Lecture linéaire Poème Roman de Rimbaud
Publié le 08/06/2026
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« Objet d’étude : La POESIE du XIXème au XXIème siècle PARCOURS associé : « Emancipation créatrice » ŒUVRE : Les cahiers de Douai, d’Arthur RIMBAUD Texte 1 : « Roman » INTRODUCTION : Arthur Rimbaud est un jeune poète du XIXème siècle. C’est âgé de 16-‐17 ans qu’il écrit les poèmes qui seront rassemblés et publiés en 1871 en un recueil intitulé: Les Cahiers de Douai. Soit 22 poèmes répartis en 2 liasses. Arthur Rimbaud est en 1870 un adolescent fugueur, insolent et en pleine révolte. Révolté contre ses parents, contre la société et contre la tradition poétique dont il se détourne en partie. Sa poésie est empreinte de ce besoin d’émancipation. Le poème que je vais analyser est intitulé « Roman » : son titre peut surprendre car il renvoie au genre littéraire du roman ou au radical du mouvement romantique contre lequel Rimbaud s’élève. Le poème « Roman » surprend aussi par sa composition en 4 mouvements comme 4 chapitres numérotés composés chacun de deux quatrains en alexandrins. Dans ce poème Rimbaud qui met en scène une rencontre amoureuse entre un adolescent et une demoiselle. Rimbaud joue avec les codes de la poésie qu’il détourne avec facétie. PROBLEMATIQUE : Comment Rimbaud prend-‐t-‐il dans ce poème une distance ironique vis à vis du lyrisme amoureux traditionnel ? ( vioux) Comment Rimbaud utilise et renouvelle les thèmes et formes poétiques ? (michel) PLAN : Mouvement 1 Ligne 1 à 8 Mouvement 2 Ligne 9 à 16 Mouvement 3 Ligne 17 à 24 Mouvement 4 Ligne 25 à 32 Un narrateur adolescent qui partage son expérience d’une soirée estivale Un décor bucolique La présence de la nature Un abandon sensuel L’émotion amoureuse Le coup de foudre Mouvement 1 Mouvement 2 L’exaltation de l’adolescence face à l’amour La rencontre et le début d’un roman d’amour CONCLUSION : Cette analyse a permis de mettre en évidence la façon dont Rimbaud renouvelle le lyrisme traditionnel. Le poème « Roman » est exemple de la modernité et de l’innovation poétique de Rimbaud. Malgré son jeune âge, Rimbaud porte un regard amusé et ironique sur ses propres sentiments. Malgré un ensemble d’éléments poétiques et littéraires propres au topos de la rencontre amoureuse : une structure régulière, des vers en alexandrins, un décor bucolique et le vocabulaire de l’ivresse amoureuse ; Rimbaud exprime la naissance du sentiment amoureux en jouant et en se détournant des codes du lyrisme traditionnel. La mélancolie se mêle à l’autodérision ; romantisme et réalisme se côtoient. Il refuse l’utilisation du « je » lyrique, les répétitions, les rythmes et les sonorités, ses créations lexicales sont autant d’indices qui témoignent d’une volonté de prendre ses distances avec la poésie traditionnelle et le lyrisme romantique. On retrouve cette même distance ironique dans le poème « Rêvé pour l’hiver ». « A une passante « de Baudelaire : évocation de la rencontre fugace avec une jeune fille. ANALYSE : • Mouvement 1 : Un décor bucolique Ligne 1 à 8 « On n’est pas sérieux, quand on a dix-‐sept ans » Le premier vers donne le ton du poème. Prise de distance avec le sérieux, le classique. • Ligne 1 : Emploi du présent de l’indicatif à valeur de vérité générale et du pronom impersonnel« On ». Rimbaud ne raconte pas une expérience personnelle mais cherche à montrer l’universalité d’une expérience : « on » à la place du « je » • Ligne 1 : Diérèse sur sér-‐I-‐eux Légèreté et distance que prend le poète vis à vis du code de la poésie classique. La diérèse sur « sérieux » mime le manque de sérieux. De même l’irruption de tirets au fil du poème qui brise l’alexandrin classique et propose une nouvelle esthétique visuelle et rythmique. • Ligne 2 et 3: « -‐Foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! » Le point d’exclamation évoque la fougue de la jeunesse. Le poète renonce désormais à la bière, aux bulles, aux lieux d’ivresse qu’il fréquentait. « Les cafés tapageurs » semblent être des lieux appartenant à une époque révolue. Le poète rejette le bruit et les apparences de la ville. • Ligne 4 : « -‐On va sous les tilleuls verts de la promenade. » D’ailleurs dans le dernier vers, changement de décor : le narrateur se tourne vers la nature. Le dernier vers se détache du reste de la strophe. Le rythme de ce vers qui ne contient ni césure à l’hémistiche ni rythme ternaire témoigne de la volonté de poète de se détacher des codes traditionnels. Marque une rupture. On entre dans un décor bucolique avec le retour des arbres et de la nature. Loin de la vie trépidante de la ville, le poète semble privilégier un art de vivre dans la nature. Ligne 9 à 16 : enthousiasme Dans cette 2ème strophe l’enthousiasme du poète apparaît à travers 2 procédés d’écriture : -‐ La répétition du groupe nominal (le jeune homme est si enthousiaste qu’il ne craint pas les répétitions): « Les tilleuls sentent bons dans les bons soirs de juin ! » -‐ La phrase exclamative qui souligne l’émotion du jeune homme. La nature pénètre tous les sens du poète qui vit une expérience sensorielle intense presque sensuelle. Cette nature est ennivrante. -‐ La vue : « les tilleuls verts » -‐ L’odorat : « les tilleuls sentent bons » -‐ L’ouïe : « Le vent chargé de bruits » Si le narrateur est exalté par la nature, il n’oublie pas la ville comme l’indique l’apposition « la ville n’est pas loin » pour justifier les bruits rapportés par le vent. Ainsi se mêlent deux univers : -‐ celui de la nature : « parfums de vigne » -‐ celui de la ville : « parfums de bière » Cette mise en parallèle exprime peut être le tiraillement du narrateur entre ces deux univers. • Mouvement 2 : Un abandon sensuel Le 2ème mouvement donne l’impression d’observer un tableau. « -‐Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon D’azur sombre, encadré d’une petite branche, Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche… » Le présentatif « Voilà que » suscite l’émerveillement devant un décor bucolique. Le verbe « on aperçoit » amplifie l’hypotypose (impression de voir ce qui est écrit). Les participes passé adjectivés « encadré », « piqué » et la mention des couleurs : « D’azur sombre », « toute blanche », accentuent l’aspect pictural de la description. La répétition de l’adjectif « petit » souligne la naïveté de ce tableau .... »
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