Databac

CRISPI Francesco 

Homme politique italien. Il participa à la révolte de la Sicile contre les Bourbons en 1848/49, devint le proche collaborateur de Mazzini, joua un rôle de premier plan dans l'expédition des Mille (v.) et devint ministre de l'Intérieur de la Sicile libérée. Rallié à la maison de Savoie en 1864, il devint ministre de l'Intérieur de Depretis de déc. à mars 1877, puis en 1887. Président du Conseil (1887/91 et 1893/96), il pratiqua une politique anticléricale mais dut faire face au mouvement paysan des fasci en Sicile et à des menées anarchistes, qu'il réprima vigoureusement. Il renforça les liens avec l'Allemagne et l'Autriche et adopta une attitude provocatrice à l'égard de la France. En Afrique orientale, malgré la défaite italienne de Dogali (26 janv. 1887), il obtint du négus la reconnaissance de la colonie italienne d'Érythrée mais, en interprétant le traité d'Uccialli (1889) pour étendre le protectorat italien à l'Abyssinie, il provoqua une guerre qui aboutit au désastre italien d'Adoua (1er mars 1896). Crispi dut aussitôt démissionner et abandonna complètement la vie publique.

Crispi, Francesco (Ribera 1818-Naples 1901) ; homme politique italien.

Originaire de Ribera dans la province d’Agrigente, C. est acquis dès sa jeunesse à la pensée libérale, dans une Sicile dominée par le régime des Bourbons. Poursuivi en 1848 pour avoir participé à la révolution de Palerme, il doit abandonner son cabinet d’avocat de Naples. Dans son exil piémontais, il se consacre à des études historiques et déploie une intense activité journalistique. Après l’échec de l’insurrection de Milan en 1853, à laquelle le « grand conspirateur sicilien » a de nouveau pris part, il cherche refuge successivement à Malte, Londres et Paris. Son ami Mazzini le charge d’organiser pour le parti d’action démocratique le soulèvement qui contribuera au succès de Garibaldi dans son expédition des Mille. Autrefois ardent défenseur d’une autonomie sicilienne, C. se rallie, sous l’influence de Mazzini, à l’idée d’une Italie démocratique unie. Mais après la proclamation du royaume d’Italie sous Victor-Emmanuel II, et depuis qu’il est lui-même député de la gauche libérale au Parlement de Turin, ses convictions connaissent un nouveau revirement au profit, cette fois, de la monarchie piémontaise qu’il avait préalablement combattue. Accusé à tort, comme on le reconnaîtra plus tard, de bigamie, il interrompt sa carrière politique en 1878. Après la mort de son ami politique Depretis (1887), dans le cabinet duquel il a été deux fois ministre de l’intérieur, il prend lui-même la tête du gouvernement, qu’il dirige jusqu’en 1896, avec deux années d’interruption. Le gouvernement autoritaire de C., face à une opposition faible désunie et parfois corrompue, caractérise cette décennie de politique italienne au point qu’on parle souvent de l'ère Crispi. Il est lui-même éclaboussé par le scandale de la Banque romaine (1893), dont il ne parvient pas à se blanchir complètement. Cette époque est marquée par des mesures de restriction et des augmentations d’impôts draconiennes sous les ministres des Finances Sonnino et Giolitti, et par la répression impitoyable des soulèvements ouvriers et ruraux de l’Italie du Sud. L’attitude intransigeante de la France dans la question tunisienne fait de C., ardent partisan d’une expansion coloniale italienne en Afrique du Nord, un défenseur convaincu de la Triple-Alliance. Il consolide cette politique par des relations personnelles avec Bismarck, suscitant ainsi une vague de protestations en France comme dans les milieux francophiles de l’Italie. L’échec de sa politique d’expansion coloniale fait de C. l’homme le plus détesté de l’Italie, responsable de la défaite des Italiens à Adoua le 1er mars 1896 devant une armée d’indigènes africains : l’amour-propre militaire et le prestige de l’Italie en sont profondément affectés. C. se voit contraint à renoncer à toute activité politique. Il consacre les années qui lui restent à raconter et justifier sa vie dans ses Mémoires avant de mourir le 11 août 1901 à Naples. Par la suite, C. sera souvent considéré dans l’Italie fasciste comme le précurseur du régime totalitaire et antiparlementaire, alors qu’il est toujours resté fidèle à ses principes libéraux. Mais les fascistes seront en droit de voir en lui l’initiateur de la politique de conquête de l’Éthiopie.

CRISPI, Francesco (Ribera, Sicile, 1818-Naples, 1901). Homme politique italien. Président du Conseil, il domina la vie politique italienne de 1887 à 1896. Il imposa, à l'intérieur, un régime conservateur et autoritaire et tenta, à l'extérieur, de faire de l'Italie une grande puissance coloniale. Avocat à Naples, il participa à la révolution de 1848 contre les Bourbons de Sicile et dut s'exiler pendant dix ans. Devenu collaborateur de Mazzini, favorable à l'instauration d'une République italienne, il revint en Sicile en 1859 et organisa l'expédition des Mille de Garibaldi (1860). Ministre de l'intérieur dans le gouvernement de la Sicile libérée, il s'opposa à l'annexion de Naples et de la Sicile par le Piémont puis, député d'extrême gauche au Parlement italien (1861), il se rallia officiellement au roi Victor-Emmanuel II (1865). Président de la Chambre (1876) puis ministre de l'intérieur (1877-1878), il devint, après avoir été éloigné un temps de la vie politique pour scandale familial, président du Conseil (1887-1891 ; 1893-1896). Admirateur de Bismarck, il n'entendait tolérer aucun désordre à l'intérieur. Gouvernant de façon personnelle et fort de l'appui du roi Humbert Ier, il lutta énergiquement contre la propagande socialiste, l'agitation ouvrière et les attentats anarchistes. D'un nationalisme exalté, Crispi se lança dans la constitution d'un empire colonial italien, son grand dessein étant d'imposer un protectorat à l'Ethiopie à partir des possessions déjà acquises en Erythrée et en Somalie. Ses ambitions furent cependant anéanties par la défaite d'Adoua (1896) qui provoqua sa démission et mit fin à sa carrière politique. Crispi avait resserré en Europe les liens de la Triple-Alliance et pratiqué une politique agressive à l'égard de la France, à qui il reprochait l'annexion de la Tunisie (1881), lui déclarant une véritable guerre douanière. Malgré sa dictature, Crispi resta aux yeux d'une majorité d'Italiens le symbole de l'ordre et de la grandeur impériale. Voir Depretis (Agostino), Éthiopie (Guerre d'), Révolutions de 1848.

Liens utiles