BERLUSCONI Silvio (1936-)
BERLUSCONI Silvio (1936-)
Entrepreneur et homme politique italien (président du Conseil de 1994 à 1995 et à partir de 2001).
Fils d’un modeste employé de banque de Milan, Silvio Berlusconi commence en 1962 sa carrière d'homme d'affaires ; sept années plus tard, il lance l’opération immobilière « Milano 2 » (grand lotissement construit dans la banlieue de Milan, unanimement reconnu comme une réussite urbanistique des années 1970). C’est le coup d’envoi de son ascension d’entrepreneur. Doté d’un flair hors du commun, S. Berlusconi se lance dans les médias. En 1976, un arrêt de la Cour constitutionnelle déclare contraire à la Constitution le monopole de la télévision publique sur les réseaux locaux, déclenchant une floraison de petites télévisions privées. En 1978, S. Berlusconi crée sa première chaîne, Tele Milano, qui deviendra deux ans plus tard Canale Cinque. En adoptant et adaptant le modèle télévisuel américain, il terrasse tous ses grands concurrents, obligés de lui vendre leurs chaînes.
En quelques années, S. Berlusconi contrôle les trois principales chaînes privées italiennes et noue une alliance, à la fois privée et politique, avec le « numéro un » du Parti socialiste italien (PSI), Bettino Craxi (1934-2000). En 1985, alors que S. Berlusconi est menacé d’interdiction d’émettre sur le réseau national, B. Craxi émet deux décrets légalisant cette pratique. S. Berlusconi peut alors redessiner le paysage audiovisuel, le polarisant entre la RAI (publique) et son propre réseau (Canale Cinque, Italia Uno et Rete Quattro). Cette position dominante lui permet d’obtenir une loi de réglementation de l’audiovisuel favorable. C’est sur cet acquis et sur le succès de l’équipe de football Milan AC qu’il construira sa carrière politique.
Fin 1993, après l’effondrement des partis politiques traditionnels provoqué par l’opération « Mains propres » (Mani pulite), S. Berlusconi s’effraie à l’idée que la gauche puisse arriver au pouvoir et remanier le monde de l’audiovisuel. Il fonde dès lors son propre parti, Forza Italia (« Allez l’Italie »), et se lance dans l’arène. Occupant l’espace laissé vacant par l’implosion de la Démocratie chrétienne, il réussit en quelques mois à mettre en place une alliance (réunissant son parti, le Mouvement social italien - MSI/Alliance nationale, héritier de l’ancien parti fasciste - et la Ligue Nord, régionaliste) capable de séduire la majorité de l'électorat. Les trois formations obtiennent la majorité absolue aux élections législatives de mai 1994 et S. Berlusconi devient président du Conseil. Mais il est immédiatement « rattrapé » par les affaires (financement de partis politiques et gestion de ses propres entreprises). Lâché au Parlement par la Ligue Nord, il est contraint d’abandonner le pouvoir sept mois seulement après son arrivée.
Il sort battu aux élections législatives anticipées de 1996 et fait toujours l’objet de nombreuses poursuites judiciaires, mais ne lâche pas prise et se maintient à la tête de Forza Italia. En 2001, après avoir conclu un accord bien plus solide avec l’Alliance nationale et la Ligue Nord, il retrouve le pouvoir. Bénéficiant d’un mandat de cinq ans, il dissimule difficilement son ambition de devenir président de la République.