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Maniu, Iuliu (Simleul-Silvanei 1873-Bucarest 1951) ; homme politique roumain.

Maniu, Iuliu (Simleul-Silvanei 1873-Bucarest 1951) ; homme politique roumain. Né en Transylvanie - celle-ci faisant encore partie à cette époque de la Hongrie -, M. appartient à la minorité de confession grecque orthodoxe. Issu d'une famille de juristes, il est élu dès 1896 à la présidence du parti national roumain de Hongrie. En 1906, il devient député au Parlement hongrois à Budapest, où il se fait aussitôt le porte-parole des revendications nationales roumaines. M. met tout en œuvre pour le rattachement de la Transylvanie à la Roumanie, qui devient effectif en 1918 à la chute de la monarchie austro-hongroise. En 1926, il fusionne le parti national transylvano-roumain, qu'il dirige, avec le vieux parti paysan roumain, ce qui donne le parti national paysan. En politique étrangère, il cherche dans l'esprit de la Petite-Entente un appui de la France et de la Société des Nations. En politique intérieure, il lutte contre son principal adversaire, le parti libéral. En 1928, son parti remporte une écrasante victoire électorale et forme le nouveau gouvernement. M. cherche à améliorer la situation économique des paysans (levée des taxes d'exportation sur les céréales, hausse des prix à la production). Il ouvre le pays aux capitaux étrangers dans le but de développer l'industrie mais échoue dans sa politique économique car, à la suite de la crise économique mondiale, le prix des céréales chute fortement, ce qui conduit l'économie roumaine à la catastrophe. Il appuie le retour du roi Charles II, qui arrive à Bucarest le 6 octobre 1930. M. est encore une fois en 1932-1933 chef du gouvernement. Jusqu'à la guerre, il est soit dans l'opposition soit au pouvoir. La cession du nord de la Transylvanie à la Hongrie le 30 août 1940 jette M. dans la résistance comme représentant politique des intérêts roumains en Transylvanie. Le 2 septembre 1940, il élève une protestation auprès de Hitler et Mussolini, s'oppose non seulement à l'entrée en guerre de la Roumanie mais encore rejette les propositions sur la Bessarabie. Durant la guerre, il prend part aux tentatives pour parvenir à un cessez-le-feu avec les Alliés. A partir de mai 1944, M. participe activement à un contre-gouvernement secret. Après la chute d'Antonescu le 23 août 1944, un nouveau gouvernement est formé avec la participation du parti national paysan, dans lequel M. a rang de ministre. A la suite de l'influence grandissante de l'Union soviétique, il quitte dès novembre 1944 le gouvernement, mais reste le conseiller du roi Michel. Le 6 mars 1945, les membres du parti national paysan doivent à leur tour se retirer du gouvernement. Dans différents mémorandums adressés aux Occidentaux, M. dénonce les manœuvres perpétrées de 1945 à 1947 par les Soviétiques en Roumanie. Le 19 juillet 1947, son immunité est levée ; il est arrêté et le 11 novembre 1947 condamné aux travaux forcés à perpétuité, mais la peine est commuée en prison à vie en raison de son âge. Il meurt en prison en juin 1951.

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