Databac

THERMIDOR an II (journées des 9 et 10, 27 et 28 juillet 1794)

Journées historiques de la Révolution française qui virent la chute de Robespierre et la fin de la Terreur (v.). Les chefs de la conjuration (Fouché, Tallien, Barras, Fréron), qui avaient été les hommes de la Terreur, ne songeaient nullement à changer de régime et à arrêter la Révolution ; ils ne renversèrent Robespierre que pour se sauver eux-mêmes. Faute de mesurer le péril, Robespierre leur facilita la tâche en cessant, à la fin juin, de paraître à la Convention et même au Comité de salut public. Le 8 thermidor (26 juill.), son long et vague réquisitoire à la Convention contre les « traîtres » et les « factions », n'eut d'autre effet que d'élargir encore le vide qui s'était fait autour de lui : faute de désigner nommément ses adversaires, il laissait planer la menace sur tous les députés, et l'Assemblée, après quelque hésitation, refusa de voter l'impression de son discours. Le lendemain, 9 thermidor, lors d'une séance de la Convention qui dura près de cinq heures, Robespierre et ses amis ne purent se faire entendre et furent décrétés d'arrestation. À cette nouvelle, la Commune de Paris s'insurgea et réussit à délivrer Robespierre et ses partisans, qui trouvèrent refuge à l'Hôtel de Ville. Mais l'indécision de Robespierre, l'incapacité d'Hanriot et la mobilisation de plusieurs sections parisiennes en faveur de la Convention perdirent les chefs de la Terreur. Dans la nuit du 9 au 10 thermidor, vers deux heures, les gendarmes arrêtèrent Robespierre, qui, en tentant de se suicider, se fracassa la mâchoire d'un coup de pistolet. Le soir même, après avoir comparu devant le Tribunal révolutionnaire, Robespierre et 21 de ses compagnons (dont son frère, Robespierre le jeune, Saint-Just, Couthon, Hanriot) furent guillotinés sur la place de la Révolution. Les 11 et 12 thermidor, 82 robespierristes furent encore exécutés. On donna le nom de thermidoriens aux chefs politiques de la réaction qui suivit.

THERMIDOR AN II (Journées des 9 et 10 = 27-28 juillet 1794). Journées révolutionnaires, capitales dans l'histoire de la Révolution française. Elles amenèrent la chute de Robespierre et de ses partisans, la fin de la Terreur et le début d'une période de réaction dite « thermidorienne ». Le 9 Thermidor fut le résultat d'une conjuration de tous les ennemis de Robespierre : opposition de la classe politique et d'une majorité de l'opinion publique saisies par la « nausée de l'échafaud », terreur qui ne se justifiait plus, les ennemis de l'intérieur et de l'extérieur ayant été tous repoussés, conjuration des acteurs de la Terreur qui craignaient pour leur tête, conjuration enfin de la peur et des inimitiés personnelles. Dès le mois de juin 1794, alors que la situation militaire s'améliorait (victoire de Fleuras, juin 1794), la crise politique s'aggrava, Robespierre focalisant sur lui de multiples oppositions. Le Comité de sûreté générale l'accusait de vouloir lui enlever la direction de la police politique. Le Comité de Salut public était aussi divisé : de violentes altercations opposèrent Billaud-Varenne, Collot d'Herbois et Carnot. Cet organisme se heurta aussi à l'opposition d'une grande partie de la Convention, hostile à la poursuite de la Terreur, certains de ses députés, comme les représentants en mission Barras, Tallien, Fouché, Carrier et Fréron, rappelés à Paris par Robespierre, vivant dans la hantise d'être déférés devant le Tribunal révolutionnaire. Les sections de sans-culottes, désorganisées après la chute des hébertistes, reprochaient enfin à Robespierre de mettre en sommeil les lois sur l'accaparement et le maximum de denrées, alors que le maximum des salaires était maintenu. Irrité et aigri, Robespierre, qui n'était paru ni à la Convention, ni au Comité de Salut public durant près d'un mois (25 juin-25 juillet 1794), prit l'offensive le 26 juillet (8 Thermidor) à l'Assemblée, rejetant les excès de la Terreur sur ses adversaires mais sans les nommer, ce qui devait contribuer à sa perte. La lutte suprême se livra à la Convention le 27 juillet (9 Thermidor). Les députés aspirant au retour des libertés mais craignant aussi pour leur propre vie et les membres du Comité de sûreté générale, organisateurs de la Terreur (Barras, Tallien, Billaud-Varenne, Fouché) s'allièrent aux députés de la Plaine (conventionnels modérés) et empêchèrent Saint-Just et Robespierre de prendre la parole. La Convention vota l'arrestation de Robespierre, et de ses amis, Lebas, Couthon et Saint-Just. La Commune de Paris fit alors sonner le tocsin, se déclara insurrectionnelle, délivra et conduisit les prisonniers à l'Hôtel de Ville. Les sans-culottes qui avaient répondu sans entrain à l'appel de la Commune se dispersèrent après que la Convention eut déclaré les rebelles hors la loi. Barras s'empara de l'Hôtel de Ville. Le lendemain, 10 Thermidor, Robespierre, et 21 de ses compagnons, dont Couthon et Saint-Just, furent guillotinés sans jugement. Durant les deux jours qui suivirent, 82 robespierristes furent exécutés.

Liens utiles