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Texte exposé sur le film "La bataille d'Alger"

Publié le 29/04/2026

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« La Bataille d'Alger 1.

La réception du film à sa sortie En France, la guerre d’Algérie a très tôt fait l’objet d’une représentation cinématographique : avant même que le conflit ne s'achève, de nombreux films sur cette thématique sortent, mais la majorité d'entre eux ne dépeignent que le point de vue des soldats français et de leur vision de la guerre.

Le film La bataille d'Alger, qui sors en septembre 1966 en Italie et en octobre 1966 en Algérie, fait tout de suite débat.

Bien qu'il soit salué par la presse internationale, il est lourdement critiqué en France par une partie de la presse et de l'opinion, qui l'accuse de prendre partie pour le FLN suite à l'implication de Yacef Saâdi et du gouvernement Algérien.

Le film ne sortira dans les salles françaises qu'en 1970, non pas à cause d'une interdiction par la Commission de censure cinématographique, mais à cause d'une appréhension des distributeurs face à la réaction du public. Et pour cause : dès ses premières programmations dans quelques salles parisiennes de provinces, la projection du film entraîne des manifestations et des menaces de la part d'anciens combattants et de groupuscules d'extrême droite.

Puis, en 1971, le Studio Saint-Séverin décide d'y présenter des séances régulières, mais doit rapidement y renoncer après que ses vitrines aient été caillassées après chaque projection.

De plus, les rares séances diffusées servirent souvent de prétexte aux affrontements entre des groupes étudiants d'extrême droite et de gauche.

Néanmoins, le film parvient à réaliser près de 130 000 entrées en 16 semaines, et reçoit des critiques globalement positives de la presse.

Il sera toutefois critiqué par la presse proche de l'extrême droite, qui y voit un instrument de propagande, et par l'extrême gauche qui trouve ce film « pas assez révolutionnaire ». Cependant, certains historiens comme Benjamin Stora affirment que le manque de diffusion de La Bataille d'Alger résulte autant de la forte opposition des anciens combattants et de l'extrême droite que d'une volonté d'effacer cet événement des souvenirs de la population. Cependant, dans les années 2000, les français commencent tout juste à reconsidérer les événements autour de la guerre d'Algérie, notamment après que le gouvernement français ait officiellement requalifié ce qui était jusqu'alors une « opération en Afrique du Nord » en « Guerre d'Algérie ». Dans un tel contexte, il était manifestement temps pour les français d'être confrontés à des représentations plus frontales et impartiales de ce conflit.

Ainsi, en 2004, La Bataille d'Alger sort de l'autocensure lors de sa présentation au festival de Cannes.

Au printemps de la même année, le film connaîtra également une nouvelle sortie en salles, puis il sera diffusé par Arte en novembre.

Pour finir, le film verra naître sa toute première édition DVD, proposée par StudioCanal, qui achèvera de rendre le film accessible au public français, dorénavant considéré comme un classique. Dans la jeune Algérie indépendante, la représentation de la guerre à l'écran reste assez limitée du fait de la faiblesse de la production cinématographique.

Pourtant, l'Algérie de la période postindépendance cherche à se placer comme un modèle révolutionnaire, notamment auprès des mouvements de libération nationale du tiers-monde.

Il faudra cependant attendre la sortie de « La bataille d'Alger » pour que le point de vue des révolutionnaires lors de la guerre d'Algérie soit réellement mis en avant et diffusé à l'international.

A sa sortie en Algérie, le film est fortement mis en avant par le président autocrate Boumédiène, et est vu comme une manière de faire vivre la mémoire de la résistance.

Cependant, le film est tourné et diffusé dans un contexte politique particulier en Algérie.

En effet, le tournage de La Bataille d'Alger va servir de leurre pour faire rentrer de manière plus discrète les chars de l'armée de Boumédiène à Alger lors du coup d’État du 19 juin 1965 qui renverse le président Ben Bella.

De plus, le film omet certains personnages emblématiques de la guerre d'Algérie dont l'évocation pourrait « délégitimer » le président.

Pendant 20 ans, le film sera diffusé 2 fois par ans à la télévision, lors des fêtes nationales du 1er novembre et du 5 juillet en mémoire des « héros de l'indépendance ». L'impact du film sur les gouvernements et les sociétés Dès sa sortie, La Bataille d'Alger inspire des mouvements révolutionnaires aux quatre coins du globe : chez les nationalistes palestiniens, les républicains anglais, les révolutionnaires allemands... Il a notamment grandement inspiré le Black Panther Party : son leader américain, Eldridge Cleaver, a comparé le parcours du personnage principal du film, Ali la Pointe, à celui de son mentor Malcom X.

De plus, une copie du film a été trouvée dans les locaux du mouvement, à Harlem, et aurait été exploité par le parquet de New York pour démontrer les objectifs violents du parti.

Toutefois, ce succès de la part du film auprès de certains mouvements de guérilla a évidemment finit par attirer l'attention de leurs adversaires.

C'est pourquoi ce film aurait ainsi été projeté dans un cadre militaire par l'armée comme une leçon sur les erreurs et les idées efficaces à reproduire pour faire face à un mouvement révolutionnaire de guérilla.

Il fut par exemple projeté dans des écoles militaires argentines à l'époque de la dictature.

Il fut également recommandé aux officiers du Tsahal par le colonel israélien Moshe Tamir dans le cadre de l'opération Rempart en Cisjordanie, face à la Seconde Intifada en 2002.

Pour finir, une projection est organisée au Pentagone par la direction des forces spéciales américaines en août 2003, c'est à dire lors de la guerre en Irak.

C'est d'ailleurs cette projection qui, en faisant parler d'elle dans la presse, poussera à nouveau le film sur le devant de la scène et lui ouvrit les portes du festival de Cannes. Un film salué par la critique Tout d'abord, ce film a été salué comme un excellent film par la critique grâce à son scénario : La Bataille d'Alger n'a rien d'un film de guerre constitué d'actions brutes et de personnages peu développés.

Le cinéaste nous présente ici un thriller où la violence et la férocité de l'homme n'ont pas perdu de leur impact.

Mais ce qui a surtout apporté au film un tel succès, c'est la neutralité et la véracité avec laquelle ce film illustre la guerre d'Algérie.

Le tournage du film commence avant même que la guerre ne se termine, et pourtant le traitement des personnages reste très impartial pour l'époque.

Tout au long du film, on nous montre les tenants et les aboutissants à la fois du côté algérien et du côté français de manière objective.

Les français ne sont pas dépeins comme des monstres, et le FLN comme des sauveurs, tout est nuancé. De plus, ce film est également une œuvre dénonciatrice : tout d'abord dénonciatrice de la violence du colonialisme français et de la répression qu'on subit les.... »

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