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PELLISSON Paul

PELLISSON Paul. Ecrivain français. Né à Béziers (Hérault) le 30 octobre 1624, mort à Paris le 7 février 1693. Issu d’une famille de magistrats protestants et doué de la plus vive intelligence, il fit ses humanités à Castres, sa philosophie à Montauban et enfin son droit à Toulouse, tout en apprenant l’italien et l’espagnol. S’étant voué au barreau dès sa majorité (1645), il fut défiguré par la petite vérole l’année suivante, et dès lors résolut de se consacrer uniquement aux lettres. Vers 1648, il se rendit à Paris, put connaître les esprit les plus distingués de la capitale, et enfin fut admis dans les réunions qui se tenaient chez Conrart — là même où prit naissance l’Académie Française. Ayant ainsi eu l’occasion d’écrire un éloge de ladite Société, sous le titre de Histoire de l’Académie Française (1653), il se vit accueillir d’emblée dans son sein. Il avait acheté, l’année précédente, une charge de secrétaire du roi. Là, il donna bientôt de si grandes Preuves de capacité que Fouquet voulut se attacher comme premier commis (1657). Devenu, en 1659, maître des comptes à Montpellier, il obtint, l’année suivante, la charge de conseiller du roi. Bien qu’il fût exempt de tout reproche, en 1661, il se trouva entraîné dans la fameuse chute de Fouquet. Arrêté à Nantes, il fut aussitôt enfermé à la Bastille. Il fit preuve alors d’un courage inébranlable : profondément attaché à son bienfaiteur, il écrivit, pour le défendre, trois textes qui sont restés célèbres : le Mémoire et les deux Discours au roi. Il n’en dut pas moins rester en prison pendant cinq ans. Ayant enfin recouvré la liberté, il sut si bien, par la noblesse de son attitude, désarmer la colère du roi, qu’il obtint de l’accompagner un peu plus tard dans son expédition en Franche-Comté (1668). Davantage : en raison de la belle relation qu’il avait faite de cette campagne, il obtint en 1670 la charge d’historiographe de France. Ayant d’autre part abjuré le protestantisme, il reçut, en outre, le bénéfice d’un prieuré et le titre d’économe du clergé de Gaint-Germain-des-Prés. Plus tard, ayant perdu sa place d’historiographe pour avoir déplu à Mme de Montespan (1676), il se consacra tout entier à ses travaux d’érudition théologique. Tant par la douceur de son caractère que par l’étendue de ses connaissances, il sut s’acquérir de bonne heure l’amitié de Bossuet, de Mme de Sévigné et de Madeleine de Scudéry, qui l’a mis en scène dans ses romans sous les noms d’Acante et d’Herminius. Il convient de signaler parmi ses ouvrages: Abrégé de la vie d’Anne d’Autriche (1606), Réflexion sur les différends en matière de religion (1686) et, enfin, Traité de l’Eucharistie (1694).

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