STAMBOLIISKI Alexandre Stoimenov (1879-1923)
Homme politique bulgare, Premier ministre de 1919 à 1923. Un des principaux leaders du mouvement agrarien en Bulgarie, Alexandre Stamboliiski naît dans une famille paysanne à Slavovitsa (région de Pazardjik). À vingt ans, il participe au congrès fondateur de ce qui deviendra, en 1901, l’Union agrarienne nationale bulgare (BZNC). Contraint en 1902 par la tuberculose de rentrer en Bulgarie après des études d’agronomie à Halle, il met ses qualités de tribun et d’organisateur au service du BZNC, dont il dirige le quotidien Zemedelsko Zname (drapeau paysan) après 1906, et élabore la philosophie politique : une philosophie égalitariste, teintée d’anti-urbanisme, qui se démarque du marxisme par son refus de la lutte des classes, l’importance qu’elle accorde à l’autonomie du monde paysan et le rôle donné à l’État dans la gestion des effets de l’industrialisation. Hostile à la participation de la Bulgarie à la Première Guerre mondiale, A. Stamboliiski, député de la XVIIe Assemblée nationale, passe la guerre en prison (1915-1918). Libéré au moment de la retraite, il prend brièvement la tête des troupes mutinées de Radomir qu’il était censé rappeler à l’ordre (27 septembre 1918), ce qui lui vaut une nouvelle disgrâce. Amnistié en décembre 1918, A. Stamboliiski est élu président du BZNC en 1919 (un poste qu’il occupera jusqu’à sa mort). Il devient Premier ministre peu après (6 octobre 1919) et fait partie cette même année de la délégation signataire du traité de Neuilly. Ses quatre années au gouvernement représentent une tentative de rupture sans équivalent dans l’histoire de la Bulgarie moderne. Rupture diplomatique d’abord : le leader agrarien renonce à l’irrédentisme et tente une réconciliation avec la Yougoslavie voisine qui se solde, en 1923, par la signature d’un accord bilatéral par lequel Sofia s’engage à limiter les opérations terroristes de l’ORIM (Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne). Rupture politique, ensuite, avec une redistribution des terres (de portée finalement limitée), un encouragement au développement des coopératives agricoles, une lutte contre les monopoles, une redéfinition des relations État/Église et la création de « brigades nationales de la jeunesse » (trudovatsi). Ces mesures, appliquées avec l’aide de la Garde orange, bras armé paramilitaire du BZNC, sur fond de corruption rampante et d’autoritarisme croissant après les élections de mai 1920, valent à A. Stamboliiski l’inimitié de l’armée, de l’ORIM, des partis conservateurs, de l’Église et du trône. Renversé par un coup d’État sanglant, le 9 juin 1923, le leader agrarien est sauvagement assassiné près de son village natal, le 14 juin.
Liens utiles
- RIBOT, Alexandre (1842-1923)Homme politique, il siège à la Chambre des députés comme républicain modéré.
- C,. E. 26 janv. 1923, de ROBERT LAFRÉGEYRE, Rec. 67
- l'europe et le moyen orient en 1923
- Alain, Propos sur le bonheur, XCII (16 mars 1923), Paris, Gallimard « Folio-essais », 1928, p. 209
- Alexandre Blok