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GUERRE DU GOLFE (seconde)

Ouverte par l’invasion du Koweït par l’Irak le 2 août 1990, prenant prétexte d’un litige sur l’exploitation d’une nappe pétrolière frontalière, la seconde guerre du Golfe va marquer un tournant dans l’histoire de la fin du xxe siècle. Le régime de Saddam Hussein s’est fondé sur une vieille revendication territoriale irakienne pour tenter de renforcer son pouvoir dans son propre pays, l’Irak étant sorti financièrement exsangue de « sa » première guerre du Golfe contre l’Iran (1980-1988). L’agression irakienne suscite une vive réaction des États-Unis qui, avec l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, organisent une vaste riposte. Ce sera l’opération Bouclier du désert, mobilisant une vaste coalition de trente-deux autres pays dont le Royaume-Uni et la France, mais aussi des pays arabes et musulmans, comme l’Égypte, la Syrie, le Pakistan, le Bangladesh, le Maroc… Au total, 750 000 hommes sont engagés, dont 510 000 soldats américains. La guerre proprement dite (opération Tempête du désert) se résume à 42 jours d’intenses bombardements aériens, du 17 janvier au 28 février 1991 ; puis à 100 heures de combats terrestres, du 24 au 28 février. D’après des sources américaines, la coalition aurait perdu 350 hommes et il y aurait eu 130 000 morts en Irak. D’autres estimations ont fait état d’un nombre de victimes beaucoup plus élevé, notamment parmi la population civile irakienne. Les infrastructures du pays ont été détruites. Dix ans après le déclenchement du conflit, l’Irak était toujours frappé par un embargo dont souffraient essentiellement les catégories modestes. Saddam Hussein était, quant à lui, toujours au pouvoir. La seconde guerre du Golfe aura marqué un tournant. En Irak même, la coalition a encouragé les opposants à se soulever (insurrections chiite au sud et kurde au nord). Ils sont vivement réprimés, ce qui suscite un exode massif vers les frontières. Une intervention militaire finit par être organisée au nom du « devoir d’ingérence humanitaire », sous couvert du Conseil de sécurité de l’ONU. Une « zone de protection » est créée, qui donne aux Kurdes d’Irak une grande autonomie. Dans le monde arabe, cette guerre « post-guerre froide » a totalement redistribué les cartes. Enfin, les États-Unis apparaissent plus que jamais comme la puissance dictant l’ordre du monde. La guerre du Golfe n’a pas, pour autant, donné la preuve qu’un « nouvel ordre mondial » était né

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