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CHOISEUL Étienne François, duc de

Homme politique français. Fils de François Joseph de Choiseul-Stainville, chambellan du duc de Lorraine, il fut secrétaire d'État aux Affaires étrangères (1758/61), à la Guerre (1761/70) et à la Marine (1761/66) ; il renforça l'alliance autrichienne, oeuvra au pacte de Famille (v.) (1761), réorganisa profondément l'armée et la marine et acheta la Corse aux Génois (1768). Gallican convaincu, ami des Encyclopédistes, il fit expulser les jésuites (1764). Attaqué par le parti dévot et accusé de ruiner les finances par sa politique d'armement, Choiseul fut disgracié en déc. 1770.

Choiseul, Étienne-François, comte de Stainville, duc de (Nancy 1719-Paris 1785) ; ministre de Louis XV. Grâce à l’entremise de Mme de Pompadour, le futur duc de C., à la fois lorrain et français d’origine, courtisan accompli, brillant, prodigue et totalement irréligieux, devient après avoir fait une brève et remarquable carrière d’officier, maréchal de camp en 1748, puis ambassadeur à Rome (1753-1757) et à Vienne (1757-1758), où il contribue à sceller l’alliance entre la France et l’Autriche. Entre 1758 et 1770, il dirige pratiquement la politique française, sans avoir toutefois le titre de Premier ministre, et tout en tenant compte des humeurs de Mme de Pompadour. Successeur de Bernis aux Affaires étrangères à partir de décembre 1758, il reçoit en outre les secrétariats à la Guerre, en 1761, et à la Marine, en 1763, et gouverne en partageant ces tâches avec son parent Choiseul-Praslin. Au cours de la guerre de Sept Ans, il essaie de renforcer la position de la France vis-à-vis de son ennemie l’Angleterre en concluant le « pacte de famille » avec tous les Bourbons régnant en Europe (1761), puis, plus tard, en mettant sur pied le mariage du dauphin avec Marie-Antoinette (1770), et en introduisant dans l’armée des réformes inspirées de l’exemple prussien. Il accorde une attention toute particulière à l’amélioration technique de l’artillerie (rôle de l’ingénieur Gribeauval) : les progrès obtenus dans ce domaine expliquent en partie les victoires ultérieures des armées révolutionnaires. La marine reçoit également une nouvelle impulsion grâce à l’augmentation du nombre des bateaux de guerre, à l’installation d’arsenaux et à la réorganisation de l’Académie de Marine. Ces mesures ne lui permettent cependant pas de surmonter la crise profonde que traverse le régime, et ce d’autant moins qu’il diffère, contre l’avis des contrôleurs généraux successifs Bertin et Laverdy, la réforme des finances devenue urgente pour ne pas être contraint de toucher aux privilèges. Son grand principe est de vouloir ménager les Parlements alors que ceux-ci, en étant presque constamment dans l’opposition, contribuent surtout à protéger les privilèges. Pour rallier leurs faveurs, il fait abolir la Compagnie de Jésus (1764) et expulser les jésuites (1767). Mais les cabales de la famille royale, ainsi que l’hostilité de la nouvelle maîtresse de Louis XV, Mme du Barry, sapent sa position. Attaqué par le parti dévot comme par ceux qui lui reprochent de ruiner les finances par sa politique d’armement, il est disgracié en décembre 1770. On ne lui sut pas gré d’avoir incorporé au royaume le territoire de la Lorraine (qui revint à la France en 1766 après la mort de Stanislas Leczinski), ni d’avoir annexé la Corse (1768), ce qui permit à l’Ancien Régime de réaliser pratiquement, peu avant sa chute, l’unité nationale. Très populaire, il passe le reste de sa vie dans sa propriété de Chanteloup en Touraine, entouré d’une société brillante à laquelle se joignent de nombreux opposants.

Bibliographie : J. Levron, Choiseul : un sceptique au pouvoir, 1977 ; H. Verdier, Le Duc de Choiseul (la politique et les plaisirs), 1969 ; Duc de Choiseul, Mémoires, éd. par G. Mau-gras, 1901.




CHOISEUL, Étienne François, comte de Stainville, puis duc de (Nancy, 1719-Paris, 1785). Homme politique français. Il mena durant huit ans la politique extérieure de la France, consacrant toute son énergie à lutter contre l'Angleterre. Ami des encyclopédistes, il soutint les parlementaires dans leur opposition au pouvoir royal, ce qui entraîna sa disgrâce. Fils d'un grand chambellan du duc François de Lorraine, il commença une brillante carrière militaire et épousa la fille d'un riche financier. Devenu le protégé de Mme de Pompadour à partir de 1752, il fut nommé ambassadeur à Rome (1754-1757), puis à Vienne (1757-1758), où il confirma le renversement des alliances de 1756, la Prusse devenant l'ennemi commun de la France et de l'Autriche. Fait duc (1758), Choiseul atteignit le sommet de sa carrière en occupant le poste de secrétaire d'État aux Affaires étrangères (1758-1761), puis de secrétaire d'État à la Guerre et à la Marine (1761-1766). Au cours de la guerre de Sept Ans, il s'efforça de renforcer la position française en concluant le pacte de Famille entre les Bourbons (1761). Après le traité de Paris (1763), décidé à préparer la revanche contre l'Angleterre, Choiseul renforça et modernisa l'armée et la marine et négocia l'achat de la Corse (1768), afin de rétablir les positions stratégiques françaises en Méditerranée. Gallican convaincu, soutenu par les encyclopédistes, Choiseul chercha à se concilier l'opposition parlementaire et janséniste, en faisant expulser les jésuites (1762), considérés comme des agents de l'étranger. Mais cette politique ne fit qu'accentuer l'opposition parlementaire. L'hostilité de Mme Du Barry, l'avantage que prit sur lui Maupeou amenèrent sa disgrâce (1770). Exilé dans son domaine de Chanteloup, il fut considéré par Paris comme la victime de l'arbitraire royal. Voir Gallicanisme, Jansénisme, Louis XV.

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