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Alain et la justice

Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant, en procédant à son étude ordonnée.

Quand on voit qu'un homme qui entreprend quelque chose doute déjà de réussir avant d'avoir essayé, on dit qu'il n'a pas la foi. Cette manière de dire est consacrée par l'usage (...) Quand un homme doute au sujet de ses propres entreprises, soit qu'il organise la paix, soit qu'il veuille réformer la justice, soit qu'il prépare sa propre fortune, il craint toujours trois choses ensemble, les autres hommes, la nécessité extérieure et lui-même. Or, il est évidemment fou d'entreprendre si l'on ne se fie d'abord à soi. Vouloir sans croire que l'on saura vouloir, sans se faire a soi-même un grand serment, ce n'est point vouloir. Qui se prévoit lui-même faible et inconstant, il l'est déjà. On ne peut ici s'en rapporter à l'expérience, parce qu'une volonté ferme ou chancelante change l'expérience. Il n'est pas sûr que les chemins s'ouvriront si vous avez la foi, mais il est sûr que tous les chemins seront fermés si vous n'avez pas d'abord la foi. C'est se battre en vaincu ; c'est sauter le fossé avec l'idée qu'on tombera dedans. Se croire libre est la première condition de l'action ; croire que l'on suffira à soi quoi qu'il arrive. ALAIN.

Parties du programme abordées : — La volonté. — La liberté.

Analyse du sujet : L'action suppose la croyance en sa propre liberté et la confiance en ses chances de réussite. Ce n'est pas une condition suffisante. mais c'est une condition nécessaire.

Conseils pratiques : Déterminez avec rigueur le sens des mots et concepts : foi, confiance, volonté, expérience. Attention à ne pas paraphraser le texte, ou à voir en lui une simple affirmation de la méthode Coué (fondée sur l'auto-persuasion). Il faut rester philosophique.

Bibliographie :

Difficulté du sujet : **

Nature du sujet : Classique.

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