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Albert l'Ours (v. 1100-1170) ; marquis de Brandebourg [1157-1170].

Albert l'Ours (v. 1100-1170) ; marquis de Brandebourg [1157-1170]. Fondateur de la marche de Brandebourg, A. est le fils du comte Otton de Ballenstedt, de la lignée ascanienne (du château d'Asca-wza/Aschersleben dans le Harz), et d'Eili-kas, fille du duc de Saxe Magnus. En plus des importantes possessions paternelles sur le versant oriental du Harz, il reçoit en héritage une grande partie des droits de la dynastie saxonne défunte des Billung (descendants d'Hermann). Il obtient même le titre de duc de Saxe mais doit rapidement l'abandonner (1138-1142). Cet insuccès renforce son expansion vers l'est. D'abord investi de la marche de Lusace/Lausitz (1123-1131), qu'il perd en se rebellant contre Lothaire III, il redevient son fidèle et gagne ainsi en 1134 l'investiture d'une « marche du Nord » (Nordmark) sur la rive gauche de l'Elbe (la rive droite restant à conquérir) qu'il conserve jusqu'à sa mort, alors que Conrad de Wettin joint la marche de Lusace à celle de Misnie. Dès 1136, A. prend Havelberg, en 1137 le Prignitz. Il sait nouer des relations amicales avec le prince slave chrétien (« roi ») du Havelland, Pribi-slav, établi dans le Brandebourg. Pribislav donne au fils aîné d'A., Otton, le Zauche en cadeau de baptême et désigne A. lui-même comme son successeur : à sa mort en 1150, A. fait valoir ses droits à la tête du Brandebourg mais, confronté à une violente opposition slave, ne peut vraiment entrer en possession du Brandebourg et du Havelland qu'en 1157 ; il prend alors le titre de « marquis de Brandebourg » que la chancellerie impériale ne reconnaît qu'à son fils Otton Ier [1170-1184]. Jetant les bases d'une implantation solide, il collabore activement avec l'archevêque de Brême Hartwig [1148-1168], favorise l'implantation de monastères cisterciens et de colons allemands, flamands et néerlandais dans des villages neufs, soutient l'activité économique et l'essor urbain en délivrant des privilèges commerciaux à Magdebourg et Stendal. Bibliographie : C. Higounet, Les Allemands en Europe centrale et orientale au Moyen Âge, 1989.

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