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Pensez-vous que l'on puisse dire avec Nietzsche que: Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle jouissance de l'instant présent ne pourraient exister sans faculté d'oubli ?

Publié le 16/05/2020

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Ci-dessous un extrait traitant le sujet : Pensez-vous que l'on puisse dire avec Nietzsche que: Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle jouissance de l'instant présent ne pourraient exister sans faculté d'oubli ? Ce document contient 559 mots soit 1 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en Philosophie.

« THÈMES DE RÉFLEXION • « Dans le plus petit comme dans le plus grand bonheur, il y a toujours quelque chose qui fait que le bonheur est unbonheur : la possibilité d'oublier...

Imaginez l'exemple extrême : un homme qui serait incapable de rien oublier et quiserait condamné à ne voir partout qu'un devenir; celui-là ne croirait plus à son propre être, il ne croirait plus ensoi...

Finalement, en vrai disciple d'Héraclite, il n'oserait même plus bouger un doigt.

Tout acte exige l'oubli...

»Remarquer singulièrement la « liaison » effective entre l'acte et le bonheur qui « exigent l'oubli ». • Comment comprendre cette « liaison »?— Consulter le livre de G.

Deleuze, Nietzsche et la philosophie (P.U.F.) notamment de la page 127 à la page 136.Selon Nietzsche la personnalité saine « agit » ses réactions tandis que la personnalité décadente (et malheureuse,pleine de fiel, de vengeance et de ressentiment) ne sait pas littéralement réagir mais ressent.

L'explication de cephénomène est à rechercher dans un trouble fondamental de la mémoire.

Selon Nietzsche l'équilibre psychiquedépend de la coopération entre trois instances, essentielles :— l'inconscient réactif qui est la mémoire des traces (« appareil végétatif et ruminant »);la conscience qui permet l'adaptation de la réaction à l'excitation présente en « agissant » la réaction elle-même; lafaculté d'oubli qui n'est pas une simple « force d'inertie» mais une force plastique, régénératrice et curative grâce àlaquelle les traces mnésiques de l'inconscient réactif sont repoussées en dehors du champ de la conscience.« Fermer de temps en temps les portes et les fenêtres de la conscience, demeurer insensible au bruit et à la lutteque le monde souterrain des organes à notre service livre pour s'entraider ou s'entre-détruire, faire silence, un peu,faire table rase dans notre conscience pour qu'il y ait de nouveau de la place pour les choses nouvelles..., voilà...

lerôle de la faculté d'oubli, une sorte de gardienne, de surveillante chargée de maintenir l'ordre psychique, latranquillité, l'étiquette.

» Extrait de : Généalogie de la Morale, II, § 1. Autrement dit, selon Nietzsche, si l'individu est englué dans les traces mnésiques de sa mémoire réactive, il est livréau jeu des impressions sensibles et il se révèle incapable de vouloir.

Alors la réalité n 'est plus pour lui ce qui peutaiguillonner sa volonté mais ce qui torture sa sensibilité.

Il ne réagit plus mais il ressent (dans le ressentiment).On peut comprendre ainsi la phrase de Nietzsche proposée à notre réflexion.

• Prendre en compte que Deleuze, dans le passage de son livre déjà cité, établit un parallèle entre Nietzsche etFreud.

Il établit notamment deux comparaisons significatives :— entre la théorie nietzschéenne et la théorie freudienne des deux mémoires;— entre l'idée nietzschéenne d'une corrélation mémoire des traces-volonté de vengeance et le complexe freudiensadique anal.• Consulter Le Bonheur considéré comme l'un des beaux-arts de Raymond Polin (P.U.F.).Schématiquement la thèse de l'auteur est la suivante : « La plus pure, la plus sûre, la plus durable jouissance estdans le souvenir.

Il n'est pas jusqu'à ces « instants de bonheur » dont la fragilité, l'impureté, l'évanescenceempêchaient qu'ils fussent jamais de vrais bonheurs vécus qui, transfigurés par le souvenir, ne puissent prendreplace dans des rétrospectives heureuses.

Dégagés des désordres qui les corrompaient, érigés en souvenirsimmuables, rendus enfin constamment disponibles, ils sont devenus capables de former les éléments de bonheurreconstruits et toujours à notre disposition » (page 96).. »

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