Databac

Analyse linéaire Dormeur du val

Publié le 15/05/2026

Extrait du document

« Analyse linéaire – « Le Dormeur du val » d’Arthur Rimbaud Introduction [Situation du texte] Ce poème, comme « Morts de Quatre-vingt-douze...

», « Le Mal » ou « Rages de Césars » dans le premier des deux Cahiers de Douai, fait allusion à la guerre franco-prussienne.

Mais, contrairement à ces poèmes, il possède un caractère universel qui explique son succès exceptionnel encore aujourd'hui. [Problématique] Bien que purement descriptif, ce texte suscite l'effroi et l'indignation grâce à un contraste saisissant entre le tableau d'une nature paisible, lumineuse, et le surgissement final d'une mort absurde. I.

La description d’un cadre bucolique (v.

1-4) • Un tableau vivant : Le premier quatrain s’ouvre sur une image foisonnante, lumineuse de la nature ; toutes les sensations s’unissent pour composer un tableau bucolique (« locus amoenus »).

La nature est décrite de manière à créer un sentiment de vie intense : la rivière et la montagne sont personnifiées, l’une « chante » joyeusement et l’autre se montre « fière ».

L'eau est le symbole traditionnel de la vie. • Mouvements et sonorités : Cela commence dans un mouvement du regard descendant. L’enjambement des trois premiers vers semble reproduire la vivacité de son cours, suggérée par l’adverbe « follement » et accélérée encore par les allitérations avec les consonnes liquides [L] et [R].

La sensation de vitesse est renforcée par la répétition de la nasale « an/en » dans « chante », « accrochant », « follement », « argent ».

Il s’en dégage une impression de profusion joyeuse. • Le thème de la lumière : Il est omniprésent.

La métaphore des « haillons d’argent », qui désigne les éclaboussures de la rivière, est suivie de la mention du « soleil ».

Puis, le regard s’inverse, s’élève vers « la montagne fière » et la lumière s’accentue par la description du « soleil », autre symbole de la vie.

Au verbe « luit », mis en valeur par sa position en début du vers 4 (nouveau rejet), répond le substantif « rayons » en fin du même vers.

L’image qui ferme ce premier quatrain, « un petit val qui mousse de rayons », confirme cette impression d’une vie joyeuse et intense. II.

Le portrait du jeune soldat (v.

5-8) • Une continuité apparente : Le portrait du soldat, dans le second quatrain, poursuit dans la même tonalité que le premier quatrain ; la nature est toujours aussi colorée (« cresson bleu », « lit vert » de l’herbe) et lumineuse (« la lumière pleut »).

Ce quatrain reprend également le thème de la vie : le soldat est « jeune », le cresson bleu est « frais ».

Au fil des strophes suivantes, la végétation est précisée par « le frais cresson bleu » et « les glaïeuls » ; l’allitération en [L] au vers 8 illustre ce ruissellement lumineux. • Un rythme en decrescendo : Le second quatrain introduit l’image du soldat sur un rythme marqué par les [e] ouverts prononcés au vers 5 : 5 syllabes pour la vision globale, « Un soldat jeune », puis 4 syllabes, « bouche ouverte », enfin 3 syllabes : « tête nue ».

Ce portrait, dans son immobilité, est paisible. • L'irruption de l'inquiétude : Toutefois, un élément inquiétant apparaît : le soldat est « pâle », pâleur qui annonce le vers final révélant sa mort.

Cet adjectif incite à relire tout le quatrain comme la description d’un corps gisant, ce qui sera accentué dans le tercet suivant.

La position du soldat dans ce décor ressemble aussi à celle d’un gisant sur un « lit », où « la nue » figurerait un drap.... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles