Databac

Henri le Lion (mort en 1195) ; duc de Saxe [1142-1180] et de Bavière [1156-1180].

Henri le Lion (mort en 1195) ; duc de Saxe [1142-1180] et de Bavière [1156-1180]. Arrière-petit-fils du duc de Bavière Welf IV (t 1101), né du mariage d'Henri le Superbe, duc de Bavière [1126-1139] et de Gertrude de Supplinbourg, père du futur empereur Otton IV, H. est l'une des personnalités marquantes de la Germanie du XIIe siècle. La puissance welfe a été soutenue contre les Staufen par l'empereur Lothaire III, beau-père d'Henri le Superbe qui a reçu le marquisat de Toscane, héritage de Mathilde de Canossa, en 1133 et le duché de Saxe en 1136-1137. En 1138, les prétentions d'H. à la couronne sont soutenues par de nombreux princes, mais il doit s'incliner devant le Staufen Conrad III. A la mort de son père, H., âgé de dix ans, reçoit lui aussi le soutien d'un parti qui lui vaut d'obtenir la Saxe en 1142. En 1147, il participe à la croisade contre les Wendes et développe un pouvoir largement autonome ; en dépit de nombreuses alliances (premier mariage avec Cle-mentia de Zähringen, accord avec Roger II de Sicile), il voit la Bavière lui échapper au profit des Babenberg (Léopold d'Autriche l'avait gagnée sur Henri le Superbe dès 1138; ressaisie par Conrad en 1141-1143, elle est restituée à Henri II d'Autriche, fils de Léopold, en 1143). La situation d'H. change lorsqu'on 1152 monte sur le trône Frédéric Ier Barberousse, cousin d'H. par sa mère Judith de Bavière. La question bavaroise est réglée en 1154-1156 au profit d'H. Le duc voit, pendant une vingtaine d'années, coïncider les objectifs Welfs et Staufen, en Germanie comme en Italie, où il participe à la répression du soulèvement romain (1155) et aux combats des environs de Crema et Milan (1159-1162), comme à la diète de Besançon (1154) et au schisme alexandrin (antipape Victor [IV], 1159). En 1165, son remariage avec une fille du roi d'Angleterre Henri II, Mathilde, répond pour l'heure aux voeux de l'Empereur. Mais l'activité énergique et centralisatrice d'H. dans ses duchés représente pour celui-ci, trop engagé en Italie jusqu'à la paix de Venise (1177), une menace croissante. H. en effet assujettit les comtes au pouvoir ducal, favorise activement la colonisation, associée à un nouveau réseau urbain (fondation de la ville allemande de Lübeck en 1158, préparation de la fondation de Munich). Il s'allie au Danemark de Waldemar Ier [1157-1182], colonise Nordalbingie, Mecklembourg et Poméranie occidentale après sa victoire sur le prince des Slaves obodrites, Niclot, et ses fils (1158-1164), à l'un desquels, Pribislav, il rétrocédera le Mecklembourg sauf Schwerin (1167). Il conquiert le territoire des Ruges en 1168-1171. Il développe le domaine ducal et ses prérogatives, engage un bras-de-fer avec l'archevêque de Brême-Hambourg pour se faire attribuer l'investiture des évêchés d'Oldenbourg, Mecklembourg et Rat-zebourg, confirmée par l'empereur en 1154. Tout est donc préparé pour que Frédéric Ier accueille avec complaisance les plaintes for- mulées contre lui par plusieurs seigneurs de ses territoires (1178) ; après une condamnation pour rupture de la paix territoriale (1179), H. est condamné au plan féodal et pour atteinte à la majesté royale (1180) ; H. voit ses duchés envahis et démembrés (diète de Gelnhausen, 13 avr. 1180) : la Saxe passe à Bernard d'Anhalt, fils d'Albert l'Ours la Bavière à Otton de Wittelsbach ; l'empereur rattache la Westphalie à l'archevêché de Cologne, la Saxe orientale passe dans l'orbite des Ascaniens, les marquisats de Styrie et Istrie aux Wittelsbach. H., révolté, n'a plus qu'à fuir en Angleterre (1182). À deux reprises, il tente de ressaisir ses terres à partir des possessions qui lui avaient été laissées, Lunebourg et Ratzebourg (1185-1189, 1193-1194), mais sans résultat. Bibliographie : C. Higounet, Les Allemands en Europe centrale et orientale au Moyen Âge, 1989.

Liens utiles