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CORSE

Île française de la Méditerranée occidentale, chef-lieu Ajaccio. Au IIIe millénaire av. J.-C., sa population ibère et celto-ligure a développé une civilisation mégalithique. Colonisée par les Phocéens, qui y fondèrent Alalia vers 560 av. J.-C., elle passa sous la domination carthaginoise (IVe s.), puis aux Romains, qui mirent près d'un siècle (259/163) à imposer leur autorité aux indigènes. Déçus par la rudesse du pays et par les soulèvements continuels de la population, les Romains firent de l'île un lieu de bannissement. conquise par les Vandales, puis par Bélisaire (533) et par les Sarrasins (713), la Corse passa au XIe s. sous la souveraineté des papes, qui la cédèrent à Pise en 1098. Elle fut contestée aux Pisans par les Génois qui s'emparèrent de l'île après la victoire de la Meloria (1284). Du XIVe au XVIIIe s., Gênes ne cessa d'affronter révoltes et soulèvements que favorisèrent diverses puissances rivales, comme l'Aragon et la France. De nouvelles révoltes corses éclatèrent encore en 1729, en 1731, en 1736 - avec le baron de Neuhof -, enfin, en 1755, avec Pasquale Paoli, qui, en quelques mois, se rendit maître de tout l'intérieur de l'île. Confinés dans les villes côtières, les Génois abandonnèrent l'île ; par la convention de Compiègne (1764) et le traité de Versailles (1768), ils vendirent à la France leurs droits sur l'île. La prise de possession effective ne se fit pas sans résistance des Corses, mais les troupes de Paoli furent définitivement vaincues à Pontenuovo (9 mai 1769). La Corse réunie à la France fut administrée avec libéralisme par Marbeuf (1768/86). Au début de la Révolution, en 1790, Paoli revint en Corse et fut nommé gouverneur et commandant de la garde nationale. En difficulté avec les Jacobins puis avec la Convention elle-même, il appela les Anglais, qui débarquèrent dans l'île de févr. 1794 jusqu'au mois d'août 1796. La Corse, qui avait formé un département en 1791, puis deux (le Golo et le Liamone) en 1793, n'en fit plus qu'un en 1811. Île natale de Napoléon Ier, elle devait rester longtemps un bastion du parti bonapartiste. Occupée par les Italiens (nov. 1942), puis par les Allemands, la Corse, où la Résistance regroupa 10 000 hommes et provoqua le soulèvement d'Ajaccio et de Bastia, fut reconquise par des troupes françaises débarquées d'Afrique du Nord (12 sept./4 oct. 1943) ; ce fut le premier territoire libéré de la France métropolitaine. La pauvreté de leur pays et son sous-équipement rural et industriel ont conduit les Corses à émigrer dès le XIXe siècle vers les départements méridionaux du continent et à occuper des emplois administratifs dans la France d'outre-mer, puis en métropole. Mais le nationalisme corse restait vivace et s'était manifesté, dès 1926, avec la création d'un parti corse autonomiste (PCA). Les premiers attentats, en 1965, suivirent de peu l'attribution à des rapatriés d'Algérie de nouvelles terres agricoles gagnées sur la plaine orientale à la faveur de l'éradication du paludisme. En 1975, l'occupation d'une cave vinicole d'Aléria, où deux gendarmes furent tués, attira l'attention sur les revendications des nationalistes, qui, au-delà de la reconnaissance de leur identité culturelle, exigeaient de contrôler les moyens et les produits du développement économique. L'année 1976 vit naître le Front nationaliste de libération de la Corse (FLNC), indépendantiste, et 1977 celle de l'Union du peuple corse (UPC), autonomiste. La gauche, au pouvoir en 1981, choisit la régionalisation et amnistia les auteurs des attentats qui s'étaient multipliés. L'île devint communauté territoriale de plein droit avec un président de l'Assemblée responsable de l'exécutif régional et un préfet devenu commissaire régional. Élue au suffrage universel direct et à la représentation proportionnelle à l'automne 1982, l'Assemblée de Corse (22 sièges à la gauche et 26 à l'opposition) était difficilement gouvernable à cause des « petites listes » de « non-alignés » (6 sièges) s'ajoutant aux autonomistes de l'Union du peuple corse (7 sièges). Le retrait des autonomistes de l'Assemblée empêcha la formation d'une majorité. En avr. 1984, son président en demanda la dissolution. De nouvelles élections donnèrent une courte majorité à l'opposition de droite. Les attentats contre les symboles de l'État se poursuivirent dans l'île, mais aussi sur le continent. En 1991, le Parlement français vota un nouveau statut de la Corse, étendant les prérogatives de l'Assemblée régionale. Confronté à une nouvelle vague de violences, le Premier ministre Alain Juppé annonça, en juill. 1996, la création dans l'île d'une zone franche. Celle-ci ne changea rien à une situation explosive qui culmina, en févr. 1998, avec l'assassinat du préfet de l'île, Claude Érignac. Sous l'impulsion du ministre de l'Intérieur J.-P. Chevènement, le nouveau préfet, Bernard Bonnet, pratiqua une politique répressive, tandis qu'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion de l'argent public et le fonctionnement des administrations dressait un bilan sévère de la situation. Cette politique fut abandonnée et le Premier ministre Lionel Jospin entama des pourparlers avec l'Assemblée territoriale élue en mars 1999, où la droite dominait encore malgré la progression des nationalistes de Corsica Nazione. L'accord-cadre sur la Corse, présenté comme une nouvelle étape de la décentralisation, prévoyait d'abord un large transfert de pouvoirs puis la mise en place d'une collectivité unique à la place des deux départements existants ; il fut approuvé en juill. 2000 par l'Assemblée de Corse, ce qui provoqua la démission du ministre de l'Intérieur J.-P. Chevènement. Les violences continuèrent cependant, en particulier au sein des mouvements nationalistes. Après diverses modifications, l'accord est appliqué depuis l'année 2002.   ACHAT DE LA CORSE • 15 mai 1768 En ce printemps de 1768, la République de Gênes est aux abois. En mai, à Versailles, ses représentants parviennent à un accord avec le ministre de Louis XV, le duc de Choiseul. Par un traité signé le 15 mai, les Génois cèdent à la France tous leurs droits de souveraineté sur la Corse en échange du versement d’une forte somme d’argent. Les Français occupent tout d’abord le nord, mais ils vont bientôt se heurter à la résistance des Corses et seront même battus à Borgo à l’automne 1768. Le soulèvement nationaliste mené par Paoli sera maté à Ponte Nuovo le 9 mai 1769. Nommé gouverneur de l’île, le comte de Marbeuf initiera une politique d’assimilation et enverra plusieurs jeunes gens faire des études militaires sur le continent en tant que boursiers du roi, parmi lesquels un certain Napoléon Bonaparte...

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