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philo doute: « peut-on douter de tout ? »

Publié le 08/04/2022

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« Douter, c’est remettre en cause ce qu'on pense, hésiter.

Dans la question « peut-on douter de tout ? ». C’est pourquoi dans un premier temps, nous essayerons de savoir s’il est possible de douter de tout, ou y a t-il quelque chose qui puisse résister au doute ? Et, dans un deuxième temps, nous regarderons s’il est permis de douter de tout.

Autrement dit, il s’agira de voir s’il est dommageable, dangereux de douter de tout.

Celui qui doute de tout étant un sceptique, il s’agira donc de se demander si le scepticisme est une position moralement acceptable. Pour voir si l’on peut trouver quelque chose qui résiste au doute, nous allons faire la reprise de la démarche de Descartes dans les Méditations Métaphysiques (1641).

En effet, le philosophe intitule ainsi sa première méditation : « Des choses que l’on peut révoquer en doute ».

Le doute cartésien est à distinguer du doute sceptique.

Dans le doute cartésien, classique, il s’agit de trouver une vérité première, tandis que dans le doute sceptique, il s’agit de douter pour douter. Descartes veut savoir s’il y a quelque chose qui résiste à l’épreuve du doute pour fonder une vérité première sur laquelle s’appuiera sa philosophie.

À l’issue de ses études, rien ne semble assuré au philosophe, alors qu’il désire et cherche à bien conduire sa raison.

En fait, Descartes, en sa jeunesse et à la fin de ses études a connu un doute spontané et profond, une véritable déception.

Le doute méthodique dans les Méditations Métaphysiques n’est donc que la reprise volontaire, réfléchie et calculée d’un état vécu par Descartes.

Descartes, après ses études est allé voir « dans le grand livre du monde » il a voyager, fréquenté toutes sortes de gens et s’est engagé dans l’armée.

Or, ces voyages et ces rencontres, par leur diversité n’ont fait que renforcer son doute.

Aussi Descartes en tire la règle de vie suivante : « J’apprenais à ne rien croire trop fermement de ce qui m’avait été persuadé par l’exemple et par la coutume ».

Descartes éprouve à ce moment de sa vie une grande lassitude et tout lui semble relatif. Mais comme Descartes veut conduire sa vie sur une base ferme « Je pris un jour résolution d’étudier en moi-même ».

Dans ce retournement sur lui-même, le philosophe va faire que tout ce qu’il voit autour de lui soit objet de doute.

Pour ce faire, Descartes explique que son doute va être « méthodique, hyperbolique et radical ».

Si le doute est méthodique, c’est que le philosophe va systématiquement frapper du doute tout ce qui entoure l’homme par étapes.

Le doute de Descartes est hyperbolique, car il va douter de tout ce qui n’est pas certain d’une certitude absolue.

Son doute est enfin radical, car il va traiter comme absolument faux ce qui n’est que simplement douteux. Au début des Méditations Métaphysiques, Descartes se rappelle son enfance : « Dès mes premières années, j’avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables ».

L’enfance, est une période où l’on est passif devant l’enseignement des autres.

On n’a pas encore la maturité nécessaire pour formuler un jugement critique.

Et si nous devons un jour tout remettre en cause c’est « parce que nous avons été enfants avant que d’être hommes ».

Pour lui, il faut trouver une vérité première pour connaître véritablement le monde.

Pour Descartes les sciences doivent reposer sur des principes certains qui les fondent. En effet, pour Descartes, si on ne trouve rien alors les sciences ne sont peut-être que des fables de l’esprit.

Première étape : le doute portant sur les perceptions et sur les sensations.

Descartes constate que spontanément l’homme croit en ses perceptions, l’homme a naturellement tendance à accorder confiance à ses perceptions.

Il fait donc l’effort philosophique d’aller à l’encontre de cette attitude naturelle.

Descartes se sert de l’argument des sens trompeurs, il donne notamment l’exemple d’illusions, de loin une tour carrée apparaît ronde. Descartes ne s’amuse pas à prouver que toutes les perceptions sont fausses, il suffit pour douter des perceptions de faire voir que parfois, elles sont trompeuses.

Mais Descartes va rajouter un autre argument pour pouvoir rejeter de manière plus complète les perceptions.

Après l’argument des sens trompeurs, il va invoquer l’argument du rêve.

Il va faire remarquer que parfois rêve et réalité se confondent.

Et parfois au réveil, on est déboussolé car on croyait réellement vivre la situation rêvée alors qu'on était juste endormi. Ainsi parce que parfois on éprouve des difficultés pour différencier le rêve de l’état de veille; alors Descartes va douter des perceptions d’une manière encore plus radicale.

Le doute portant sur les sciences qui reposent sur les perceptions.

Descartes se dit maintenant qu’il peut douter des sciences comme la physique, l’astronomie, la médecine car ces domaines aussi rationnels reposent sur les perceptions.

Or, Descartes, a mis en doute les perceptions puisque parfois elles sont trompeuses. À ce moment là, le doute de Descartes dans sa radicalité a entraîné la négation du monde extérieur et perçu.

Mais l’entreprise du doute, par extension aboutit aussi à la négation de son propre corps, et Descartes nous dit que si cela se trouve.

Mais il y a encore une catégorie d’objets qui semble échapper encore au doute. Le doute portant sur l’arithmétique et la géométrie.

Descartes se demande quel argument il peut avancer pour douter des vérités des mathématiques et de la géométrie, car l’argument du rêve n’est pas opérant sur ces sciences pures.

Les vérités mathématiques restent les mêmes que l’on rêve ou que l’on soit à l’état de veille.

Alors il va avancer son argument le plus fort dans l’entreprise du doute. Descartes va faire l’hypothèse que si ça se trouve, je n’ai pas été créé par un dieu juste et bon, mais par un malin génie qu’il m’a fait accroire que 2 + 2 = 4, alors qu’en fait 2 + 2 = 5 ! C’est avec cet argument du malin génie que le doute atteint sa puissance maximale. Dans le récit du doute, Descartes souligne à de nombreuses reprises la difficulté du doute « méthodique, hyperbolique, radical ».

Le doute est une opération qui va à l’encontre du mouvement spontané de la vie qui veut que nous croyons en la vraisemblance de nos sensations et de nos perceptions.

A un moment il se demande si la seule vérité qu’il va trouver ne va pas être qu’il n’y a rien au monde de certain ! Descartes a peur que la vérité première soit négative, car si c'est le cas, on ne peut rien faire comme raisonnement solide. Cependant Descartes va trouver une vérité qui résiste au doute.

Il va faire un retour sur soi-même et ne plus douter seulement de son propre corps, mais aussi de son propre esprit.Le philosophe découvre alors que la négation du corps n’entraîne pas la négation de l’esprit.

En effet, même si un malin génie m’a mis des choses fausses à l’esprit, même si ce que je pense est faux,. »

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