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Commentez et discutez ce jugement d'André Gide : « J'ai écrit, et je suis prêt à récrire encore, ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux « sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature. » Je n'ai jamais dit ni pensé qu'on ne faisait de la bonne littérature qu'avec les mauvais sentiments. J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant » (Journal

Publié le 10/06/2020

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Ci-dessous un extrait traitant le sujet : Commentez et discutez ce jugement d'André Gide : « J'ai écrit, et je suis prêt à récrire encore, ceci qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux « sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature. » Je n'ai jamais dit ni pensé qu'on ne faisait de la bonne littérature qu'avec les mauvais sentiments. J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant » (Journal, 2 septembre 1940).. Ce document contient 1500 mots soit 3 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en Littérature. société qui ne les connaît pas encore, mais qui les attend sans le savoir. C'est ainsi que les romanciers courtois du Moyen Age ou les auteurs de romans précieux du xviie siècle proposent à leur public un idéal de cc beaux sentiments » que leurs lecteurs n'ap-prouvent pas encore, mais qu'ils sont invités à approuver et en tout cas tout préparés à le faire. Ainsi les héros de L'Astrée sont galants, constants, discrets, etc..., et cette galanterie, cette constance, cette discrétion sont autant de beaux sentiments que la société mondaine du temps est prête à admirer. Dans d'autres cas, l'écrivain, à l'aide des beaux sentiments, cherche un contact plus étroit avec la foule. Ainsi au xviiie siècle Denis Diderot constate combien le théâtre classique, théâtre qui n'a pas d'intentions manifestement édifiantes, est borné à une élite; aussi, pour toucher de plus près un vaste public, il tentera le « genre sérieux », c'est-à-dire celui qui met en valeur quelques beaux sentiments assez simples, mais violents et attendrissants (renouvelant les tentativesplus aristocratiques, mais déjàédifiantes et « larmoyantes », de Nivelle de la Chaussée).

« SUJET Commentez et discutez ce jugement d'André Gide : « J'ai écrit, et je suis prêt à récrire encore, ceci'qui me paraît d'une évidente vérité : « C'est avec les beaux « sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature.

» Je n'ai jamais dit ni pensé qu'on ne faisait de la bonne littérature qu'avec les mauvais sentiments.

J'aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les pires œuvres d'art et que l'artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant » (Jou�Q2H 2 se p­ tembre 1940).

(C.

E.

L.

G., Nancy 1953.) RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES 1.

Essayer de caractériser le jugement arant de se précipiter sur un li�u .

commun d'esthétique générale .

(l'art et la morale, l'art et les senti­ ments, etc ..

.).

Le ton est bien par.ticulier, fuyant (font souvent, risque de dégrader), jouant sur les mots (beaux, bons, mauvais,' meilleurs, pires).

On a enrie de parler d'ironie.

En tout cas, aucun dogmatisme, rien d'un législateur, et, comme en filigrane, une secrète complaisance de Corydon pour les au sens général de ce dernier terme ( ainsi ne · pas prendre comme exemple une belle passion comme celle de Lamartine pour Elrire) Mais il ne s'agit pas non plus tout à fait d'un sentiment moral, bien qu'incontestablement le problème moral domine le sujet. Gide, par cette expression éridemment ironique et péjoratifJe (il ne dit pas bons sentiments/, désigne une sorte d'idéal moral ast1ez élémen-. »

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