SUKARNO (1901-1970)
Homme politique indonésien.
Javanais par son père instituteur, balinais par sa mère, Sukarno naît à Surabaya (Java-Est). Alors qu’il étudie encore au lycée hollandais, il côtoie déjà les chefs du mouvement nationaliste. Diplômé ingénieur du Collège technique de Bandung, il se lance dans la lutte politique en fondant en 1927 le Parti national d’Indonésie (PNI) et tente en vain d’unifier le mouvement nationaliste très divisé (musulmans, communistes et nationalistes). Excellent orateur, partisan de l’action de masse et de la non-coopération, sa campagne pour l’indépendance lui vaut la prison en 1930, puis l’exil à Flores et à Sumatra.
En 1942, il accepte, au nom de l’espoir d’une future indépendance, de collaborer avec les Japonais qui occupent l’archipel. En 1945, il définit les Pantjasila ou Cinq Principes (nationalisme, internationalisme, démocratie, justice sociale et croyance en Dieu), qui fondent la philosophie politique de l’Indonésie, coupant court à la revendication d’un État islamique, avant de proclamer l’indépendance le 17 août. Devenu président de la nouvelle République, il laisse prévaloir un régime parlementaire à l’occidentale, très instable, pendant les quatre années de lutte contre le retour des Hollandais, puis jusqu’en 1959. En 1952, il fait échec à un coup militaire contre le Parlement, mais reste, lui-même, peu favorable au régime des partis. La Conférence afro-asiatique de Bandung de 1955 en fait une grande voix du tiers monde. En 1959, alors que le pays a basculé dans la guerre civile à la suite de la rébellion de commandants militaires régionaux soutenus secrètement par les États-Unis, il restaure par décret, avec l’appui de l’armée, le régime présidentiel de la Constitution de 1945 : la « démocratie dirigée » est plus conforme selon lui aux mentalités indonésiennes.
Il redevient alors le « porte-parole de la nation », proclame le « retour à la Révolution », le socialisme à l’indonésienne, et entend faire de l’Indonésie le phare de la lutte anti-impérialiste (campagne contre les Pays-Bas pour récupérer l’Irian occidental, puis contre le projet de Grande Malaisie soutenu par le Royaume-Uni et les États-Unis). Pour contrer l’armée conservatrice dont l’ambition politique s’affirme, Sukarno s’appuie sur le Parti communiste indonésien (PKI) qui paraît alors en pleine ascension. Les luttes sociales et politiques s’exacerbent à propos de la réforme agraire, la situation économique se dégrade encore : Sukarno envoie au diable l’aide américaine, se rapproche de la Chine populaire et fait « sortir » l’Indonésie de l’ONU (1965), tout en projetant la création d’une ONU révolutionnaire.
Mais sa santé chancelle et la crise annoncée entre l’armée et le PKI éclate le 30 septembre 1965 : six généraux sont tués, la tentative de coup d’État est attribuée au PKI par l’armée du général Suharto, qui prend peu à peu le pouvoir en déconsidérant Sukarno, accusé d’avoir fait le jeu des communistes. Ceux-ci et leurs sympathisants supposés sont massacrés par centaines de milliers. Assigné à résidence, malade, le père de l’indépendance meurt en 1970. Une dizaine d’années plus tard, il devient le populaire symbole de l’opposition à Suharto.
Sukarno, Achmed (Surabaya, Java, 1901 -Djakarta 1970) ; président de la République d’Indonésie [1941-1968].
Né d’un père instituteur musulman, descendant de sultan, et d’une mère danseuse de temple, d’une famille brahmanique, S. profite de cette richesse de traditions en développant des talents de tribun, d’architecte et même d’auteur de théâtre. Mais son enfance est marquée par la misère, la maladie (typhus) et le « racisme hollandais ». Devenu l’un des trois indigènes ingénieurs en 1926, il refuse de se mettre au service des colonisateurs et fonde le parti national indonésien. Auteur de L’Indonésie accuse (1930), S. est emprisonné puis exilé à Sumatra (1933). En 1942, les Japonais le retrouvent et lui offrent un poste de président d’une Indonésie soumise. En 1945, il proclame la République d’Indonésie. Mais les Hollandais et les Britanniques s’y opposent militairement. Tentatives d’assassinat à son encontre, guérilla, recherche de soutien à l’étranger (Etats-Unis, ONU) aboutissent à l’indépendance en 1950. D’abord adepte d’une démocratie de type occidental, S. cherche une formule plus adaptée à l’Indonésie, qui l’isole sur le plan international et le conduit à établir un régime autoritaire. En 1965, une tentative de coup d’Etat communiste donne l’occasion aux militaires de l’écarter discrètement du pouvoir et Suharto lui succède en 1968. Mais sa popularité de « père » de l’indépendance et de grande figure du tiers-monde demeure vive.
Bibliographie : A. Sukarno, Discours, publiés par l’ambassade d’Indonésie.
SUKARNO ou SOEKARNO (Surabaya, Java, 1901-Jakarta, 1970). Homme politique indonésien. Il fut, après l'indépendance, le premier président de la République indonésienne (1945-1966). Fils d'instituteurs, il fit des études d'ingénieur à Bandung où il milita dans le mouvement nationaliste contre les Hollandais. En 1927, il fonda le Parti national indonésien et fut, à plusieurs reprises, emprisonné puis exilé à Sumatra pendant neuf ans. Libéré par les Japonais qui occupaient l'Indonésie lors la Seconde Guerre mondiale, Sukarno proclama en 1945 l'indépendance de son pays, reconnue en 1949 par les Pays-Bas. Devenu président de la République, Sukarno institua à partir de 1959 un régime de « démocratie dirigée », donnant au président des pouvoirs quasi illimités. À l'extérieur, il participa à la conférence de Bandung (1955) et tenta de s'imposer comme le chef de file de l'Asie du Sud-Est révolutionnaire. Après un putsch manqué des communistes, il fut renversé par l'armée du général Suharto en 1966 et placé, jusqu'à sa mort, en résidence surveillée.
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