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THOUTMOSIS III

Roi d'Égypte (vers 1505/1450 av. J.-C.). D'abord éloigné du trône par la reine Hatshepsout, épouse légitime de Thoutmosis II, il ne régna qu'à partir de 1484. Reprenant la politique guerrière de son grand-père, Thoutmosis Ier, il porta à son apogée le Nouvel Empire. Il ne fit pas moins de dix-sept campagnes en Palestine et en Syrie, contre les princes locaux groupés autour des rois de Kadesh et du Mitanni. Vainqueur à Megiddo (1482), il s'empara de Kadesh (vers 1474), occupa la Phénicie, atteignit l'Euphrate et envahit le Mitanni (vers 1472). Il imposa même, brièvement, un tribut aux Hittites et aux Ciliciens. En Nubie, il étendit la domination égyptienne jusqu'à Napata, près de la 4e cataracte. Sous son règne, l'Égypte, enrichie par les conquêtes et les tributs, connut une prospérité sans précédent. Maître d'une grande partie de l'Asie antérieure, pour maintenir les princes locaux dans l'obéissance, il emmena leurs fils en otages en Égypte, les fit élever soigneusement, avant de les renvoyer dans leur pays régner en fidèles alliés de la politique égyptienne. Pour la première fois, l'Égypte montrait ainsi une volonté, non seulement de conquête, mais d'organisation impériale.

Thoutmosis III ; roi d’Égypte [v. 1458-1425 ou v. 1482-1450 av. J.-C).

De même qu’au début du Moyen Empire, après 2000 avant J.-C., l’unification de la Haute- et de la Basse-Égypte sous la XIIe dynastie était partie de Thèbes, c’est une famille de Thèbes (celle de Kamosé et d’Amosis, son frère) qui, après avoir expulsé les Hyksôs, établis pendant cent cinquante ans en Basse-Égypte, réussit vers 1540 à réunifier l’Égypte et à la réorganiser, ouvrant ainsi une nouvelle période de l’histoire de l’Égypte ancienne, que l’on nomme le Nouvel Empire. Avec la XVIIIe dynastie (1552-1314 ou 1235), l’Égypte est à l’apogée de son rayonnement et de sa puissance. De cette dynastie, T., le sixième roi, est un des plus grands. Parvenu tardivement au pouvoir - il attend vingt-deux ans la mort de son ambitieuse et énergique belle-mère, Hatchepsout, régente qui prend le titre de roi - avant de régner pendant trente-trois ans. Sa politique de conquête va délibérément à l’encontre de la politique de paix et de construction qu’elle avait menée (grandiose temple funéraire à terrasses de Deir-el-Bahari). De même, il martèle le nom de la reine, s’en prend à ses statues, et s’acharne à effacer son souvenir. Une armée permanente, renforcée par des mercenaires étrangers, une flotte qui opère sur le Nil, en mer Rouge, en Méditerranée et même sur l’Euphrate, de même qu’un corps de chars de guerre (chevaux et chars sont un héritage des Hyksôs) rendent possible la conquête de la Syrie jusqu’à Alep. De plus, T. occupe la Nubie jusqu’à la quatrième cataracte où l’influence égyptienne s’étendait déjà. Ce n’est pourtant qu’après de longues campagnes, recommencées chaque année, que lentement, les coalitions de petits États-cités palestiniens et phéniciens sont brisées et que les grands Etats demeurés dans l’ombre, le royaume hourrite de Mitanni et les Hittites, sont contraints de reconnaître la suprématie de l’Égypte au Proche-Orient. On dispose de données très détaillées sur plus de dix-sept de ses campagnes grâce à des parties d'Annales du roi conservées sur les murs du sanctuaire d’Amon à Karnak. Ses campagnes, ainsi racontées, constituent le premier grand récit stratégique de l’histoire et T. semble être le premier roi qui a eu la conscience de l’Empire. Thèbes devient alors une capitale internationale où les produits et les idées affluent de toutes parts. Mais T. n’est pas seulement un général de premier ordre. Législateur, organisateur, il est aussi grand bâtisseur : de la Nubie au Delta, et même au Sinaï, il construit avec énergie. En particulier, le temple d’Amon-Rê de Karnak sollicite son attention. Il y poursuit les programmes de construction entrepris depuis Thoutmosis Ier. A Karnak, la ville voisine de Thèbes, se trouvent les gigantesques propriétés des temples du dieu du royaume, Amon-Rê. Son clergé, grâce aux donations faites par le roi à chaque génération, a accumulé une puissance matérielle si importante qu’il constitue une sorte d’État dans l’État. Ét le pays devait bientôt avoir à subir les effets de la rivalité entre le clergé d’Amon et la royauté.

Bibliographie : N. Grimai, Histoire de l’Égypte ancienne, 1988.

THOUTMÈS III ou THOUTMOSIS (1504 7-1450 av. J.-C.). Pharaon du Nouvel Empire, il porta l'Empire à son apogée. Sous son règne, l'Égypte domina la Nubie au sud, la Palestine, la Phénicie et la Syrie au nord, et connut une extraordinaire prospérité. Sa tombe se trouve dans la Vallée des Rois, à Thèbes. Voir Aménophis IV, Ménès, Ramsès II.

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