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MÉRIMÉE (PROSPER)

MÉRIMÉE (PROSPER)

Né à Paris le 28 septembre 1803 dans une famille mi-artiste, mi-bohème, Prosper Mérimée, élève brillant mais difficile, gouailleur sous un aspect froid, entreprend après le lycée des études de droit. Sans enthousiasme. Il préfère la littérature. Dandy moqueur, il fréquente les salons où son ironie critique lui vaut quelques inimitiés, il se lie avec Stendhal et écrit Le Théâtre de Clara Gazul qui lui vaut, à 22 ans, la notoriété. Deux ans plus tard, il rencontre Emilie Lacoste (qu'il peindra sous les traits de Diane de Turgis dans la Chronique du règne de Charles IX publiée en 1829) et en tombe amoureux. Le mari provoque le jeune séducteur en duel et le blesse à l'épaule. Mais c'est Émilie qui soignera la blessure de son amant. Leur liaison dure peu. Pour se consoler, Mérimée voyage en Espagne. Il y rencontre la comtesse de Teba : l'une de ses filles sera l'impératrice Eugénie et Mérimée son mentor à la cour de Napoléon III. Après la révolution de Juillet, il devient fonctionnaire. Le soir, ses compagnons de frasques sont Musset, Delacroix, Dumas... En 1834, il est nommé inspecteur des Monuments historiques. Il va parcourir dès lors la France et, pendant vingt-six ans, sauver des centaines d'églises, faire restaurer de nombreux monuments, C'est à son action que l'on doit la sauvegarde de Vézelay, de Notre-Dame de Paris, des remparts d'Avignon... Il a pour collaborateur Viollet-le-Duc dont il doit souvent refréner l'enthousiasme. Il publie la Vénus d'Ille en 1837. D'une tournée en Corse il rapporte Colomba (1840). Carmen paraît en 1845, l'année de sa réception à l'Académie française. Quand il ne s'épuise pas à voyager, il continue à mener de front plusieurs intrigues sentimentales, à écrire. Il apprend le catalan, le grec moderne et le russe, pour le plaisir de traduire Gogol et Tourgueniev, En 1853, l'impératrice Eugénie le fait nommer sénateur. Il devient un personnage quasi officiel à la Cour. Un chagrin d'amour (Valentine Delessert a mis fin à une liaison très orageuse vieille de quinze ans) le rend amer et plus guindé que jamais, du moins en apparence. Souffrant d'asthme, il vit à Cannes une grande partie de l'année, quand il n'accompagne pas l'impératrice, organisant pour elle des soirées « culturelles » avec lectures, charades, bouts rimés... Il invente, pour amuser la Cour, la fameuse « dictée de Mérimée ». Ses dernières années sont pénibles. Ce célibataire regrette de n'avoir pas eu d'enfant et doit refuser, tant la maladie le mine, d'être ministre de l'instruction publique. L'asthme l'étouffe, il souffre trop pour dormir. En 1870, la guerre franco-prussienne le consterne. La défaite française l'accable. Le dandy rigide est devenu un vieillard défait, voûté. Il meurt le 23 septembre, à Cannes.




MÉRIMÉE, Prosper (Paris, 1803-Can-nes, 1870). Écrivain français. D'inspiration romantique dans le choix de ses thèmes, l'oeuvre de Mérimée, par la sobriété stendhalienne de son style et de ses descriptions, appartient à l'art classique. Élevé dans un milieu cultivé, il fit des études de droit mais, passionné de littérature, fréquenta les salons et se lia avec Stendhal. Il connut la notoriété en publiant deux supercheries littéraires (Le Théâtre de Clara Gazul, 1825 ; La Guzla, 1827), puis écrivit un roman historique (la Chronique du règne de Charles IX, 1829), une nouvelle (La Vénus d'Ille, 1837) qui montre son goût du fantastique, et des romans (Colomba, 1840 ; Carmen, 1845). Nommé inspecteur général des Monuments historiques, il voyagea à travers la France (assisté de Viollet-le-Duc), contribuant à sauver son patrimoine architectural. Sénateur sous le Second Empire (1853), il fut aussi un familier de la cour de Napoléon III. Il avait été reçu en 1844 à l'Académie française.

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