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GREY

Famille anglaise du Northumberland, attachée aux whigs, dont plusieurs membres jouèrent un rôle important. Charles Grey, 2e comte Grey (* Fallodon, Northumberland, 13.III.1764, † Howick House, Northumberland, 17.VII.1845). Homme politique anglais. Principal adjoint de Fox dans sa lutte contre Pitt, il fut premier lord de l'Amirauté et secrétaire au Foreign Office dans le « ministère de tous les talents » de Grenville (1806/07). Leader des whigs à la Chambre des lords à partir de 1807, il se fit l'avocat de la réforme parlementaire et de l'émancipation des catholiques. Premier ministre de 1830 à 1834, à la tête d'un cabinet whig, il imposa, malgré la résistance des Lords, la réforme électorale de 1832, qui assura une meilleure représentation parlementaire de l'Angleterre industrielle ; on lui doit également l'abolition de l'esclavage dans les colonies britanniques. Edward Grey, 1er vicomte Grey of Fallodon (* Londres, 25.IV.1862, † Londres, 7.IX.1933). Homme politique anglais. Ancien élève de Balliol College à Oxford, formé dans la grande tradition libérale de sa famille, il entra aux Communes en 1885 et devint ministre des Affaires étrangères dans les cabinets Campbell-Bannerman et Asquith (1905/16). Bien que profondément attaché à la paix, il jeta un regard lucide sur la menace allemande et resserra l'Entente cordiale en accordant à la France, sinon une garantie formelle, du moins une promesse d'intervention militaire britannique en cas d'agression allemande. Dans le même esprit, il régla les différends anglo-russes en Asie centrale (1907), permettant ainsi l'élargissement de l'Entente cordiale en une Triple-Entente qui encerclait l'Allemagne. Cependant, lorsque l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo ouvrit la crise de 1914, le premier souci de Grey fut de ne rien faire qui pût précipiter l'évolution vers la guerre. Après l'ouverture du conflit, il s'efforça d'attirer l'Italie dans le camp des Alliés et fut l'initiateur du traité secret de Londres (avr. 1915) par lequel la France et l'Angleterre firent à l'Italie des promesses qui ne furent pas tenues au lendemain de la victoire. Son talent diplomatique contribua à gagner l'opinion américaine à la cause alliée. Grey se retira de la politique à la chute du cabinet Asquith. Voir GRANDE-BRETAGNE. La fin du « splendide isolement ».

Grey, Charles, deuxième comte (Fallodon 1764-Northumberland 1845) ; homme politique britannique.

Le nom de G., Premier ministre whig de 1830 à 1834, est intimement lié à la réforme électorale de 1832. G. se définit comme un « aristocrate par la position et la naissance, avec une prédilection pour les anciennes institutions ». Il intervient néanmoins à deux reprises de manière déterminante pour une modification du droit de vote, à chaque fois (1793 et 1830) sous l’influence des révolutions qui se produisent en France. Ses concessions aux revendications de l’opinion publique sont en fait des mesures ayant pour but de couper l’herbe sous le pied aux tendances démocratiques représentées par les radicaux (Cobbett). Les projets proposés par le cabinet G. en 1831 surprennent par leur volonté de satisfaire largement les désirs de la classe moyenne. En revanche, les revendications des travailleurs, qui manifestent parallèlement aux négociations parlementaires, ne sont guère prises en compte. La loi de 1832 transfère, en faveur des villes industrielles très peuplées du Centre et du Nord, qui ont pris leur essor au XVIIIe siècle, 143 sièges de ce qu’on appelle les rotten boroughs (« bourgs pourris » du Sud et du Sud-Est) ; elle augmente fortement le nombre des électeurs, bien que le droit de vote reste dépendant d’un certain niveau de revenus. Du fait des réticences de la Chambre des lords, G. ne peut faire passer sa réforme qu’en demandant au roi la nomination d’environ trente nouveaux lords, nécessaires pour obtenir une majorité. G., qui s’était également prononcé en faveur de l’émancipation des catholiques, fait voter en 1834 le Poor Law amendment Act qui supprime l’assistance à domicile aux indigents et institue les worhouses, dont la sévérité sera en partie à l’origine du chartisme. On doit aussi à G. l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques.

Bibliographie : R. Marx, Histoire du Royaume-Uni, 1967 ; M. Tacel, Restaurations, Révolutions, Nationalités, 1815-1870, 1990, p. 92-94.




GREY, Edward, 1er vicomte Grey of Fallodon (Londres, 1862-près d'Emble-ton, Northumberland, 1933). Homme politique anglais. Ministre des Affaires étrangères (1905-1916), il domina la politique extérieure de la Grande-Bretagne dans la période qui précéda la Première Guerre mondiale. Il resserra l'Entente cordiale avec la France et fut l'artisan de l'accord avec la Russie (1907) qui contribua à établir la Triple-Entente. Au début de la guerre, il réussit à détacher l'Italie de la Triple-Alliance avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie (traité secret de Londres, 1915), la gagnant ainsi à la cause des Alliés. Après s'être retiré de la vie politique, il publia ses Mémoires (Twenty-five Years, 1925).

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