Georges Schehadé
Poète et dramaturge né en 1910 à Alexandrie. De nationalité libanaise, mais de culture française, Georges Schehadé fait son droit à Paris avant d’occuper un poste administratif dans les services culturels français de Beyrouth. Au cours de ses voyages en France, il se lie avec Supervielle, et André Breton, notamment. Le premier, Saint-John Perse découvre sa poésie qu’il publie dans la revue Commerce. Schehadé publie deux recueils, Poésies (1938) et Poésies II (7949), entre autres, avant de se consacrer au théâtre. 1951 : première représentation de Monsieur Bob'le au théâtre de la Huchette par la compagnie Georges Vitaly. Puis, Jean-Louis Barrault monte successivement : La soirée des proverbes (1954): Histoire de Vasco (1956), et Le Voyage (1961). Enfin, en 1966, le théâtre de Bourgogne à Châlon-sur-Saône crée Les Violettes dans une mise en scène de Roland Monod. Schehadé est, par ailleurs, l’auteur du scénario et des dialogues du film de Jacques Baratter Goha (1956).
Si par les idées, l’univers théâtral de Schehadé est à rapprocher de Ionesco et Beckett (refus d’un langage et d’une société conformistes, d’une vie livrée à la mort inéluctable), le timbre très particulier de sa voix lui confère, dans le théâtre d’aujourd’hui, une place originale et inclassable. Non sans l’humour qui lui est familier, Schehadé a d’ailleurs déclaré dans une interview qu’on ne sait pas « à quel genre il appartient. Sans compter que les genres, je les mélange. » En effet, dans toutes ses pièces, voisinent de belles histoires, simples et naïves, teintées d’odeurs et de lueurs orientales, des personnages énigmatiques et cocasses, et un sens mystérieux de la quête au terme de laquelle se trouve une hypothétique vérité. Il est frappant que cet humour, cette poésie légère, rafraîchissante s’allient dans Monsieur Bob’le, Les violettes, La soirée des proverbes ou encore L'émigré de Brisbane à un dénouement toujours marqué par la mort du « héros », dernier acte par lequel il tente d’échapper à la décadence d’un univers mensonger. Poète qui fut d’abord attiré par le surréalisme Schehadé sait qu’« un rêve est une lucarne » (Histoire de Vasco), lucarne à travers laquelle perce un mélange ineffable de merveilleux et de quotidienne poésie.