RÉPUBLIQUE (IVe)
RÉPUBLIQUE (IVe)
Cette période englobe les années comprises entre juin 1944 et octobre 1958. On peut la fragmenter ainsi :
□ gouvernement provisoire du général de Gaulle qui mit fin à l’État français du maréchal Pétain (juin 1944-janvier 1947);
□ prise de Strasbourg par l’armée Leclerc (novembre 1944) ;
□ franchissement du Rhin par les troupes de De Lattre (mars 1945) ;
□ reddition de l’Allemagne (8 mai 1945);
□ constitution de la IVe République (13 octobre 1946) ;
□ vote des femmes (1946) ;
□ début de la guerre froide et renvoi des communistes du gouvemement (avril 1947) ;
□ plan Marshall et reconstruction européenne (1948);
□ Alliance atlantique ;
□ essor de l’industrie française (création de l’avion Caravelle, du paquebot France, des locomotives électriques les plus rapides du monde, construction du pont de Tancarville, centrales électriques de Génissiat et de Donzère-Mondragon, usine marémotrice sur la Rance, usines atomiques de Saclay et de Marcoule, gaz de Lacq, etc, 1952-1956) ;
□ rapprochement de l’Allemagne et première ébauche du Marché commun (1957);
□ guerre du Viêt-Nam (1946-1954);
□ guerre d’Algérie (1954-1962);
□ expédition de Suez (1956);
□ putsch d’Alger (13 mai 1958).
IVe RÉPUBLIQUE (naissance de la)
• 27 octobre 1946
Le 13 octobre 1946 est organisé en France le troisième référendum en un an. Il porte, comme le précédent, sur l’acceptation d’une nouvelle Constitution élaborée par l’Assemblée. Si elle accorde au président de la République - élu par un Congrès formé des deux Chambres (l’Assemblée nationale et le Conseil de la République) - des pouvoirs plus importants que sous la IIIe République, le dernier mot reste cependant dans tous les cas au Parlement. C’est en effet lui qui accorde son investiture au chef du Gouvernement avant qu’il puisse former un ministère. Malgré l’opposition du général de Gaulle et de ses amis, les votes favorables l’emportent (9 297 470 «oui» contre 8 165 459 «non» - et près de 9 millions d’abstentions). Promulguée le 27 octobre, cette Constitution donne naissance à la IVe République, qui va durer jusqu’en 1958.
RÉPUBLIQUE (QUATRIÈME). Régime politique de la France du 13 octobre 1946 au 4 octobre 1958. Discréditée par son instabilité ministérielle chronique, confrontée aux problèmes de la guerre froide et de la décolonisation qui ébranlèrent profondément le consensus national, la Quatrième République a néanmoins accompli une importante oeuvre économique et mis en place la construction de l'Europe. Deux présidents furent à sa tête, Vincent Auriol (1947-1954) et René Coty (1954-1958). Après la période transitoire du Gouvernement provisoire de la République française (juin 1944-janvier 1947), la République se dota d'institutions par le vote d'une Constitution (13 octobre 1946), âprement discutée et approuvée par une faible majorité, qui instaurait un système de type parlementaire. Après l'expérience du Tripartisme (Parti communiste, Parti socialiste SFIO et MRP) qui accomplit d'importantes réformes économiques mais se disloqua par le renvoi, dans le contexte de la guerre froide, des ministres communistes (1947), les gouvernements qui suivirent tentèrent, contre l'opposition du PCF et des gaullistes (RPF) de constituer une « Troisième force » centriste (MRP, SFIO, radicaux). Elle se prononça nettement pour l'Alliance atlantique (OTAN), favorisa le redressement économique de la France (plan Marshall) et la construction de l'Europe (Jean Monnet). Les gouvernements successifs de la « Troisième force » ne parvinrent pas à résoudre la crise financière et les difficultés suscitées par la guerre d'Indochine qui contribuèrent à aggraver l'instabilité gouvernementale. Hostile à la rigueur budgétaire des modérés et à la loi Barangé sur l'enseignement privé, les socialistes passèrent dans l'opposition jusqu'en 1956, entraînant le glissement à droite de la Quatrième République. Si le gouvernement d'Antoine Pinay (1952) réussit à organiser plus efficacement la défense du franc et rétablit la stabilité financière, les dissensions politiques s'aggravèrent progressivement autour des problèmes coloniaux, conduisant bientôt à l'impasse politique. Les gouvernements Mendès France puis Edgar Faure réglèrent le conflit indochinois (accords de Genève, 1954) et donnèrent à la Tunisie et au Maroc leur indépendance. Mais l'aggravation de la question algérienne accéléra la décomposition du régime (grave échec de l'expédition de Suez sous le gouvernement Guy Mollet, 1956), qui atteignit son paroxysme lors de l'émeute de mai 1958 à Alger, précipitant la chute de la Quatrième République. Appelé au pouvoir par le président René Coty afin de « redresser la situation », de Gaulle fit adopter, dès octobre 1958, la Constitution de la Cinquième République. Voir Algérie (Guerre d'), CED, Poujade (Pierre), Bourguiba (Habib), Mohammed V.
RÉPUBLIQUE (QUATRIÈME). Régime politique de la France du 13 octobre 1946 au 4 octobre 1958. Discréditée par son instabilité ministérielle chronique, confrontée aux problèmes de la guerre froide et de la décolonisation qui ébranlèrent profondément le consensus national, la Quatrième République a néanmoins accompli une importante oeuvre économique et mis en place la construction de l'Europe. Deux présidents furent à sa tête, Vincent Auriol (1947-1954) et René Coty (1954-1958). Après la période transitoire du Gouvernement provisoire de la République française (juin 1944-janvier 1947), la République se dota d'institutions par le vote d'une Constitution (13 octobre 1946), âprement discutée et approuvée par une faible majorité, qui instaurait un système de type parlementaire. Après l'expérience du Tripartisme (Parti communiste, Parti socialiste SFIO et MRP) qui accomplit d'importantes réformes économiques mais se disloqua par le renvoi, dans le contexte de la guerre froide, des ministres communistes (1947), les gouvernements qui suivirent tentèrent, contre l'opposition du PCF et des gaullistes (RPF) de constituer une « Troisième force » centriste (MRP, SFIO, radicaux). Elle se prononça nettement pour l'Alliance atlantique (OTAN), favorisa le redressement économique de la France (plan Marshall) et la construction de l'Europe (Jean Monnet). Les gouvernements successifs de la « Troisième force » ne parvinrent pas à résoudre la crise financière et les difficultés suscitées par la guerre d'Indochine qui contribuèrent à aggraver l'instabilité gouvernementale. Hostile à la rigueur budgétaire des modérés et à la loi Barangé sur l'enseignement privé, les socialistes passèrent dans l'opposition jusqu'en 1956, entraînant le glissement à droite de la Quatrième République. Si le gouvernement d'Antoine Pinay (1952) réussit à organiser plus efficacement la défense du franc et rétablit la stabilité financière, les dissensions politiques s'aggravèrent progressivement autour des problèmes coloniaux, conduisant bientôt à l'impasse politique. Les gouvernements Mendès France puis Edgar Faure réglèrent le conflit indochinois (accords de Genève, 1954) et donnèrent à la Tunisie et au Maroc leur indépendance. Mais l'aggravation de la question algérienne accéléra la décomposition du régime (grave échec de l'expédition de Suez sous le gouvernement Guy Mollet, 1956), qui atteignit son paroxysme lors de l'émeute de mai 1958 à Alger, précipitant la chute de la Quatrième République. Appelé au pouvoir par le président René Coty afin de « redresser la situation », de Gaulle fit adopter, dès octobre 1958, la Constitution de la Cinquième République. Voir Algérie (Guerre d'), CED, Poujade (Pierre), Bourguiba (Habib), Mohammed V.
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