SAVONAROLE Jérôme, Girolamo Savonarola
Prédicateur et réformateur italien. Moine dominicain dont les prédications s'attaquaient aux vices du clergé, à la corruption des moeurs et à la Renaissance païenne, il eut un grand ascendant sur le peuple de Florence. Quand les Français envahirent la Toscane en 1494, il souleva le peuple contre les Médicis, tenta de faire intervenir le roi de France Charles VIII contre la Rome corrompue des Borgia, et devint le véritable chef de la nouvelle République florentine théocratique (1494/98) : Jésus-Christ fut proclamé roi du peuple florentin en 1495. En 1497, pendant le carême, Savonarole organisa l'autodafé des livres de Boccace et de Pétrarque, ainsi que de tout ce qui pouvait rappeler le luxe de l'ancienne Florence. Ses réformes se heurtèrent à Rome au pape Alexandre VI qui l'excommunia. Savonarole fut livré à Rome par la bourgeoisie florentine, torturé et exécuté comme hérétique.
Savonarole, Jérôme (Ferrare 1452-Florence 1498) ; prédicateur et réformateur italien.
Interrompant ses études de médecine et de philosophie, S. entre à l’âge de 23 ans dans l’ordre des Dominicains de Bologne. Après de longues années passées à prêcher dans différentes villes (surtout à Florence), il est nommé pour le reste de son existence, grâce aux efforts de Pic de la Mirandole et de Laurent de Médicis, prieur du couvent de Saint-Marc de Florence, qui sous sa direction devient le noyau de la réforme des monastères en Toscane. Dans des sermons qui exaltent les foules, il s’appuie avec prédilection sur les textes des prophètes bibliques et de l’Apocalypse pour dénoncer les vices et les vanités de son époque, sans ménager la noblesse de Florence au pouvoir ni les hauts dignitaires de l’Église qu’il menace du châtiment divin. La percée de Charles VIII en Italie (1494) et l’expulsion des Médicis sont considérées comme une confirmation de ses prédictions, et tout Florence semble être derrière le « Prophète de Dieu », quand une Constitution à la fois démocratique et théocratique est adoptée sous son influence dans la ville qui chasse les Médicis. S. est alors entre 1494 et 1498 le véritable chef de la nouvelle république florentine. Pour réaliser son idéal d’un État chrétien aux moeurs irréprochables, il n’hésite pas à recourir à des méthodes dictatoriales douteuses comme la surveillance et la manipulation des opinions. Alexandre VI, dont il s’est fait un ennemi personnel par ses accusations publiques, l’excommunie (12 mai 1497) puis somme Florence de lui interdire de prêcher (1498). Abandonné par ses partisans, il est jeté en prison et torturé. Il est ensuite traduit devant un tribunal où siègent deux juges pontificaux, et est brûlé publiquement devant le Palazzo Vecchio le 23 mai 1498 comme moine indocile, hérétique et hétérodoxe. Malgré l’échec de sa politique, il est vénéré longtemps après sa mort à cause de son idéal de vie ascétique et de son ardent zèle réformateur.
Bibliographie : E. Gualazzi, Savonarole, 1985 ; I. Cloulas, Savonarole, 1994.
SAVONAROLE, Jérôme (Ferrare, 1452-Florence, 1498). Prédicateur et réformateur italien, il imposa aux Florentins, considérés comme « le peuple élu », une dictature théocratique et puritaine. D'abord entré chez les dominicains à Bologne (1475), il devint, à partir de 1491, prieur du couvent San Marco à Florence. Ses sermons, dans lesquels il dénonçait les dépravations de l'Église - la Rome corrompue des Borgia -, la perversion des moeurs et la tyrannie des Médicis, mais exposait aussi ses visions prophétiques -calamités nécessaires à la régénération de l'Église -, exercèrent un profond ascendant sur le peuple florentin comme chez des intellectuels tels que Pic de la Miran-dole. La fuite des Médicis au moment de l'invasion de l'Italie par Charles VIII (1494) fit de lui le maître de Florence dans laquelle il instaura, soutenu par le peuple et ses partisans fanatisés, une République égalitaire et puritaine. Fêtes et jeux furent supprimés, les moeurs réformées, la délation systématiquement encouragée. On jeta même, lors de la fête pénitentielle (1497) qui remplaçait le carnaval, toilettes, bijoux, tableaux « impudiques » et livres libertins dans un immense bûcher. Son austérité et son intransigeance divisèrent bientôt les Florentins. Convoqué à Rome pour ses attaques contre Alexandre VI (Borgia), il refusa de s'y rendre et fut excommunié. Le pape ayant menacé d'interdit la ville de Florence, Savonarole, abandonné par la bourgeoisie, perdit rapidement sa popularité. Jeté en prison, torturé, le « moine noir » fut condamné à mort, pendu puis brûlé avec deux de ses partisans.
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