Bonheur et Liberté : chapitre terminale
Publié le 01/05/2026
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Chapitre 3 : BONHEUR ET LIBERTE
Problème Le Bonheur consiste t-il dans la satisfaction de tous mes désirs ?
On commence ici par le brouillon (analyse du sujet) :
Dire « le bonheur consiste-t-il dans la satisfaction de tous mes désirs » revient à se
demander si le bonheur se réduit entièrement à cette satisfaction, si est l’essence même du
bonheur, ou seulement un élément parmi d’autres.
Autrement dit, on cherche à savoir si satisfaire tous mes désirs est à la fois nécessaire
(impossible d’être heureux sans cela, indispensable mais on peux avoir besoin de quelque chose
en plus) et suffisant (cela suffit pour être heureux, rien d’autre n’est exigé MAIS le résultat peut
être obtenu autrement).
Il n’y aurait donc pas d’autres moyens d’être heureux et à partir du moment où au moins un de
mes désirs n’est pas satisfait alors je ne pourrais pas être heureux ?
Car en effet il faut aussi faire attention au mot « tous », qui renvoie à la totalité des désirs :
la question ne porte donc pas sur quelques désirs, mais sur l’ensemble de ce que je désire.
Par
ailleurs, les désirs ne doivent pas être confondus avec d’autres notions : ils se distinguent de la
volonté (qui implique un choix rationnel), de la raison (qui juge ce qui est bon), du besoin (qui
correspond à quelque chose de vital ou nécessaire), et de l’instinct (qui est automatique et
inconscient).
Le désir est donc une inclination, c’est à dire une tendance consciente (dont on se rend compte).
Et une tendance c’est quoi? C’est ce vers quoi on tend, on se dirige vers cette chose pour s’en
rapprocher car je suppose que son obtention satisfera mon désir.
Ainsi on peut dire que la désir
consiste dans la recherche d’un objet (matérielle ou immatérielle) que l’on sait être ou PENSE
(car on peut avoir tord) être source de satisfaction.
Ensuite, la définition de départ que nous attribuons au bonheur est : l’état de satisfaction
complète et durable de toutes les tendances humaines.
Si l’on accepte cette définition, et si l’on admet que le désir fait partie de ces tendances, alors on
peut dire que la satisfaction des désirs est bien nécessaire au bonheur.
En revanche, il reste
encore à démontrer si elle est suffisante, c’est-à-dire si satisfaire tous nos désirs suffit
réellement à nous rendre heureux.
Un deuxième aspect important du désir est qu’il est lié au manque : désirer quelque chose
signifie précisément que je ne l’ai pas.
Cela soulève alors un paradoxe : lorsque je désire, je suis insatisfait et malheureux parce qu’il
me manque quelque chose ; mais si je n’ai plus rien à désirer, je risque de m’ennuyer, de ne plus
avoir de but et de me sentir vide.
Dans les deux cas, le bonheur semble difficile à atteindre : suisje malheureux quand je désire, et encore malheureux quand je ne désire plus ? Où se situe alors
le bonheur ? Est-t-il atteignable ?
Problématisation rédigée :
En première analyse, on peut définir le bonheur comme le plaisir que j'éprouve à la satisfaction
de tous mes désirs, c'est-à-dire quand tous mes désirs sont satisfaits, le plaisir résultant de la prise de
conscience de cette satisfaction.
Si le désir est l'expression d'un manque, le bonheur résulte donc de la
disparition de tout manque, de tout trouble.
Il se caractérise par l'absence totale de souffrance due à
un manque.
On passe par exemple de la souffrance d'avoir faim au plaisir d'avoir fait un bon repas, et
on dit que ce repas était un vrai bonheur ou qu'on est heureux d'avoir pu faire un bon repas.
L'expression « ce bon repas est un véritable bonheur » ne rend cependant que partiellement
compte de ce qu'est le bonheur, car nous ne sommes pas véritablement heureux, ou pas parfaitement
heureux, si des souffrances ou des manques subsistent.
Si j'ai fait un bon repas mais que je n'ai pas
dormi depuis deux jours, le plaisir du bon repas sera vite effacé par la souffrance du manque de
sommeil, et je ne pourrai toujours pas dire que je suis heureux.
Il semble donc qu'il faille que tous mes désirs soient satisfaits pour que je sois heureux.
Cela pose
cependant deux problèmes.
D'une part, est-il possible que tous mes désirs soient satisfaits ?
Comment puis-je y parvenir et cela dépend-il entièrement de moi ? D'autre part, le bonheur réside-t-il
dans l'absence de désirs qui résulte de leur satisfaction ou plutôt dans le passage du désir, c'est-à-dire
du manque, à sa satisfaction.
Le bonheur consisterait alors dans la satisfaction des désirs entendue
non plus comme état mais comme processus, comme passage du désir à sa satisfaction.
On peut en
effet se demander si on apprécie autant le bonheur de manger quand on n'a pas faim que quand on a
faim.
Ce que nous révèle la remarque : « Il ne se rend pas compte de son bonheur », c'est peut-être
que celui qui ne connaît pas la souffrance ne peut pas non plus connaître le bonheur, voire que la
monotonie de sa vie lui pèse et devient alors précisément ce qui l'empêche d'être heureux.
Se pose alors le problème suivant.
D'une part, parce qu'il est manque et que le manque me fait
souffrir, le désir m'empêche d'être heureux.
Pour que je sois heureux, il faudrait que tous mes désirs
soient satisfaits, c'est-à-dire que je ne désire plus.
Mais d'autre part, il semblerait que sans désirs ma
vie perde toute saveur, ce qui m'empêcherait d'être heureux.
Dès lors, si le désir m'empêche d'être
heureux et si je ne peux pas être heureux sans désirer, est-il encore possible d'être heureux ? Le
bonheur n'est-il qu'un idéal inatteignable ? Est-il ce que nous poursuivons sans jamais pouvoir
l'atteindre ? Faut-il renoncer au bonheur effectif ?
L’idéal c’est ce qui relève d’une idée, de l’immagination d’une réalité plus parfaite tandis que le
réel c’est le factuel, constatable (ethymologie de réel est ras qui signifie chose
1 Bonheur = plaisir?
1) Comment définir le bonheur
La première caractéristique du bonheur c’est qu’il est recherché universellement, tout le
monde veut être heureux
Pour comprendre ce que signifie « tous », on distingue :
Le singulier : un seul individu.
Le particulier : un groupe d’individus partageant une caractéristique commune.
Le général : la plupart, avec quelques exceptions.
L’universel : absolument tous les êtres humains, sans exception.
insérer texte blaise pascal
Dans Les Pensées, Pascal affirme que même ceux qui souhaitent se suicider recherchent encore
le bonheur.
En voulant mettre fin à leur souffrance, ils cherchent à atteindre un état où la
souffrance disparaît : ils visent donc, eux aussi, une forme de bonheur.
L’idée est que la vie malheureuse paraît indigne d’être vécue, ce qui confirme que le bonheur
est recherché universellement.
Les suicidaires présupposent en effet qu’une vie sans bonheur
ne vaut pas la peine d’être vécue donc ils recherchent aussi le bonheur.
La 2ème caractéristique du bonheur est qu’elle est une fin en soi.
Le bonheur n’est pas un
moyen pour autre chose : on le recherche pour lui-même, comme la fin ultime de nos actions.
Exemple :
Le travail est un moyen d’obtenir de l’argent.
L’argent est une fin relative, car il sert à acheter des biens.
Les biens répondent à des besoins ou procurent des plaisirs.
Et ces plaisirs sont censés finalement nous conduire… au bonheur.
On distingue donc :
Le relatif, qui dépend d’autre chose,
L’absolu, qui ne dépend de rien d’autre que de lui-même.
Le bonheur appartient à la catégorie de l’absolu : tout ce que nous faisons a pour but ultime d’y
conduire : c’est une fin en soi.
Une exception littéraire : dans L’Avare de Molière, Harpagon traite l’argent comme une fin en
soi, ce qui montre un renversement pathologique des valeurs.
Le bonheur peut aussi être compris comme la coïncidence entre ce que je suis réellement et
ce que je suis destiné à devenir, c’est-à-dire comme une forme d’accomplissement ou
d’épanouissement personnel.
Une erreur fréquente consiste à confondre le bonheur avec le plaisir.
Cette assimilation pose
immédiatement un problème : le plaisir est, par nature, bref et de courte durée.
On peut alors
se demander comment rendre un plaisir durable ? Peut être qu’il est possible de construire le
bonheur en cumulant (multipliant) et en diversifiant les plaisirs au fil du temps?
Les représentations publicitaires — par exemple celles de Ricoré ou de Nutella, qui montrent
une famille souriante, un soleil éclatant, une atmosphère chaleureuse — donnent une image
visuelle du bonheur centrée sur des moments plaisants.
Ce qui semble relier toutes ces
situations, c’est l’idée de plaisir.
Cependant, le plaisir n’est pas universel : chacun trouve son plaisir dans des choses
différentes, et ce qui plaisait hier ne plaît pas forcément demain.
Ainsi, les personnes âgées
recherchent souvent le calme, alors que ce n’était pas nécessairement le cas lorsqu’elles étaient
jeunes.
Le plaisir varie selon les individus et selon les âges, ce qui montre qu’il est subjectif et
changeant.
Si l’on identifie le bonheur....
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