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Charles XIV, Charles-Jean Bernadotte (Pau 1763-Stockholm 1844) ; roi de Suède et de Norvège [1818-1844].

Charles XIV, Charles-Jean Bernadotte (Pau 1763-Stockholm 1844) ; roi de Suède et de Norvège [1818-1844].

L'ascension de Bernadotte, fondateur de la maison royale régnante de Suède, ne manque pas d'épisodes aventureux. Fils d'un avocat catholique de Pau, en Gascogne, il entre en 1780 dans l'armée des Bourbons, où il atteint avant la Révolution le grade de sergent-major le plus élevé pour un homme sorti du rang. Après 1789, il devient rapidement général dans l'armée révolutionnaire de Sambre-et-Meuse. En 1797, il combat en Italie sous les ordres de Napoléon Bonaparte, puis il est nommé ambassadeur à Vienne. Après avoir, face aux Viennois, défendu l'épée à la main le drapeau tricolore de l'ambassade, il rentre en France avec la réputation d'un républicain intransigeant. Sieyès lui confie le ministère de la Guerre en 1799, mais il ne participe ni aux coups d'Etat du Directoire, ni à celui de Bonaparte. Ses rapports avec Napoléon restent tendus, et son mariage avec Désirée Clary, belle-soeur de Joseph Bonaparte et ancienne fiancée de Napoléon, n'y change rien. En 1804, il se laisse cependant rallier à l'idée de l'Empire et devient maréchal de France puis, deux ans plus tard, prince de Ponte -Corvo. Il tombe de nouveau en disgrâce en 1809, Napoléon lui reprochant principalement son incompétence militaire. Contre toute attente, le jeune baron suédois Karl-Otto Mömer décide de son propre chef, en 1810, de proposer à Bernadotte la succession du roi Charles XIII, resté sans enfant. Après une campagne habile, il est nommé successeur au trône de Suède à l'unanimité par le Parlement d'Ôrebro, qui compte ainsi sur les bonnes grâces de Napoléon pour reprendre la Finlande. Bernadotte se convertit au luthéranisme, prend le nom de Charles-Jean, est adopté par Charles XIII et assure bientôt la régence. Napoléon l'oblige à s'associer au blocus continental contre l'Angleterre. Mais l'intérêt de la Suède le pousse à prendre de plus en plus ses distances avec la politique de l'Empereur. Lorsque Napoléon occupe la partie suédoise de la Poméranie occidentale en 1812, Bernadotte s'allie à Alexandre Ier, qui n'est pas pour autant disposé à lui rendre la Finlande. Suivant la loi des frontières naturelles, Bernadette s'intéresse alors à la Norvège. Ce n'est pas sans hésitations qu'il rejoint la coalition contre Napoléon. Dans la guerre de libération de 1813, il conduit l'armée du Nord avec une extrême prudence. Après la bataille des nations de Leipzig, sa campagne du Schleswig-Holstein lui permet d'obtenir du Danemark, par la paix de Kiel, la cession de la Norvège. Lorsque Napoléon abdique, certains envisagent sérieusement de le porter sur le trône de France. C'est en particulier le souhait d'Alexandre Ier, mais il rencontre l'opposition de Metternich et de Talleyrand. Bernadotte écrase un soulèvement des Norvégiens et impose en 1814 l'union personnelle du pays à la Suède. À la mort de Charles XIII, en 1818, il monte sans contestation sur le trône de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV. Dans l'Europe d'après 1815, il est le seul monarque qui ne tienne pas sa couronne de sa naissance. Il s'applique à assainir l'économie de sa nouvelle patrie, dont il n'apprendra jamais la langue, et développe un mode de gouvernement de plus en plus autocratique. Le rôle du Conseil d'Etat décline, la loi restreint les droits du Parlement, la presse est censurée, et une police secrète constituée. Par sa ténacité et par quelques concessions (réforme du Conseil d'Etat, autonomie élargie de la Norvège), le roi parvient à maîtriser l'opposition croissante au sein du Parlement suédois comme du Storting norvégien. En 1842, il introduit en Suède l'école primaire obligatoire. En politique extérieure, il maintient malgré sa totale impopularité l'alliance avec la Russie. Parallèlement, il s'efforce d'entretenir des relations amicales avec l'Angleterre, pour rendre la Suède neutre. Il amorce ainsi le tournant de la Suède d'une politique de grande puissance vers la neutralité Scandinave. C. meurt en 1844 et il est enterré dans l'église Riddarholmen de Stockholm à côté de Gustave II Adolphe : le premier roi de la dynastie des Bernadotte à côté du plus grand monarque de la maison des Vasa. Bibliographie : T.T. Höjer, Bernadotte, maréchal de France, roi de Suède, trad. fr., t.1-II, 1943 ; G. Girod de l'Ain, Bernadotte chef de guerre et chef d'État, 1968.

CHARLES XIV ou CHARLES-JEAN, Charles Jean-Baptiste BERNADOTTE (Pau, 1763-Stockholm, 1844). Maréchal de France et roi de Suède (1818-1844), il fut le fondateur de la dynastie qui règne encore aujourd'hui en Suède. Officier sous la Révolution, il se distingua lors- des campagnes napoléoniennes, l'empereur le nommant maréchal d'Empire en 1804. Mais une brouille les sépara après Wagram. Lorsque le roi de Suède Gustave IV fut renversé, les Suédois lui offrirent le trône en 1810 pour avoir cessé les hostilités contre leur pays. Adopté par Charles XIII, il s'allia à la Russie et joua un rôle décisif contre la France à la bataille de Leipzig (1813). Il succéda à Charles XIII en 1818 et mena en Suède durant son règne une politique libérale.

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