Databac

Zarathustra [Zoroastre] (viie-vie siècle av. J.-C.)

Zarathustra [Zoroastre] (viie-vie siècle av. J.-C.) ; prophète, fondateur du mazdéisme. Ni le lieu ni l'année de naissance de Z. (Zarathoustra selon l'orthographe fixée par Nietzsche ; en fait Zarathustra et en grec Zoroastre par allusion à sa réputation d'astrologue) ne sont connus : les estimations varient entre le viie et le VIe siècle avant J.-C. Selon une tradition récente, sa ville natale pourrait se situer près de Bactres, en Bactriane (Afghanistan), mais rien n'est moins sûr. Les données non légendaires proviennent des gâthâs, chants qu'il aurait composés. Il y apparaît comme un prêtre qui prie le Seigneur Sage, créateur et maître du monde, et que sa communauté a rejeté, pour avoir combattu le polythéisme indo-iranien - proche de l'hindouisme prébouddhique - ainsi que son culte qu'accompagnaient des sacrifices de boeufs et des boissons enivrantes. Z. fuit, trouve en Chorasmie un protecteur, un prince inconnu de l'Histoire, Vishtaspa, qu'il convertit (l'Antiquité l'avait confondu avec le père de Darius Ier). Il est possible qu'il ait été témoin de la conquête de la Chorasmie par Cyrus II vers 555. Ces gâthâs, dans lesquels étaient peut-être consignées d'authentiques prophéties, sont des chants transcrits en dialecte vieil iranien, conservés dans la première des quatre parties constituant le livre sacré des Perses, l'Avesta. Les fragments conservés de ces textes datent d'époques différentes et sont dus à un remaniement entrepris sous les Sassanides en persan moyen, afin de rendre accessible l'ancien texte avestique devenu incompréhensible et nécessitant un commentaire. Viennent s'y ajouter des éléments plus récents de la tradition et des développements légendaires autour de la personne de Z. La vision cosmogonique de Z. repose sur le combat spirituel que se livrent sur la terre matérielle deux principes opposés et où l'homme peut faire preuve de libre arbitre en choisissant sa conduite de vie. Primitivement simple cette conception a été largement étoffée au fil du temps, sans doute déjà sous les Achéménides. Des dieux de l'ancien panthéon y reprennent alors place, Ahura-Mazda, le Seigneur Sage, accompagné de ses six Esprits (Vérité, Pensée juste, Ordre excellent, Docilité, Vitalité, Immortalité), s'oppose à son antagoniste Ahriman et à ses accompagnateurs (Tromperie, Pensée fausse, Irascibilité, Rébellion, Décrépitude, Destruction). Le dualisme imprégnant sa vision du monde peut s'être imposé à Z. par sa vie au nord-est de la Perse, où les paysans et éleveurs sédentaires étaient exposés aux raids de cavaliers nomades venant des steppes du Touran. De son vivant, Z. a attendu la venue du Jugement universel, auquel devait succéder le royaume de paix d'Ahura-Mazda. Quoique marquées par la religion zoroastrienne, les inscriptions cunéiformes des Achéménides (Darius Ier) n'évoquent pas Z. nommément, alors qu'il est connu des Grecs, ainsi que sa religion, depuis le Ve siècle avant J.-C. La propagation de l'hellénisme en Iran a été préjudiciable à cette religion. Ce n'est qu'au IIIe siècle après J.-C. que la religion zoroastrienne sera élevée au rang de religion d'Etat, sous les Sassanides, et que le culte en sera fixé définitivement. Il survit aujourd'hui en Inde dans les communautés de Parsis (prescriptions strictes de purification, culte célébré devant des autels contenant un foyer et dans des temples, prêtres-magiciens). La tradition récente a éclairé d'un jour nouveau la signification de Z. comme l'un des fondateurs de religion les plus créatifs de tous les temps. Nietzsche s'en inspira dans son poème philosophique en quatre parties Ainsi parlait Zarathoustra, un livre pour tous et pour personne (1883-1885).

Bibliographie : J. Duchesne-Guillemin, Zoroastre, 1948, réimpr. 1975 ; J. Varenne, Zarathustra, 1966.

ZOROASTRE (v. 660-583 av. J.-C.). Prophète et réformateur religieux de la Perse qui vécut probablement à l'époque des Achéménides (vie-ive siècle av. J-.C.). Son enseignement reposait sur l'opposition entre le dieu du Bien, Ahura-Mazda et le dieu du Mal, Ahriman (ou Ahra Mainyu). L'homme, par la pureté de sa vie, de ses pensées, de ses paroles et de ses actes, devait se détourner des puissances du Mal et mériter ainsi le bonheur après la mort. Cette religion dualiste, appelée aussi mazdéisme, fut la religion officielle de l'Empire perse des Arsacides et des Sassanides avant qu'il fût islamisé par la conquête arabe. Aujourd'hui, les Parsis en Inde - chassés par les musulmans au VIIIe siècle -, et les Guèbres - restés en Iran malgré les persécutions arabes - sont zoroastriens. Leur livre sacré est l'Avesta. Ils rejettent la réincarnation et l'incinération des cadavres - péché majeur comme violation de la pureté des éléments - qu'ils exposent sur les tours du Silence pour être dévorés par les vautours. Le personnage de Zoroastre influença au XIXe siècle le philosophe allemand Nietzsche dans son livre, Ainsi parlait Zarathoustra. Voir Mazdéisme, Mithra, Perses.

Liens utiles