MOBUTU Sese Seko (1930-1997)
MOBUTU Sese Seko (1930-1997)
Homme politique congolais, chef de l’État de 1965 à 1997.
On connaît peu de chose sur les premières années de la vie de Mobutu. Né à Lisala le 14 octobre 1930 de parents originaires de la province de l’Équateur, il se dénomme Joseph-Désiré Mobutu jusqu’au moment où, ayant décrété (en 1971) le rejet des noms judéo-chrétiens, il se fait appeler Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga. Il commence des études secondaires chez les missionnaires catholiques mais il est renvoyé, ce qui le conduit à entamer une carrière militaire en 1950. En 1952, il obtient à l’École centrale de Luluabourg un brevet de secrétaire comptable. Affecté à l’état-major de la Force publique à Léopoldville (actuelle Kinshasa), il s’intéresse aussi au journalisme. C’est dans ce cadre qu’il visite la Belgique en 1958. À Bruxelles, il est chargé d’un reportage sur le Congrès de la presse coloniale. Il effectue un stage à l’École de journalisme et suit une formation à l’Institut supérieur d’études sociales.
Les activités journalistiques de Mobutu le conduisent à rencontrer plusieurs leaders politiques parmi lesquels Patrice Lumumba, pour lequel il éprouve une grande admiration. Devenu Premier ministre à l’indépendance (1960), P. Lumumba le nomme secrétaire d’État chargé des questions politiques et administratives. Quatre jours après, alors que la Force publique se mutine, il le nomme commandant de l’armée. La confusion politique et l’opposition entre le chef de l’État, Joseph Kasavubu (1910-1969), et le Premier ministre donnent à Mobutu l’occasion d’un premier coup d’État, le 14 septembre. Il ne prend pas le pouvoir lui-même mais institue un gouvernement de commissaires généraux qui reste en place jusqu’à l’assassinat de P. Lumumba en janvier 1961. Il commande et incarne l’armée nationale confrontée à différentes rébellions. À l’issue de son deuxième coup d’État du 24 novembre 1965, il devient président de la République. Il s’est donné cinq ans pour réinstaurer l’autorité de l’État, mais il conservera le pouvoir pendant trente-deux ans.
Dès le début, son régime se révèle monopartiste et présidentiel, empêchant ou écrasant toute contestation politique de son pouvoir personnel. Mobutu renforce son image à l’étranger en nouant des liens avec des personnalités et des États. Il est durablement soutenu par la France. Des politiques de nationalisation économique et d’africanisation culturelle sont lancées, qui, plus d’une fois, le mettront aux prises avec la Belgique. Il réussit, malgré les contestations, à se maintenir en poste en redistribuant habilement fonctions et prébendes, transformant ainsi la classe politique en clientèle personnelle. En 1990, il accepte d’ouvrir son pays au multipartisme politique, mais, une fois encore, il réussira à manipuler, désamorcer ou « bloquer » le processus de démocratisation. Terrassé par la maladie et confronté à une rébellion-invasion armée à partir de 1996, il se voit contraint d’abandonner la capitale Kinshasa la veille de sa conquête (17 mai 1997) par les troupes de son successeur, Laurent-Désiré Kabila. Il meurt le 7 septembre de la même année en exil au Maroc.