CONFUCIANISME
L'un des grands systèmes moraux et religieux de la Chine, fondé par Confucius, nom latinisé de K'ong fou-tseu, Kongfuzi en pinyin (* vers 551, vers 479 av. J.-C.). Fonctionnaire, puis professeur de sagesse morale et politique, Confucius compila et épura les enseignements des Anciens, vaste travail d'où sortirent les cinq Classiques, véritable Bible de la civilisation chinoise. Il se pourrait que seul le Tch'ouen ts'ieou ait été rédigé - et pour une partie seulement - par Confucius lui-même. Les autres enseignements personnels du sage nous ont été conservés par ses disciples, avec plus ou moins d'exactitude, dans les « Quatre Livres » (le Louen yu, le Tchong yong, le Ta hio et le Möng-tseu). Confucius fut un esprit essentiellement conservateur, profondément attaché à la tradition, et qui, dans une Chine en désarroi, déchirée par les rivalités des principautés féodales (v. CHINE. Des origines à la fin des Tcheou), ne voyait de salut moral et politique que dans le retour aux coutumes ancestrales. Indifférent aux problèmes vraiment religieux et métaphysiques, tourné vers l'action pratique, il conçut toute la vie chinoise sur la base d'une morale patriarcale de clan, tempérée par les vertus d'amitié et d'équité. Les deux principaux disciples de Confucius furent, au IVe s. avant notre ère, Möng-tseu (appelé souvent Mencius par les Occidentaux) et Siun-tseu. Le pessimisme de ce dernier n'eut qu'une influence temporaire. Möng-tseu devait, au contraire, donner le ton pour des siècles à l'orthodoxie confucéenne. Il s'efforça d'imposer la primauté de la classe des Lettrés. Ce premier élan du confucianisme fut brisé par le fondateur de l'Empire chinois, Ts'in Che Houang-ti, qui, conseillé par les légistes, ordonna, en 213 av. J.-C., la destruction des livres confucéens qui furent reconstitués au Ier s. avant notre ère. La dynastie des Han favorisa le confucianisme, dont la doctrine, foncièrement conservatrice, apparut dès lors comme un précieux appui pour le pouvoir impérial. Dès le IIe s. avant notre ère s'affirma cette suprématie des Lettrés confucéens qui devait rester, jusque dans les Temps modernes, un des traits caractéristiques de la vie chinoise. Le confucianisme, humanisme politique à l'usage de l'élite, n'empêcha pas la diffusion du taoïsme et surtout du bouddhisme, qui allait pénétrer la société chinoise. C'est seulement au VIIe s., sous les T'ang, que le confucianisme connut une renaissance. En face du bouddhisme, les confucéens hésitaient entre le refus de tout compromis et la tentation d'intégrer à leur tradition des éléments d'origine bouddhique et indienne. C'est cette dernière tendance qui l'emporta, à partir du XIIe s., dans le « néoconfucianisme », dont le meilleur représentant fut Tchou-hi ( 1200). En marge des développements philosophiques s'élabora très tôt un culte de Confucius. Dès 59 de notre ère, les Han prescrivirent qu'il devait recevoir chaque année des offrandes dans toutes les écoles chinoises. En 442, un empereur, d'ailleurs taoïste, fit élever près de la tombe du sage un temple dédié à sa mémoire. En 505, un autre empereur, bouddhiste celui-ci, consacra à Confucius un temple dans la capitale. Il s'agissait, en fait, d'un culte civique, sans véritable signification religieuse. À la fin du siècle dernier, un groupe de lettrés progressistes et ouverts aux idées occidentales, dont l'animateur était K'ang Yeou-wei, rêva de faire du confucianisme la base d'une modernisation de la Chine. Dans les années 1910, au contraire, Hou Che et les jeunes intellectuels de la « Renaissance chinoise » dénoncèrent comme anachronique « le vieux magasin d'antiquités confucéen ». Tchang Kaï-chek estima cependant que la Chine nouvelle ne pouvait rompre avec une tradition millénaire, et il associa étroitement le confucianisme à son mouvement de la Vie nouvelle, lancé en 1934. Le communisme maoïste s'est efforcé d'effacer de la mentalité chinoise l'empreinte d'une doctrine à laquelle il reproche surtout d'engendrer le fatalisme et la passivité. En 1974, fut lancée une grande campagne contre le féodalisme de Confucius.
Cependant, dès la mort de Mao en 1976 et la destitution de la « bande des quatre », l'attitude du pouvoir chinois envers le confucianisme se fit plus nuancée. Au fur et à mesure que la Chine populaire s'engageait, sous l'égide de Teng Hsiao-ping dans la voie du « socialisme de marché », une place plus importante a été ménagée par les autorités communistes aux valeurs confucéennes qui les considèrent comme une part irremplaçable de l'identité du pays. De plus, les principes économiques véhiculés par le confucianisme (notamment l'épargne et le cadre familial de la vie économique) représentent, pour les dirigeants de la Chine, un soutien moral aux réformes économiques adoptées à partir des années 1980. En Chine nationaliste (Taiwan), le confucianisme est demeuré, depuis la fondation, en 1950, de la république de Chine, la philosophie officielle du régime. Et, à Singapour, les valeurs confucéennes sont une référence constante pour les dirigeants de la cité-État. Enfin, le confucianisme conserve tout son poids philosophique et religieux dans les communautés chinoises établies hors du pays, principalement en Asie du Sud-Est, en Amérique du Nord et en Europe occidentale.
CONFUCIANISME. Nom donné aux idées issues de l'enseignement du grand philosophe chinois Confucius. Le confucianisme enseigne le respect de l'autorité et des hiérarchies : soumission du fils à son père, du sujet à son souverain, du cadet à l'aîné, de la femme à son mari et loyauté de l'ami envers l'ami. Cette doctrine respectueuse des traditions et très conservatrice influença la civilisation chinoise jusqu'au XXe siècle.