Databac

Berthold II ; duc de Zâhringen [1078-1111].

Berthold II ; duc de Zâhringen [1078-1111]. Le lignage des Zähringen, originaire de Souabe, est documenté à partir du XIe siècle et tire son nom d'un château proche de Fri-bourg-en-Brisgau. Après la mort de son père, B. prend le titre de marquis de Bade et hérite d'une série de comtés situés le long du Rhin supérieur et au pied de la Forêt-Noire ; il hérite également des prétentions de son père au duché de Souabe, qui datent de l'époque d'Henri III et n'ont du reste pas été couronnées de succès. Le titre de duc, qu'il porte en raison de ses relations avec la Carinthie, n'est donc pas, à l'origine, en rapport avec ses possessions rhénanes ; mais ce titre a été, après bien des luttes, reconnu par l'Empire et lui donne la possibilité de réaliser les prétentions qui s'y rattachent ; il peut donc, à partir de ses possessions et droits existants, édifier un pouvoir analogue à celui des anciens duchés. À l'époque, accroître son pouvoir n'est plus possible que dans des terres nouvelles : c'est le cas de la Forêt-Noire, région à peine mise en valeur, à l'habitat peu développé. B. met en oeuvre une politique systématique d'organisation politique et économique du territoire, qui passe d'abord par le développement méthodique des couvents et des avoueries. B. fonde des couvents qui adhèrent à la réforme religieuse et qui sont presque tous hostiles à l'Empereur, comme Reichenbach, St. Georgen, Alpirsbach, St. Peter (à la position stratégique et qui devient sépulture familiale) ; il acquiert et consolide de nombreuses avoueries monastiques ; il triomphe des comtes de Hohen-berg qui, depuis la forteresse de Wiesneck dans la vallée de la Dreisam, ont la haute main sur la seule voie transversale menant du Brisgau à la Souabe à travers la Forêt-Noire, et qui peuvent devenir des rivaux dangereux. B. pratique de manière intensive une politique de défrichement et d'urbanisation, en construisant la forteresse de Zâhringen et en aménageant la place forte de Fribourg. B. est aussi le gendre de Rodolphe de Rheinfelden, duc de Souabe (antiroi, 1077-1080), en compagnie duquel il a, comme son père, combattu Henri IV ; après la mort de Rodolphe (1080), comme il est son seul héritier, il prend sa succession dans les territoires aujourd'hui suisses et, par là, agrandit notablement sa zone d'influence vers le sud. C'est ainsi qu'à Ulm, en 1092, contre le Hohenstaufen Frédéric de Büren désigné par Henri IV, il est élu duc de Souabe par les partisans du pape en Allemagne, et ce grâce à l'influence décisive du duc Welf et de Gebhard, frère de B. et évêque de Constance, représentant du pape en Allemagne et l'adversaire le plus acharné de l'Empereur. Sa puissance, son crédit, sa manière d'assumer ses responsabilités de duc - par exemple son souci d'assurer la paix territoriale - permettent de conclure en 1097 la paix dans l'Empire ; cette paix donne une expression juridique à une situation de fait et peut perdurer, car B., contre la reconnaissance du Hohenstaufen comme duc de Souabe, préserve ses possessions de Souabe par un statut privilégié, maintient son rang et son titre de duc et peut espérer l'avouerie de Zurich. Depuis lors, l'entente règne entre le « duc » de Zähringen et l'empereur Henri IV. En 1105, il se rallie à Henri V, car c'est de lui seul qu'il peut à l'avenir attendre des avantages politiques, et il se réconcilie avec le pape et son frère. Il joue encore une fois un rôle d'intermédiaire entre Cologne, fidèle à l'Empereur, et le jeune Henri, mais consacre surtout ses dernières années à arrondir et à assurer ses possessions ducales. Ses fils, Berthold III, puis Conrad, lui succèdent.

Liens utiles