Éthiopie (Église d')
Éthiopie (Église d'). Le christianisme fut établi en Éthiopie vers 330 par un jeune chrétien de Tyr, Frumentius, qui avait fait naufrage en mer Rouge. Il fut sacré évêque par saint Athanase d’Alexandrie. Il pénétra dans ce pays montagneux par sa grande voie d’accès, l’Érythrée, qui avait été jadis utilisée par les envoyés de la reine d’Égypte, Hatshepsout, et peut-être aussi par la reine de Saba. Une autre voie était la grande route caravanière passant par Axoum, qui sans doute apporta dans le pays un culte arabique dont on sait peu de choses. Par cet accès aussi l’islam tenta à plusieurs reprises de pénétrer, mais, fait curieux, contrairement à tous les pays environnants, l’Éthiopie résista farouchement, de telle sorte qu’elle est restée pendant des siècles le seul pays chrétien d’Afrique. Sa réputation était grande, et le Moyen Age occidental a cru situer le pays fabuleux du prêtre Jean en cette Éthiopie mystérieuse qui était peut-être le «Pount» des pharaons ou l’«Ophir» du roi Salomon. Très anciens sont les églises et monastères rupestres de la région de Lalibéla, ornés de fresques d’influence byzantine et copte. A partir du XVIe s., quelques voyageurs arméniens et portugais apportèrent des influences étrangères dans la décoration, mais le plan des églises reste particulier, et leur forme circulaire rappelant celle des huttes de la région est très curieuse. L’Église éthiopienne était jusqu’à une date récente rattachée à l’Église copte; le patriarche, l'abouna, était nommé par le patriarche d’Alexandrie. Aujourd’hui, l’Eglise d’Éthiopie est complètement indépendante, et son chef - spirituel réside à Addis-Abéba. Elle est monophysite, garde beaucoup de particularismes et admet de nombreuses coutumes judaïques comme les interdits alimentaires de la loi mosaïque, la circoncision et l’observance du sabbat.