier (Confédération du Rhin). Cette guerre fut marquée par la campagne de Saxe qui, après les victoires françaises d'Iéna et d'Auerstedt, aboutit à la défaite prussienne et par la campagne de Pologne contre les Russes qui, vaincus à Eylau (1807), subirent une écrasante défaite à Friedland (1807). Les traités de Tilsit (juillet 1807), qui démembraient la Prusse, mirent fin à la quatrième coalition, des accords secrets préparant les bases d'une alliance entre Napoléon Ier et le tsar Alexandre Ier. COALITION (Cinquième, 1809). Coalition formée contre la France napoléonienne entre l'Autriche et l'Angleterre, cette dernière profitant des premiers échecs militaires français lors de la guerre d'Espagne pour rouvrir le conflit en Europe. Cette coalition fut rapidement disloquée par les victoires françaises d'Eckmühl (22 avril 1809) et surtout de Wagram (5-6 juillet 1809). La paix de Vienne (octobre 1809) amputa considérablement le territoire autrichien puis conduisit au mariage de Napoléon Ier et de l'archiduchesse Marie-Louise. Voir Bailén (Capitulation de), Coalition (Première, Deuxième, Troisième, Quatrième), Goya (Francisco de). COALITION (Sixième, 1813). Nom donné à la sixième alliance des puissances européennes contre Napoléon Ier. Formée en 1813 entre l'Angleterre, la Russie, l'Autriche, la Prusse et la Suède, elle aboutit à la première abdication de Napoléon, et au traité de Paris (1814). Après ses défaites en Allemagne (Leipzig, 1813), Napoléon signa son abdication à Fontainebleau puis partit pour l'île d'Elbe. Le traité de Paris ramena les frontières de la France à celles de 1792. Voir Blücher, Charles XIV (Bernadotte), Coalition (Première, Deuxième, Troisième, Quatrième, Cinquième, Septième), Metternich (Klemens), Wellington (Arthur Wellesley, duc de).