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SPINOLA Ambrogio, marquis de

Général génois. D'une vieille famille qui avait joué un rôle dans les luttes civiles de Gênes aux XIVe et XVe s., il entra comme son frère au service de l'Espagne, pour laquelle il leva en Italie une armée de 9 000 hommes qu'il entretint à ses propres frais. En mai 1602, il se dirigea vers les Pays-Bas et se fit connaître comme un des plus grands capitaines de son temps en enlevant la place d'Ostende (22 sept. 1604), que l'archiduc Albert assiégeait en vain depuis plus de deux ans. Mais il ne réussit pas à remporter d'autres succès décisifs contre Maurice de Nassau, et les Espagnols se résignèrent à signer la trêve de Douze Ans (1609). À la reprise de la guerre, il fut nommé commandant général des troupes espagnoles aux Pays-Bas (1621), s'empara de Breda (mai 1625), puis fut envoyé au secours du duc de Savoie contre les Français et prit Casale Monferrato (1630). Il avait dépensé toute sa fortune pour entretenir ses troupes et ne put jamais obtenir de Madrid les subsides qu'il réclamait pour poursuivre les opérations.

Spinola, Antonio de (né à Estremoz en 1910) ; général et dirigeant du Portugal [avril-septembre 1974].

Général en 1966, adjoint au chef d’état-major des armées, commandant en chef en Guinée-Bissao de 1968 à 1973, il ne ménage pas ses critiques à l’égard de la politique coloniale de Salazar puis de Caetano qui ont conduit le Portugal à une guerre très dure en Afrique australe (Angola et Mozambique) et en Guinée. La publication d’un ouvrage polémique, Le Portugal et son avenir, amène sa destitution en mars 1974. Chef de file de la contestation dans l’armée, mais plus conservateur que les jeunes capitaines dont le mouvement est né l’année précédente, il participe avec eux au Mouvement des forces armées qui renverse le régime le 25 avril 1974. Président de la junte qui gouverne le pays, il libéralise la vie politique et accorde l’indépendance aux colonies portugaises, mais il est vite dépassé par les évolutions politiques. Confronté à la montée de l’extrême gauche au gouvernement et au MFA, il entre en conflit avec le Premier ministre communiste V. Gonçalvès en juillet 1974 et démissionne le 30 septembre, remplacé par Costa Gomes. Écarté des affaires, il aurait inspiré la tentative de coup de force de mars 1975. Il s’exile en Espagne puis au Brésil avant de rentrer au Portugal où il n’exerce plus de responsabilités politiques.

SPINOLA, Antonio Sebastiâo Ribeiro de (Estremoz, 1910-). Général et homme politique portugais. Gouverneur de la Guinée-Bissau en 1968, il prit la tête du coup d'État militaire du 25 avril 1974 (« révolution des oeillets ») et prit le titre de président de la République (mai 1974). Il abolit dans ses fondements le régime autoritaire de Caetano. Débordé par les forces de gauche, il démissionna le 30 septembre 1974, et tenta un putsch contre son successeur, le général Costa Gomes, mais échoua. Exilé au Brésil, il revint au Portugal en 1976 et fut promu maréchal en 1981. Voir Eanes (Ramalho), Salazar (Antonio de Olivera).

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