Databac

Alexandrin

ALEXANDRIN nom masc. - Vers de douze syllabes.

ÉTYM. : le mot « alexandrin » vient d’un roman du XIIe siècle, Le Roman d Alexandre. Ce roman est l’un des premiers écrits en vers de douze syllabes, alors que le mètre en usage était le décasyllabe (dix syllabes). L’alexandrin a remplacé dans la culture française l’hexamètre des Latins et des Grecs. Son caractère solennel et majestueux a fait de ce type de vers l’instrument par excellence de la poésie « héroïque », d’abord de l’épopée, puis de la tragédie. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le milieu du vers était obligatoirement marqué par la césure qui séparait le premier hémistiche (six syllabes) du second (six syllabes). Boileau, dans son Art poétique, exige sa présence : « Que toujours dans vos vers le sens coupant les mots/Suspende l’hémistiche, en marque le repos. » On a parfois reproché à l’alexandrin une certaine monotonie due à sa forme régulière et symétrique ainsi qu’à l’alternance des rimes féminines et masculines. Voltaire, qui lui préféra parfois le décasyllabe, disait de lui : « Il est beau, mais parfois ennuyeux. » Ce point de vue relatif à la monotonie peut être discuté. Comme le montre bien Guiraud dans La Versification (Que Sais-je ?), la marge de liberté dans la disposition des accents permet de très nombreuses combinaisons. Par ailleurs, les règles de l’époque classique s’assouplirent avec les romantiques et leurs successeurs. L’alexandrin est devenu, à l’époque moderne, le symbole de la tradition voire de l’académisme. Il reste pourtant un élément fondamental de notre culture poétique et se trouve encore employé parfois avec bonheur comme en témoigne ce poème d’Apollinaire intitulé « Chantre » constitué d’un unique alexandrin - Et l'unique cordeau des trompettes marines — qui figure dans Alcools.

=> Césure - Hémistiche - Mètre - Prosodie - Vers

Alexandrin Vers de douze syllabes. Le mot « alexandrin » vient d’un roman en vers du xiie siècle intitulé Le Roman d'Alexandre. Jusqu’à cette époque, les romans étaient écrits en vers de dix syllabes. Le Roman d’Alexandre étant l’un des premiers romans écrits en vers de douze syllabes, les contemporains parlèrent de «vers alexandrins » puis d’« alexandrins ».

Employé pour la première fois dans le Roman d'Alexandre, paru vers 1150, ce vers français compte douze syllabes. Son rythme repose sur les règles de l'accentuation et de la césure — qui constitue une pause après la sixième syllabe et sépare le vers en deux demi-vers, ou hémistiches. Chaque hémistiche possède un accent fixe sur la dernière syllabe, et un accent secondaire mobile. On appelle tétramètre un alexandrin dont le rythme est 3 + 3 + 3 + 3 (ex. 1), trimètre, ou vers romantique, un vers dont le rythme est 4 + 4 + 4 et où la césure disparaît (ex. 2). Certains rythmes sont parfaitement remarquables : 1 + 5 + 4 + 2 (ex. 3). Parfois les accents secondaires, par leur multiplication, l'emportent en intensité sur la césure (ex. 4).

Exemples 1. Et de longs corbillards sans tambour ni musique (Charles Baudelaire, les Fleurs du mal, «Spleen».) 2. Et ces nuits-là, je suis dans l'ombre comme un mort. (Albert Samain, Au jardin de l'infante.) 3. Valse mélancolique et langoureux vertige (Charles Baudelaire, les Fleurs du mal, «Harmonie du soir».) 4. Hé ! mon Dieu ! nos Français, si souvent redressés, Ne prendront-ils jamais un air de gens sensés ? (Molière, les Fâcheux, acte II, sc. 1.)

Commentaire L'alexandrin est le vers de la grande poésie lyrique et de l'épopée. Il apporte ampleur et solennité à l'expression selon les coupes (pauses qui suivent les accents) choisies par le poète.

Liens utiles