GANDHI (Mohandas Karamchand) / Gandhi, Shrimati Indira (Allahabad 1917-New Delhi 1984)
GANDHI (Mohandas Karamchand), surnommé le Mahatma («la Grande Âme»), apôtre national et religieux de l’Inde (Porbandar 1869 - New Delhi 1948). Né dans une famille pieuse du Kathiawar, il fut influencé par le jaïnisme et sa théorie de l'ahimsa (non-violence). Pacifiste fervent, animé d’un grand esprit de justice et de compassion. C’est, avec son amour pour l’Inde, ce qui aura été toute sa vie le but de ses actions et de ses écrits. Il fut élève de l’université d’Ahmadabad, puis devint avocat à Bombay. Il participa intensément à la vie politique de son pays, soutenant les communautés indiennes d’Afrique du Sud, et prit part à tous les mouvements de revendication de l’indépendance nationale. Arrêté comme agitateur, il s’affirma comme un résistant à l’Angleterre et fit de fréquents séjours en prison. Devenu un héros national après de spectaculaires mais sincères grèves de la faim, il fit aussi faire de grands pas au parti de l’indépendance. Il s’efforça de soulager la misère des Intouchables et tenta de supprimer l’ostracisme dont ils sont encore l’objet, ce qui lui valut l’opposition de certains brahmanes. Cherchant une solution au problème musulman, il eut des ennemis. C’est ainsi qu’un brahmane hostile appartenant au «Mahasabha», société secrète d’ultra-hindouisme, fut un jour l’assassin de celui qui, dans son pays, était devenu le pur héros, le saint et le guru le plus écouté. Le 30 janvier 1948, son bûcher funèbre, sur les bords du Gange, fut entouré d’une foule immense et consternée. Ses cendres furent jetées dans le Gange. Sa vie exemplaire est universellement honorée. Gandhi était un sage qui, s’il a laissé surtout des ouvrages politiques, a donné son enseignement à un petit nombre de partisans dans son ashram et a prêché la simplicité de vie pour tous. Il n’a pas établi de doctrine religieuse, mais ayant connu le christianisme et approfondi les philosophies de l’Inde, il a pratiqué un large syncrétisme à base néo-hindouiste tout en laissant une place à une certaine forme de compassion bouddhique.
GANDHI (Mohandas Karamchand), surnommé le Mahatma (« la Grande Âme »), apôtre national et religieux de l'Inde (Porbandar 1869 - New Delhi 1948). Issu d'une famille riche et cultivée, il fut élève de l'université d'Ahmadabad, fit ses études juridiques à Londres (1888-1891), puis devint avocat à Bombay. Il fut l'âme du mouvement protestataire qui, pratiquant une double tactique (d'une part, non-participation aux emprunts, grève des tribunaux, boycottage des écoles du gouvernement, refus de tout poste civil ou militaire; d'autre part, revendication de l'indépendance nationale), aboutit effectivement à l'indépendance de l'Inde (15 août 1947). Prophète de la non-violence, son arme était le jeûne. Sa doctrine politique et morale, fondée en outre sur la valeur spirituelle du travail domestique, dérivait de la religion jaïna, à laquelle il appartenait (le droit au suicide par jeûne est inclus dans la doctrine jaïna). Paradoxalement, Gandhi n'était pas un théoricien, mais un homme d'action, se rendant sur les lieux des combats, organisant des « meetings de prières », agissant sur les masses indiennes par la parole. Ce fut un personnage complexe, à la fois pur et rusé, mélange étonnant de politicien et de saint, paysan madré et philosophe inspiré. Il reste un symbole éternel du « vrai philosophe » qui, après Socrate et peut-être Pyrrhon, fit de sa vie elle-même un enseignement pour le monde.
Gandhi, Shrimati Indira (Allahabad 1917-New Delhi 1984) ; Premier ministre de l’Inde [1966-1984].
Fille unique de Jawaharlâl Nehru et fille spirituelle du Mahâtmâ Gandhi, née dans la ville sainte d’Allahabad et entourée de militants de l’indépendance indienne, G. entre au parti du Congrès dès 1938, pendant ses études à Oxford. Elle est emprisonnée pendant treize mois pour activités subversives (1942). Après l’indépendance (1947), elle travaille sous la direction de Gandhi et assiste son père, Premier ministre. À partir de 1959, elle préside le parti et participe au gouvernement. Premier ministre elle-même en 1966, elle affronte la famine, le règlement d’une guerre avec le Pakistan et une crise économique dramatique. G. entreprend alors de sauver l’indépendance du pays en paralysant les caciques du parti hostiles à ses réformes, lance le développement économique (réforme agraire, création d’une industrie) et maintient fermement le principe de non-alignement de l’Inde. G. parvient à chasser la famine et à créer une classe moyenne indienne sur laquelle s’appuie la démocratisation de la société, même si de grandes disparités régionales demeurent. Mais elle échoue dans la pacification des conflits interethniques, dont son assassinat par un garde du corps sikh est l’illustration. Sa plus belle réussite tient dans la confiance rendue à un peuple meurtri par la famine et les inégalités sociales. Bibliographie : I. Gandhi, Ma vérité, 1980.
GANDHI, Indira (Allâhâbâd, 1917-Delhi, 1984). Femme politique indienne, fille de Nehru. Premier ministre (1967-1977 ; 1980-1984), elle dut affronter les revendications ethniques et linguistiques qui menacent l'unité de l'Inde, et fut assassinée par des extrémistes sikhs. Son fils Rajiv lui succéda à la tête du Congrès et à la tête du gouvernement (1984-1989). Il fut tué dans un attentat à Madras (1991). Voir Congrès (Parti du).
GANDHI, Mohandas Karamchand (Porbandar, 1869-Delhi, 1948). Avocat et homme politique indien. Surnommé le Mahatma (« Grande Ame »), ascète nourri de spiritualité hindoue, il lutta pour l'indépendance de l'Inde. Issu d'une famille riche et cultivée appartenant à l'administration locale, il étudia à l'université d'Ahmadâbâd et à Londres (1888) où il devint avocat. Il exerça sa profession à Bombay puis en Afrique du Sud (1893-1914) où il se consacra à la défense des minorités indiennes. Cette période africaine fut pour Gandhi fondamentale. Il y approfondit ses convictions et ses connaissances religieuses mais aussi les bases doctrinales de son action politique, les deux étant intimement liées. Il fonda son idéal sur la satyagraha ou l'« étreinte de la vérité », qui subordonne la politique au spirituel, et préconisa comme mode d'action une non-violence active à l'égard des autorités britanniques, qui devait s'exprimer sous diverses formes, comme la désobéissance civile, le jeûne, le boycott des activités et des fonctions liées à la présence britannique ou le refus de l'impôt. Rentré définitivement en Inde en 1914, Gandhi s'engagea après la Première Guerre mondiale dans une lutte ouverte contre l'occupant britannique, prônant la désobéissance civile comme le boycott des produits importés d'Angleterre, ce qui lui valut de nombreux emprisonnements tout en le consacrant comme héros national. Il laissa à partir de 1928 la direction du mouvement national à Nehru et se consacra à la défense des intouchables. Militant à nouveau pour l'indépendance nationale, il lança en 1942 son fameux « Quit India ». Emprisonné pendant deux ans (1942-1944), libéré en mai 1944 après une longue grève de la faim, Gandhi participa aux négociations qui aboutirent à l'indépendance de l'Inde mais aussi, contre ses rêves les plus chers, à la partition du Pakistan. Gandhi assista alors à des émeutes d'une rare violence entre hindous et musulmans. Multipliant prières et jeûnes, il tenta de rétablir la paix religieuse mais fut assassiné par un hindouiste fanatique qui ne lui pardonnait pas sa tolérance à l'égard des musulmans. Ses cendres furent jetées dans le Gange en présence d'une foule immense. Voir Hindouisme.